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Un Dieu pour l’incroyant

 

pasteur Serge Soulié


blog

 


30 avril 2017


Si « Dieu c’est la nature » comme l’écrit Spinoza, ce Dieu-là peut être le dieu du croyant comme celui de l’incroyant. Pour que cette affirmation devienne possible, deux conditions s’imposent.

La première veut que le croyant renonce à la vision théiste de Dieu. Ce dieu est un pur produit de l’imagination. Il n’a aucune réalité. Il surgit dans la pensée sans que celle-ci s’appuie sur l’observation, l’analyse du vécu et l’expérience. C’est le Dieu fruit de la peur, la plus grande étant celle de la mort. C’est aussi le Dieu chargé de réparer tous nos échecs et tous nos malheurs. Il est le Dieu d’une attente et d’une espérance basée sur une intervention surnaturelle. Enfin c’est le Dieu chargé d’effacer tous les sentiments de culpabilité avivés par la conscience, elle-même nourrie par le besoin de relations positives avec les êtres et les choses de ce monde.

L’autre condition s’adresse à l’incroyant et l’invite à renoncer à ce même dieu théiste qu’il refuse et déclare inexistant parce qu’insupportable à ses yeux. Ce renoncement, aussi radical pour lui qu’il peut l’être pour le croyant, ouvre la porte à la vision d’un dieu proche de la réalité. Un dieu qui se confond avec l’univers tout entier. Un dieu qui ne peut pas être contesté au même titre que la nature dans laquelle nous évoluons et respirons. La nature et Dieu sont unis comme l’âme et le corps le sont chez tous les êtres. Il n’y a pas de séparation possible.

Il n’y a pas de combat à mener contre le dieu du théisme, ni pour le rejeter ni pour l’adorer parce que ce dieu n’existe pas. L’homme l’a inventé. Croyants et incroyants le réinventent sans cesse. A travers rites et prières ils cherchent à le faire vivre et à le maitriser. Leur crainte est que Dieu disparaisse. C’est pourquoi les croyants sont si féroces lorsque leur dieu est contesté et les incroyants si désemparés, ils n’ont plus rien à dire, ils répètent. La phrase de Paul Bert en est un exemple : « ni Dieu, ni maitre, à bas la calotte et vive la sociale ».

Ceci n’enlève rien à la pertinence des pères de la « libre pensée » dont certains sont d’anciens prêtres ou d’anciens pasteurs. En France et en occident l’esprit de laïcité, sous différentes formes, tempère cette férocité concernant les premiers. Cette même laïcité freine les seconds dans les accusations portées aux religions. Ce faisant tous réduisent Dieu à un être suprême. Ils oublient ou renient la réponse faite à Moise : « je suis celui qui suis ». Dans la société actuelle croyants et incroyants disparaissent à peu près au même rythme. « Libres penseurs » et « penseurs enrôlés » sont sur le déclin. Les uns ne vont pas sans les autres.

Ce dieu, présent en toute chose et en tout être, disqualifie et rend absurde tout prosélytisme. Faire du prosélytisme c’est chercher l’eau lorsque l’on navigue sur l’océan. Dieu est partout et au bénéfice de tous. Nul besoin de rabatteurs. Le thème de la « grâce seule » si cher aux réformateurs pointait déjà cette évidence. A travers le prosélytisme les religions n’invitent pas à faire découvrir Dieu mais à faire des adeptes.

Le protestantisme historique devant ses effectifs en forte baisse concentre sa réflexion sur l’évangélisation. Il faut ramener du monde dans les temples. L’Eglise catholique se montre très réticente et se considère trahie lorsqu’à travers l’œcuménisme quelques-uns de ses membres se tournent vers le protestantisme. Chacun veut garder ses ouailles. Baptêmes et circoncisions sont devenus des actes de prosélytisme. Au-delà d’un signe marquant la bienveillance de Dieu, ils se veulent la trace de l’appartenance à une religion.

Certes le baptême ne laisse pas de trace dans la chair, il est lié à la venue de l’esprit à l’image de celui de Jésus-Christ, mais les Eglises catholiques, orthodoxes et certaines protestantes, en ont fait la condition sine qua non pour être membre de l’Eglise. Le baptisé et le circoncis ne sont pas seulement inscrit dans le grand Livre de vie, ils le sont avant tout sur les registres de leur religion.

A ce sujet on est en droit de se demander qui a inscrit le nom des douze disciples de Jésus-Christ puisqu’il semble qu’ils étaient bien plus nombreux, dispersés dans la nature, autrement dit dispersés en Dieu. L’Eglise naissante avait besoin de s’afficher comme une institution. Par le biais des écrits, la mention de noms et de communautés, elle a enfermé les siens s’inscrivant ainsi dans la continuité des conflits dus aux tendances religieuses. Les religions ont bien du mal à reconnaitre un Dieu universel et à secondariser leurs dogmes, leurs doctrines et leurs rites. Dieu est pour elles campé dans un Etre suprême. Cet être ne peut pas être le Dieu de tous.

Le dialogue inter religieux est voué à l’échec si les religions ne se soucient pas de repenser la conception de Dieu. Il devient exclusif et porteur de conflit s’il n’intègre pas ceux qui ne se réclament d’aucune religion.

 


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