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« Qui dites‐vous que je suis ? »


Gilles Carbonnel


16 août 2017

Marc 8 :22‐33
Jésus part avec ses disciples vers les villages voisins de Césarée de Philippe. Sur le chemin, il demande
à ses disciples :
- Pour les gens, qui suis‐je ?
Les disciples lui répondent :
-  Les uns disent que tu es Jean‐Baptiste. D'autres disent que tu es Élie. D'autres encore disent que tu es l'un des prophètes.
Jésus leur demande :
- Mais vous, qu'est‐ce que vous dites ? Qui suis‐je ? »
Simon‐Pierre lui répond :
- Tu es le Messie.
Alors Jésus leur commande sévèrement :
-  Ne dites rien à personne !

« Qui dites‐vous que je suis ? »
Jésus pose cette question alors que le texte qui précède raconte une guérison. Et pas n’importe quelle guérison, c’est la guérison d’un aveugle. Il veut donc faire réfléchir les disciples sur la question du point de vue, sur la façon dont on voit ou ne voit pas, dont on comprend ou ne comprend pas ce qui se passe. En quelque sorte, les disciples viennent de voir ce que ça fait de passer de l’aveuglement à la vue et, du coup, la question suivante c’est « Au fait, comment me voyez‐vous ? »

Ces questions, Jésus ne les pose évidemment pas « pour savoir », ou parce qu’il est inquiet quant à sa popularité. Au contraire, il la connait, sa popularité, il s'en agace : « Et vous, qui dites‐vous que je suis ? » demande t‐il à Simon, à Pierre.
Et comme Simon répond : « Tu es le Christ de Dieu », Jésus, avec sévérité, ordonne de ne le dire à personne.

C’est que, pour moi, Jésus veut attirer l’attention des disciples sur l’aspect relatif et variable de la foi, de la vérité. Ce n’est pas problématique que Pierre dise qu’il croit que Jésus est le Messie, mais c’est problématique qu’il aille le dire à tout le monde, parce qu’alors un mouvement collectif va se mettre en place et va poser des problèmes. Et surtout, les gens ne pourront alors plus répondre eux‐mêmes à la question « Pour vous qui suis‐je ? » car il seront tentés de ne faire que répéter la réponse d’un de leurs illustres prédécesseurs, Pierre.

D’après Matthieu, Jésus félicite Simon, en lui disant « tu es heureux, Simon, c’est mon père qui t’a fait connaitre
ceci, tu es Pierre et sur cette Pierre, ... » etc. vous connaissez la formule, qui a eu un succès planétaire !

Pour Marc, rien de tout cela, Jésus veut au contraire nous éveiller au caractère relatif de ce que l’on croit. Car enfin, si on est contraints de dire que Jésus est le Messie, et si c’est la seule réponse tolérée, alors il devient un peu léger, un peu difficile, un peu   hérétique », de dire de lui « autre chose » ; par exemple, pourquoi ne pas dire qu’il est un médecin (ce qui est pourtant vrai), qu’il est un fin politicien (ce qui est aussi vrai en un sens), qu’il est un fin psychologue (ce qui est encore vrai). Si Pierre répète sa réponse à tout le monde parce qu’elle est bonne, elle va devenir obligatoire, ce sera une déclaration de foi.

Or le projet de Jésus, c’est justement de demander à chacun ce qu’il pense, lui, en toute liberté. Ce qui importe donc, ce n’est pas de connaître une déclaration de foi par cœur, de savoir les réponses qu’attendent les religieux, ou d’être de bonnes machines à répéter ce qu’on nous a dit. Ce qui importe, c’est d’entrer en relation avec son Dieu, à soi, un Dieu qui est vivant, c’est à cela que nous aide ce Christ ressuscité, vivant pour toujours.

La tentation est grande – et c’est une vilaine habitude de notre époque – pour nous de vouloir à tout prix répondre par la réponse de quelqu’un d’autre. Nous voulons bien faire. Nous sommes comme Pierre qui finalement est vexé que sa
réponse ait mené le maître vers une consigne de discrétion, de silence, « ne le dites à personne ! ». Il prend cette consigne comme un désaveu, comme une mauvaise note, et qui serait parfaitement injustifiée, dans le sens où c’est parfaitement vrai que Jésus est le Messie, comme l’a dit Pierre.

Finalement, Jésus lui a dit : « Oui, c’est ta réponse, mais garde‐la pour toi », peut‐être même « ce n’est que ta réponse ! ». Pierre est zélé et il veut bien faire, nous sommes zélés, nous voulons bien faire, mais Jésus ne veut pas de ce zèle.

 


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