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Guérir les corps et les âmes


selon l’évangile de Luc

 


Christine Prieto

prieur de la Communauté de Bose (Italie)

Éd. Cabédita

96 pages


recension Gilles Castelnau

 

11 avril 2017

La pasteur Christine Prieto veut, à juste titre, nous rendre sensibles à la richesse des textes des évangiles qui nous rapportent que Jésus s’adresse à tout l’homme, physique comme moral. Elle nous fait relire, dans l'Évangile de Luc, les récits du paralysé descendu du toit, du centurion de Capernaüm, du démoniaque de Gérasa, de la femme à perte de sang, de la fille de Jaïros et de la femme courbée. Sa lecture est simple et claire, sympathique, vivante. Nulle doute qu’elle nous incite à relire pour nous-même les autres récits de guérisons du Nouveau Testament.

En voici quelques pages.

 

 

Introduction

page 11

Et de nos jours ?
[...]
La médecine scientifique n’a plus le monopole des soins du corps et du recouvrement de la santé ou de la raison. Et surviennent des guérisons que la médecine ne sait pas expliquer et qu'on ose qualifier de « miracles ». Cette récente pluralité d'offres ou de résultats vérifiables questionne le lecteur des évangiles, et la figure de Jésus comme faiseur de miracles acquiert une soudaine modernité. Il n'est plus possible d'affirmer péremptoirement que les récits de miracles des évangiles sont des contes pour gens crédules ou des récits qui illustreraient l'autorité de Jésus tout en étant de pures créations littéraires ne reflétant pas la réalité de faits survenus. Le mystère contenu dans ces miracles a trouvé une nouvelle vitalité, et sans doute un crédit auprès de lecteurs qui ne sont plus si prompts à leur contester toute véracité.

Relire les récits de miracles

Cette nouveauté dans notre culture occidentale invite à lire ou relire les miracles des évangiles d'un œil nouveau. Le lecteur n'est sans doute plus celui qui attend tout de son médecin, et nombre de nos contemporains ont expérimenté des médecines diverses, pas seulement hippocratiques. Médecine douce, médecine des plantes, et pourquoi pas pratiques de guérison dans des Eglises chrétiennes de diverses obédiences. La méfiance a grandement diminué et l'esprit est plus enclin à recevoir des récits habités par le surnaturel.
[...]

 

 

Le triptyque du salut :
le démoniaque de Gérasa,
la femme à la perte de sang, la fille de Jaïros
(Lc 8.26-56)


page 67


Trois histoires pour dire le salut

Une particularité de ce triptyque lucanien est qu'on y trouve le verbe «  être sauvé » dans chaque séquence. Trois fois, ce sont des cas très graves, qui dépassent les compétences des médecins. Et à chaque fois, à La guérison est associée l’idée de salut. Ces miracles effacent la stigmatisation de l'impureté (la vie dans les tombeaux, le sang, la mort) qui ajoute à la maladie une séparation d'avec Dieu. Jésus vient rétablir le lien coupé entre l'humain et Dieu en apportant ce salut. Une nouvelle existence libérée est alors possible, qui inclut une réintégration sociale, familiale, religieuse.

Il ne faut pas oublier le rôle que la foi joue dans deux des récits. Dans le deuxième récit, la femme se déplace pour toucher un vêtement et c'est Jésus qui qualifie toute sa démarche de foi. Dans le troisième récit, Jésus demande explicitement à Jaïros de croire, d'une foi qui dépasse la raison. La foi de Jaïros est possible grâce à la foi que la femme a montrée et qui a été efficace. Cette foi est synonyme de confiance totale et n'implique pas une confession verbale sur la personne de Jésus.

