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Petit traité de vie chrétienne

 

 


Jean Ansaldi

1934-2010

professeur à la Faculté de théologie protestante de Montpellier

 

Éd. Cabédita

96 pages


recension Gilles Castelnau

 

17 avril 2017

Jean Ansaldi n’était pas libéral comme les auteurs que ce site aime publier. Mais son orthodoxie, serrée et rigoureuse, n’avait rien de sclérosé ni d’inhumain. Rien de fondamentaliste non plus.
Sa théologie s’était développée tout au long de son ministère de pasteur chaleureux et sympathique, animateur de camps de jeunes et visiteur fidèle de paroissiens.
Elle s’était également enrichie d’études de psychologie et il pratiquait la psychanalyse.

Nul doute que si le lecteur ne peut vraiment accepter de laisser sa pensée se canaliser en suivant la logique ces réflexions, ce petit livre lui communiquera néanmoins le dynamisme et l’élan spirituel que l’auteur a manifestés toute sa vie auprès de ceux qui ont bénéficié de son ministère.

En voici quelques passages.

 

Tout commence par la rencontre du Christ

[...]
page 20

Dans l’après-coup

Ainsi, par-delà le langage de Paul qui n'est plus le nôtre, nous sommes en mesure de préciser ce qu'est la foi, foi du Christ qui vient nous rencontrer, foi de l'homme qui se laisse rencontrer. La rencontre de la foi n'est en rien un phénomène spectaculaire qui provoquerait en nous des émotions fortes, un savoir nouveau, un pouvoir sur les autres.

De plus, la rencontre de la foi ne se repère pas toujours sur-le-champ, mais seulement dans l’après-coup, lorsqu’on discerne en soi la trace d’un changement profond. Avant, je fondais mon identité sur ma force, sur mon bon droit, sur mes mérites. Après, je fonde mon identité sur le Christ qui vient me visiter sans se soucier de ma faiblesse, de mes manques, de ma pauvreté.

La rencontre de !a foi n'est pas dans ma vie un instant unique, exceptionnel. Elle est une série de moments fréquents et presque imperceptibles, dont je prends conscience par la suite en constatant les déplacements qu’ils ont provoqués dans mon existence.

Au cœur de notre existence

La foi, telle que nous venons de la découvrir dans ces récits, est bien autre chose que l'adhésion à un système dogmatique. Elle est davantage aussi qu’une simple confiance. C’est véritablement une rencontre bouleversante avec le Christ. Ainsi peut-on la définir simultanément comme foi du Christ, mouvement par lequel le Seigneur vient à notre rencontre, et foi de l'homme, mouvement par lequel nous nous laissons rencontrer par le Christ. Le seul mot de foi qualifie ce double mouvement qui ne concerne pas seulement la première rencontre, celle que l'on a coutume d'appeler « conversion », mais qui s’offre au quotidien dans la vie du fidèle.

 

 

L’Église rassemblée par l’Évangile

[...]
page 46

En tout le premier

Tout commence par le rappel que les membres de l’Église ont été arrachés un à un à l'esclavage du péché pour être mis en marche vers le Royaume de Dieu (v. 13-14). Dans le Nouveau Testament, le mot saint, qui signifie étymologiquement « séparé », d'où « qui appartient exclusivement à Dieu », ne désigne jamais un chrétien aux qualités exceptionnelles mais qualifie tous les membres de l'Église en tant qu'ils sont « mis à part » pour le service de Dieu.

A l'appui de sa démonstration, l'auteur de l'épître aux Colossiens utilise probablement un hymne chrétien traditionnel qu'il corrige en fonction de ce qu'il veut faire ressortir (v. 15-20).

La première partie met en évidence le fait que le Christ est associé à l'œuvre du Père depuis toujours. Il est donc actif dans la création qui se réalise par lui et pour lui. Il ne faut pas se laisser arrêter par l'expression êtres visibles et invisibles, trônes, souverainetés, autorités et pouvoirs (v. 16) : on pensait alors que le monde était aussi peuplé de réalités invisibles et agissantes, de type angélique ou démoniaque. On peut aujourd’hui traduire par : Car en lui a été créée la totalité de ce qui existe.

Mais comme la fin le souligne avec force, il s'agit avant tout du Christ mort et ressuscité pour réconcilier tous les hommes avec Dieu et pour les entraîner dans son destin victorieux.

Si l’image de l'Église comme corps du Christ est fréquente, nous notons ici un renversement dans la mesure où c'est le Christ qui est au centre : il est, lui, la tête du corps, qui est l'Église (v. 18) On ne parle pas d'abord de l'Église ; celle-ci ne saurait donc être une fin en soi. On parle du Christ. L’image atteste que la communauté ecclésiale est la manière par laquelle le Seigneur poursuit aujourd'hui son œuvre rédemptrice et créatrice. Jusqu'à sa mort, le Christ était présent en personne dans le monde ; depuis sa résurrection, il l'est par l'Église.

