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Peut-on réformer une Église ?

 

 

pasteur Alain Arnoux

 

Article paru dans « Ensemble témoignons »
bulletin de l’Église protestante unie de Bourdeaux, Dieulefit, La Valdaine
été 2017

 

2 juillet 2017

Peut-on appeler Luther un réformateur, et Réforme (ou Réformation) le courant du christianisme qui est sorti de sa protestation ? C'est l'habitude, et depuis longtemps, mais j'ai quelques doutes à ce sujet.

 

Luther n'avait pas l'ambition de réformer l'Église

Luther a élevé la voix parce qu'une pratique de l'Église, la vente d'indulgences pour financer la construction de St Pierre de Rome, était à ses yeux une négation de l'Évangile. Il n'avait pas l'ambition de réformer l'Église; il savait qu'il n'avait ni titre ni pouvoir ni réseau pour cela. Il était certes un moine (zélé) bien placé dans la hiérarchie de son ordre, un prêtre et un docteur en théologie, mais dans une université obscure d'une « ville » de 5000 habitants aux confins de l’Empire germanique, loin de tout. Rien de plus que ses lointains prédécesseurs Wycliff en Angleterre et Hus en Bohème, l'un et l'autre réduits au silence et condamnés par l'Église. Et il savait que les tentatives de réforme de l'Église par les papes, les conciles, les évêques et les souverains avaient toutes échoué, car la complexité des institutions, des jeux de pouvoirs et de contrepouvoirs, et les intérêts financiers, ne permettaient pas de changer autre chose que des détails. De pius, Luther était tout sauf un organisateur. En fait, le message de Luther allait beaucoup plus loin que les tentatives de réforme de l'Église au Moyen Âge : il demandait une réorientation spirituelle, un retour à l'Évangile, et non simplement une cessation des abus, une purification des mœurs du clergé et une refonte des institutions.

Le « coup de génie » de Luther

Après qu'on eut essayé de le réduire au silence sans lui répondre sur le fond, puis qu'on l'eût excommunié, Luther a pensé que l'Église papale était irréformable, parce que son fonctionnement et ses intérêts l'empêchaient d'accepter l'Évangile. Sa « chance » (mise à part celle d'échapper au bûcher) a été de vivre à une époque où son message répondait à une très grande attente et où, grâce à l'imprimerie, une opinion publique (déjà préparée par d'autres comme Érasme) pouvait se former et s'exprimer. Son « coup de génie » a été de contourner les institutions de l'Église et de demander aux autorités civi les, aux laïcs, de prendre en mains l'organisation de l'Église. On ne peut donc pas parler de « réformation » pour parler du protestantisme: là où celui-ci est devenu dominant, comme en Allemagne, c'est une nouvelle Église qui a pris la place de l'ancienne; là où il est resté minoritaire, comme en France, ceux qui l'ont adopté sont sortis de l'Église et ont constitué des Églises dissidentes; et dans les deux cas, il s'est agi d'Églises très différentes de « l'ancienne Église ». Par contre, « l'ancienne Église» a opéré une vraie réforme en profondeur, avec le Concile de Trente (commencé juste au moment où mourait Luther, achevé juste au moment où mourait Calvin), mais dans un sens opposé à ce que demandaient Luther et les autres. Elle en a entrepris une autre avec le Concile de Vatican II, il y a une cinquantaine d'années. Les difficultés pour faire accepter ces deux Conciles, pourtant très différents, dans l'Église catholique, posent la question : est-il possible de réformer une Église, quelle qu'elle soit?

On ne peut pas couler du vin nouveau dans de vieilles outres !

Une Église, c'est une foule de personnes dévouées, généreuses, humbles et admirables, mais qui ont leurs habitudes et qui y tiennent. Une Église, ce sont aussi des traditions, empilées au cours des âges, qu'on ne comprend plus toujours mais auxquelles on tient. Une Église, c'est un corps de doctrines, qu'il est très difficile de remettre en question même si elles ne parlent plus la même langue que Monsieur Toutlemonde. Une Église ce sont des institutions, inévitables mais peaufinées, complexifiées, alourdies, avec des problèmes financiers et - disons-le - des questions de pouvoirs. C'est vrai dans toutes les Églises. Le Saint-Esprit s'en sert quand même. Mais face à tout cela, je suis questionné par la parole de Jésus, quand il commence à se heurter aux tenants de la tradition : « Personne ne coud une pièce d'étoffe neuve sur un vieux vêtement, sinon la nouvelle pièce arrache une partie du vêtement et la déchirure s'agrandit encore. Et personne ne verse du vin nouveau dans de vieilles outres, sinon le vin fait éclater les outres : le vin est perdu et les outres aussi. Mais non ! Pour le vin nouveau, il faut des autres neuves ! » (Marc 2.21-22) Et je me demande, moi qui suis un homme de l'institution un peu « tradi » : sommes-nous personnellement disposés à nous laisser surprendre et renouveler par un Évangile qui n'est jamais tout à fait ce que nous croyons savoir. Ou préférons nous nos habitudes, « mécréants » comme « bons croyants» ? •

 

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