Cette séquence n'est donc pas une juxtaposition d'épisodes disparates, mais fonctionne en triptyque, propose un parcours au lecteur moderne, et le rejoint dans ses préoccupations. Dans chaque séquence, on trouve une situation d'aliénation forte : folie et désocialisation, maladie chronique et exclusion sociale, maladie puis mort. Il ne s'agit alors pas pour Jésus de gérer des pathologies variées, mais d'intervenir sur leurs conséquences : être coupé de soi-même, de sa famille, de son milieu sociétal et religieux ; vivre dans une situation de désespoir et de marginalité qui semble sans issue. La présence de Jésus est un appel à la confiance, qui est appelée « foi », et qui débouche sur la guérison, l’éveil de la mort, la vie renouvelée dans toutes ses dimensions. Les puissances maléfiques sont annihilées par l'action de Jésus, et le lien avec Dieu est créé ou recréé. Comment ne pas être touché par ces personnages et ne pas s'approprier leurs histoires qui invitent le lecteur à la confiance complète en une possible « résurrection » de tout l'être et un « salut » de toute l'existence ?

 

 

Le redressement des enfants d’Abraham :
la femme courbée
(Lc 13.10-17)

page 72

Jésus le libérateur

Sa maladie est incurable et la femme ne demande d'aide à personne. C'est Jésus qui la voit et prend l'initiative d'agir. La thérapie se fait en trois moments : il la voit, il lui parle, il pose les mains sur elle. Ces trois temps sont complémentaires et aucun n'est anecdotique. Luc fait alterner les versets consacrés à Jésus (10 et 12-13a) et ceux consacrés à la femme (11 et 13b). Le balancement d'un personnage à l'autre soutient la mise en place d'une relation entre eux et l'ensemble s'achèvera sur une ouverture vers l'extérieur, la louange à Dieu. Jésus a un regard informé sur la situation exacte de cette femme et déclenche l'action libératrice : il l'interpelle et l'amène ainsi sur le devant de la scène. Avant même de l'avoir touchée, il prononce la parole de guérison : « Femme, tu es délivrée de ta maladie » (qui reprend le terme astheneia, mais « l'esprit » a disparu, car il n'est pas important à ce moment).

La tournure « tu es délivrée » utilise le temps grec du parfait passif qui signifie que le sujet est Dieu. Le parfait exprime l'état présent résultant d'une action passée. Puis, Jésus impose les mains à la femme et ce n'est qu'après cela qu'elle se redresse, la thérapie étant achevée. Doit-on alors considérer qu'il s'agit d'une guérison en deux temps ? Je pense que la parole exprime l'intervention de Dieu (la femme loue Dieu à la fin), tandis que le geste appartient à Jésus. Le toucher est un signe d'empathie, ici envers une personne écrasée par le malheur. Jésus est l'agent de Dieu : il agit, puis explique le sens spirituel de ce qui vient de se passer. Le médiateur ne disparaît pas derrière celui qui l'envoie ; tous deux sont présents et agissant. Le miracle lui-même tient en quelques mots : « et à l'instant, elle se redressa ».

La guérison est soudaine et rompt avec 'étirement des dix-huit années de souffrance. La femme peut maintenant tourner son visage vers le ciel et remercier son Créateur et libérateur. La louange est sa seule parole dans le texte. Elle célèbre que Dieu est intervenu et cette idée trouvera un écho dans l'impression finale de la foule, englobant tout ce qui s'est produit, et associant Jésus (« par lui ») à Dieu (« les choses glorieuses »).

 

 

 

Conclusion

page 88

 Des miracles pour aujourd'hui

On aura compris que les miracles sont loin d'être secondaires dans l'Evangile. Ils ne se tiennent pas dans l'ombre des enseignements, mais leur donnent au contraire du relief en les incarnant ou en étant eux-mêmes enseignements. Parole et action sur le corps sont intimement liées, au point qu'on peut parler de miracle qui parle, autant que de parole qui guérit.
[...]
Ces guérisons qui dépassent les attentes pointeront en direction d'un Dieu qui veut le « salut » de l'homme, c'est-à-dire le faire advenir en plénitude au travers d'une relation de confiance (ou de foi) réciproque. Dieu a foi en l'homme autant que l'homme a foi en Dieu. Ce que Jésus appelle « Royaume de Dieu » est l'expression concrète de cette dynamique en action, qui s'incarne dans des corps guéris, ou extraits de la mort, des âmes délivrées du péché ou de morales sclérosées. La vie jaillit ainsi dans des existences restaurées qui prennent un nouveau départ.



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