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Bons et mauvais bergers

 

Ezéchiel 34

prédication

pasteur René Lamey 

 

2 mai 2017

Ezéchiel 34.1-16
L’Eternel m’adressa la parole en ces termes :
-  Fils d’homme, prophétise au sujet des bergers d’Israël, prophétise et dis à ces bergers :
« Voici ce que déclare le Seigneur, l’Eternel : Malheur aux bergers d’Israël qui ne s’occupent que d’eux-mêmes. N’est-ce pas le troupeau que les bergers doivent faire paître ?
Vous vous êtes nourris de sa graisse et habillés de sa laine, vous avez abattu les bêtes grasses, mais vous ne faites pas paître le troupeau.
Vous n’avez pas aidé les brebis chétives à retrouver des forces.
Vous n’avez pas soigné celle qui était malade, vous n’avez pas bandé celle qui avait une patte cassée, vous n’avez pas ramené celle qui s’était écartée, vous n’avez pas cherché celle qui était perdue ; non, vous leur avez imposé votre autorité par la violence et la tyrannie.
Mes brebis se sont dispersées, faute de berger, et elles sont devenues la proie de toutes les bêtes sauvages. Mes brebis se sont égarées sur toutes les montagnes et sur toutes les collines élevées. Elles ont été dispersées sur toute l’étendue du pays, sans que personne en prenne soin ou aille à leur recherche.

C’est pourquoi, bergers, écoutez la parole de l’Eternel :
Aussi vrai que je suis vivant, le Seigneur, l’Eternel, le déclare, parce que mes brebis ont été abandonnées au pillage, qu’elles sont devenues la proie de toutes les bêtes sauvages, faute de berger, et que ceux-ci n’ont pas pris soin d’elles, mais qu’ils se sont occupés d’eux-mêmes au lieu de faire paître le troupeau, à cause de cela, bergers, écoutez la parole de l’Eternel :
Voici ce que le Seigneur, l’Eternel, déclare :
-  Je vais m’en prendre à ces bergers, je leur redemanderai mes brebis, et je leur enlèverai la responsabilité du troupeau. Ainsi, ils cesseront de se repaître eux-mêmes. Je délivrerai mon troupeau de leur bouche, et elles ne leur serviront plus de nourriture.
« Voici ce que déclare le Seigneur, l’Eternel : Je vais moi-même venir m’occuper de mon troupeau et en prendre soin. Comme un berger va à la recherche de son troupeau le jour où il le trouve dispersé, ainsi j’irai à la recherche de mes brebis et je les arracherai de tous les lieux où elles ont été dispersées en un jour de brouillard et de ténèbres.

Je les ferai sortir de chez les peuples et je les rassemblerai des divers pays, je les ramènerai dans leur propre pays pour les faire paître sur les montagnes d’Israël, près des cours d’eau et dans tous les lieux habités du pays. Je les ferai paître dans de bons pâturages, et elles trouveront leur herbage sur les hautes montagnes d’Israël ; elles reposeront dans une belle prairie et elles se nourriront dans de gras pâturages sur les montagnes d’Israël.

C’est moi qui ferai paître mon troupeau et c’est moi qui le ferai reposer, le Seigneur, l’Eternel, le déclare. Je chercherai la brebis qui sera perdue, je ramènerai celle qui se sera éloignée, je panserai celle qui a une patte cassée, et je fortifierai celle qui est malade.

 

Beau texte, n’est-ce pas ? Avec d’un côté, un véritable réquisitoire sévère et sans appel à l’encontre des mauvais bergers, et de l’autre, l’image d’un Dieu bon et compatissant, qui tel un berger secourable et charitable vient prendre soin de ses brebis.

A qui s’adresse ce texte ? Aux bergers d’Israël. Qui sont ces « bergers » ?

En premier lieu, ce sont les responsables du peuple d’Israël, c’est-à-dire, les prophètes, les rois, les juges, les chefs, en mot, ceux qui ont des responsabilités à l’égard du peuple, et en particulier, à l’égard de ceux qui sont pauvres, faibles, malades, délaissés.

Le prophète Ezéchiel s’en prend tout d’abord aux prophètes ; dans le chapitre 33, ils les qualifient de « chanteurs de charme », des hommes qui ont de belles voix, qui disent de belles paroles mais qui n’ont aucun effet sur la vie et le comportement des gens. Mais Ezéchiel s’en prend aussi au roi, aux juges, à tous ceux à qui Dieu avait donné son autorité pour conduire le pays, pour le maintenir en paix et dans une justice bien appliquée, ceux qui devaient chercher le bien-être général du pays et de ses habitants.

L’accusation est forte : « Vous ne vous occupez que de vous-mêmes », vous ne pensez qu’à vous-mêmes, vous remplissez votre poche et votre ventre sans vous soucier de ceux qui sont dans le besoin ; tout ce qui compte, c’est votre gloriole, votre statut de chef, votre pouvoir, votre patrimoine, vos biens, en un mot votre petite vie égoïste.