 

50 •• Plusieurs témoignages, une seule Parole […] Pour permettre à cette Église de persévérer dans l’Évangile et de demeurer sur le roc de la prédication apostolique, pour qu'elle ne s'assujettisse pas aux fausses idéologies qui dominent le monde, les Écritures saintes lui ont été données. Mais il ne faut pas se tromper : elles ne sont pas la Parole de Dieu, seul le Christ l'est ; mais la Parole de Dieu peut et doit y être entendue. Elles ont été écrites par des hommes, chacun à partir de ce qu'il a pu comprendre de la foi, à partir de sa propre culture et de son propre langage. Elles ne sont donc pas infaillibles ; mais elles demeurent le seul lieu où la Parole infaillible de Dieu puisse être entendue.

 

 

Deux signes pour une invitation

[...]
page 55

Unis dans sa mort et sa résurrection

Dans le passage de l'épître aux Romains que nous venons de relire, l'apôtre Paul commence par rappeler que le baptême nous associe à la mort du Christ. Nous sommes donc mis au bénéfice de celle-ci pour participer à sa vie nouvelle de Ressuscité.
La liturgie de l'Église réformée de France (depuis 2014, avec l'Église réformée luthérienne de France, l'Église réformée de France forme désormais l'Église protestante unie de France) commente ainsi : « L’eau du baptême est toujours le signe d'une mort, mais cette mort est celle de Jésus-Christ : portant le péché des hommes, il est descendu dans la tombe. Unis à lui par la foi, associés à sa mort, nous le sommes aussi à sa résurrection et nous devenons par sa grâce de nouvelles créatures... Ce que le baptême annonce, le Saint-Esprit l’accomplit. »

 

 

Le souffle de l'Esprit saint

[...]
page 68

Au service de la parole

L’Esprit saint est ainsi une force d'unification. Habitant dans nos cœurs, il nous permet d'assimiler l'accueil et le pardon de Dieu pour que nous puissions nous réconcilier avec lui et avec nous-mêmes. Habitant dans l'Église, il maintient celle-ci dans l'unité, tout en sauvegardant la diversité de ses membres. On peut le constater aussi chez Paul : chacun reçoit un don particulier, un charisme, qui lui donne une place unique et spécifique dans l'Église ; mais ce don est fait en vue de l'édification de la communauté dans l'amour (I Co 1.2,4 ss).

L’Esprit saint est également une force de communication : il est créateur de l'amour par lequel les disciples se transmettent mutuellement l'Évangile, mais aussi par lequel ils annoncent ce même Évangile aux hommes, dans le respect de leurs cultures respectives.

Il importe toutefois de ne pas chercher l'action de l'Esprit ailleurs qu'autour de la Bible lue et prêchée, du baptême administré et de la cène partagée : n'apportant rien de nouveau, il rend présent et agissant l'Évangile du Christ. C'est ce qu'a essayé de dire la Réforme :

« Il faut maintenir fermement ceci : que Dieu ne donne à personne son Esprit... sinon avec la Parole externe préalable. C'est là notre sauvegarde contre les Enthousiastes (autrement dit les esprits qui se flattent d'avoir l'Esprit indépendamment de la Parole et avant elle)... C'est pourquoi nous avons le devoir et nous sommes dans l'obligation de maintenir que Dieu ne veut entrer en rapport avec nous, les hommes, que par sa parole externe et par les sacrements. Tout ce qui est dit de l'Esprit indépendamment de cette Parole et des sacrements, c'est le diable. » (Luther)

 

 

L'Église associée au ministère du Christ

[...]
page 77

Mobilisés pour continuer son œuvre

Nous avons trop tendance à faire du culte un moment de ressourcement individuel ; ce n'est pas faux puisque la prédication de la Parole nous renouvelle et que la prière nous déplace et, d'une certaine manière, nous guérit. Mais au-delà de ces bénéfices personnels, c'est avant tout d'un service que nous sommes chargés par la célébration du culte : que nous soyons présents ou absents, et ce sont les nôtres, nos collègues de classe ou de travail, nos voisins ou nos compagnons de loisirs qui sont présents ou absents. Cela vaut certes pour le culte communautaire de l'Église, mais aussi pour nos cultes familiaux et personnels.

Chargés d'annoncer les hauts faits de Dieu, les chrétiens ont la responsabilité de l'évangélisation du monde, mais aussi du service de leurs frères, manière indirecte d'annoncer l'Évangile. Évangélisation du monde et service diaconal des hommes !



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