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Postvérités, fake news


Gilles Castelnau

 

Gilles Castelnau Fake news

 

29 juillet 2017

On parle beaucoup de ces affirmations mensongères qui sont des visions de la réalité fantasmées et que de nombreux citoyens américains et anglais aiment à tenir pour vraies car elles les rassurent dans leurs angoisses et les encouragent à bon compte.

Dans l’hebdomadaire protestant Réforme, Noémie Taylor-Rosner, correspondante de Los Angeles en parle fort clairement dans ce passage d’un article du 27 juillet 2017 :

 

Au siècle de la postvérité

[...]
Lors de l'affaire Iran/Contra en 1987, Ronald Reagan n'avait pas hésité à mentir aux Américains en affirmant qu'il n'était pas au courant de la vente illégale d'armes à l'Iran, opérée par Washington pour financer secrètement les Contras, un mouvement contre-révolutionnaire nicaraguayen.

« Reagan avait compris que le public ne voulait pas savoir la vérité. C'est pour cela qu'il nous a menti. mais il n’a pas beaucoup eu à se forcer », analyse Steve Tesich. Malgré le scandale, Reagan parvint en effet à récupérer sa crédibilité auprès des Américains et à remonter dans les sondages. Si une partie de l'opinion publique américaine a été prête à accepter ce mensonge, c'est peut-être parce que le séisme politique du Watergate, 13 ans plus tôt, a laissé des traces.

Après la révélation de ce scandale par le Washington Post, qui aboutit à la démission du président Nixon en 1974, « nous nous sommes mis à considérer que la vérité était porteuse de mauvaises nouvelles. Et nous n'en voulions plus, conclut Steve Tesich. Qu'importe la véracité des faits. Nous voulions avant tout que le gouvernement nous protège de la vérité ».

C'est cette même dynamique qui est à l'œuvre aujourd'hui et qui explique en partie le succès de Donald Trump. Surfant sur les peurs des ouvriers américains, frappés par les délocalisations, celui-ci est parvenu à les rassurer en se faisant le chantre du « Made in America », alors même que sa propre ligne de vêtements est fabriquée en Chine.

Pour le travailleur américain désespéré, les contradictions du président importent peu, tant qu'on parle à son cœur et qu'on lui promet de le protéger. « Si certains Américains sont aujourd'hui aussi réceptifs à ce discours de postvérité, anti-establishment, incarné par Trump, c'est en partie parce qu'il existe au sein de ce pays une frustration, une détresse et une polarisation, d'ampleur inédite », souligne Jennifer Mercieca, historienne à l'université A&M du Texas.
[...]

Ce qui me frappe est que je viens de terminer la lecture des fascinants Carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier, 1914-1918  (Édition La Découverte/Poche, 574 pages, 15 €). Ce caporal a écrit en 19 carnets tout le récit de la guerre. Et voici ce qu’il dit au moment de sa démobilisation :

[...]
Un adjudant rond-de-cuir me tendit ma feuille de libération en me disant cette phrase attendue avec plus d'impatience que le Messie : « Allez, vous êtes libre. »

J'étais libre après cinquante-quatre mois d'esclavage ! J'échappais enfin des griffes du militarisme à qui je vouais une haine farouche.

Cette haine je chercherai à l'inculquer à mes enfants, à mes amis, à mes proches. Je leur dirai que la Patrie, la Gloire, l'honneur militaire, les lauriers ne sont que de vains mots destinés à masquer ce que la guerre a d'effroyablement horrible, laid et cruel.

Pour maintenir le moral au cours de cette guerre, pour la justifier, on a menti cyniquement en disant qu'on luttait uniquement pour le triomphe du Droit et de la Justice, qu'on n'était guidés par aucune ambition, aucune convoitise coloniale ou intérêts financiers et commerciaux.

On a menti en nous disant qu'il fallait aller jusqu'au bout pour que ce soit la dernière des guerres.

On a menti en disant que nous, les poilus, nous voulions la continuation de la guerre pour venger les morts, pour que nos sacrifices ne soient pas inutiles.

On a menti... mais je renonce à écrire tous les mensonges sortis de la bouche ou sous la plume de nos gouvernants ou journalistes.

La victoire a fait tout oublier, tout absoudre ; il la fallait coûte que coûte à nos maîtres pour les sauver, et pour l'avoir ils auraient sacrifié toute la race, comme disait le général de Castelnau.

Et dans les villages on parle déjà d'élever des monuments de gloire, d'apothéose aux victimes de la grande tuerie, à ceux, disent les patriotards, qui « ont fait volontairement le sacrifice de leur vie », comme si les malheureux avaient pu choisir, faire différemment.

Je ne donnerai mon obole que si ces monuments symbolisaient une véhémente protestation contre la guerre, l'esprit de la guerre et non pour exalter, glorifier une telle mort afin d'inciter les générations futures à suivre l'exemple de ces martyrs malgré eux.

Ah ! si les morts de cette guerre pouvaient sortir de leur tombe. comme ils briseraient ces monuments d'hypocrite pitié, car ceux qui les y élèvent les ont sacrifiés sans pitié. Car qui a osé crier : « Assez de sang versé ! assez de morts ! assez de souffrances ! » ?

Qui a osé refuser son or, son argent, ses papiers, publiquement, aux emprunts de guerre, pour faire durer la guerre ?
[...]

 

 


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