Et voici la dramatique conséquence de votre comportement individualiste : le peuple souffre, le peuple est divisé, le peuple est affaibli, c’est-à-dire que le pays est affaibli et comme le dit si bien le prophète, les bêtes sauvages, entendez par là, les ennemis d’Israël, n’auront qu’un coup de patte à donner pour faire vaciller le pays, pour le faire tomber, pour le décimer et pour l’emmener en exil. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé : le pays a été détruit par les hordes assyriennes et ceux qui ont survécu ont été déportés à Babylone, et le prophète Ezéchiel lui-même a fait partie du convoi des dix mille déportés qui ont été emmenés à la capitale assyrienne.

L’égoïsme et la soif de pouvoir des bergers d’Israël ont entrainé le pays à sa perte.

Au-delà des prophètes et des rois d’Israël, ce texte concerne aussi tous ceux et celles qui, bien plus tard, exerceront des responsabilités dans l’Eglise, c’est-à-dire, les prêtres, les pasteurs et les responsable des églises chrétiennes, catholique, orthodoxe, protestant, évangéliques, toutes confessions confondues. Au travers de l’histoire de l’Eglise il y a eu des hommes et des femmes remarquables de bonté, de compassion, d’oubli de soi-même, mais il y a aussi eu un bon paquet de responsables d’Eglise qui feraient bien de méditer les paroles du prophètes Ezéchiel… De mauvais bergers, des bergers qui ne penses qu’à eux-mêmes, il y en a eu, et il y en aura encore.

Et au-delà de d’Israël, de l’église, on pourrait aussi évoquer les responsables des pays, les présidents, les candidats à la présidence, les ministres, les députés, les maires, tous ceux qui sont responsables d’une façon ou d’une autre du pays, de la région, du département, de la ville ou du village. Je ne désigne personne en particulier, le danger et la tentation de ne penser qu’à soi-même au détriment du peuple, ce danger, cette tentation, ce piège guette toute personne qui se voit investi du pouvoir, qui brasse de l’argent : celui-là peut vite se sentir au-dessus de lois et oublier ceux qui ont placé en lui et en ses promesses leur espoir et leur confiance. Et je ne pense pas seulement à la France, mais aussi à d’autres pays à travers le monde où les chefs deviennent très vite des tyrans.

Le texte du prophète Ezéchiel date de 6 siècles avant Jésus-Christ, il a été écrit il y a 2600 ans environ, et pourtant déjà, quelle belle et fine et implacable leçon d’analyse politique : on aurait pu penser que les hommes et leurs motivations changeraient au fil du temps... Hélas, le texte du prophète est toujours d’actualité.

Si ce texte est d’une redoutable accusation à l’encontre des responsables politiques et religieux, il montre en même temps quel devrait être le but, l’objectif de tout gouvernement qu’il soit politique, religieux, économique.

Au-delà de leur égoïsme, de leur violence, de leur tyrannie, que reproche-t-on aux bergers d’Israël ? Ceci : ne pas faire paître le troupeau, ne pas aider les brebis chétives, ne pas bander les plaies de brebis blessées, ne pas ramener celle qui s’est écartée, en un mot, ne pas prendre soin de ceux qui malades, faibles, seuls, perdus.

Le pouvoir est donné, par Dieu ou par les hommes, non pas pour soi, non pas pour augmenter ce pouvoir ou pour le garder coute que coute, mais il est donné pour les autres, et notamment pour les faibles, les petits, pour l’intérêt général et le bien-être de chacun. Que ce soit pour un pays ou pour une ville ou pour une église. Ne l’oublions jamais.

Il y a deux mille ans, en Israël, est venu un homme. Il a certainement lu ou entendu le texte d’Ezéchiel à la synagogue les jours de sabbat. Il en a compris le message. Il a regardé autour de lui : il a vu que les bergers d’Israël de son époque ne s’occupaient que d’eux ou de leur petites guéguerres avec les partis religieux concurrents. Les pauvres, les petits, les malades étaient oubliés, délaissés. Alors il a pris son baluchon et son bâton de pèlerin et s’en est allé prêché la bonne nouvelle de l’amour de Dieu pour tous sur les routes poussiéreuses de son pays ; l’évangéliste Jean a dit de lui qu’il était le bon berger. Vous connaissez son nom et son histoire.

Aujourd’hui, nous n’avons pas, nous, vocation à partir sur les routes de France et de Navarre, mais nous pouvons tous dire des paroles de consolation et d’encouragement, nous pouvons tous faire un sourire d’amitié, nous pouvons tous faire un geste de bonté et d’accueil envers ceux qui entourent et que l’Evangile nomme « notre prochain », nous pouvons tous être, ici ou là, d’une façon ou d’une autre, des bergers selon Ezéchiel ou selon Jésus.

C’est de cette façon-là que nous rendrons honneur au nom de chrétien que nous portons et à celui qui se présente à nous comme notre Bon Berger. Amen !

 


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