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L’existence de Dieu

 

pasteur Serge Soulié

 

blog

 


3 avril 2017

Le questionnement sur Dieu est le plus souvent abordé par la question Dieu existe-t-il vraiment ? Pour les uns, Dieu existe, ils en trouvent la preuve dans la bible, le Coran ou autres livres dits sacrés qui selon eux le révèlent. Ils se réfèrent aussi à l’histoire et aux traditions religieuses. Pour d’autres, l’existence de Dieu est une chimère, une pure invention de la pensée humaine. Enfin il y a ceux pour qui poser la question de l’existence de Dieu est déjà un blasphème. Nous ne pouvons pas d’emblée éliminer cette position parce qu’elle dit implicitement que se demander si Dieu existe c’est un peu comme si on s’interrogeait sur l’existence de l’univers ou de l’air que nous respirons. Comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, Dieu existe sans que nous en ayons connaissance. Seuls sont condamnables l’interdit de se poser la question de son existence ou d’affirmer qu’il n’existe pas.

De nombreux théologiens, pour apparaître comme des esprits ouverts et être en accord avec leur conscience sans pour autant rejeter ceux pour qui Dieu est une invention, manquent de clarté dans leur propos et semblent ne pas prendre position. Ils se plaisent à disserter sur le mot « exister » lui attribuant une multiplicité de sens permettant d’affirmer à la fois que Dieu existe et qu’il n’existe pas. Ils ont le mérite de nous introduire dans une recherche et une réflexion là où d’autres verrouillent toutes les portes pour nous enfermer dans des croyances tenues indiscutables. Ils renoncent, pour eux et pour tous ceux qu’ils cherchent à influencer, à la connaissance au profit de l’ignorance.

La réponse à la question sur l’existence de Dieu dépendra de la conception que l’on se fait de celui-ci. Si Dieu est imaginé comme un Etre Suprême, campé dans un corps humain sur lequel sont projetés des attributs anthropomorphiques, l’interlocuteur n’aura pas le choix. Il devra opter pour ou contre une telle existence. Ce Dieu imaginé devient alors objet de croyance sans autres preuves possibles.

Osons avancer que Dieu peut être perçu autrement. Dans son « court traité », Spinoza, le philosophe exclu pour hérésie de la communauté juive d’Amsterdam écrit : « Dieu seul a l’être et toutes les autres choses ne sont plus des êtres, mais des modes ». Autrement dit, pour lui Dieu seul existe. Rien n’existe hors de Dieu parce que Dieu est tout (panthéisme), tout est en Dieu (panenthéisme) et Dieu est en tout (immanentisme). Tout ce qui existe dans l’univers n’est que manifestions de l’existence et du devenir de Dieu. La comparaison est faite ici avec l’océan qui seul existe vraiment, les vagues n’étant que des « modes » locales et passagères traduisant l’activité océanique.

Cette vision selon laquelle tous les existants peuplant l’univers (Spinoza emploie le terme de nature) constituent Dieu et font de lui de par leur activité, leur interaction et leur évolution un Dieu toujours en devenir et en construction, nous libère d’une obligation de choisir entre un Dieu qui existerait et un Dieu qui n’existerait pas. Dieu est bien comme il le dit à Moise le « je suis celui qui serait », celui qui occupe tout l’espace, le Tout en Un, celui qui est sans cesse en devenir. La question de savoir s’il existe ou pas n’a plus aucune pertinence. Nous voilà délivré de la croyance au profit d’une réalité qui s’impose. Dieu n’est pas un être imaginé, accompli et immuable extérieur à ce monde. Il est dans ce monde. Si le corps et l’âme sont deux modalités complémentaires et inséparables qui définissent l’homme, Dieu et la nature sont deux modalités tout aussi inséparables qui traduisent le réel. Dieu est en quelque sorte l’âme du monde. Il avance, change, se transforme avec ce monde. Il n’est pas plus figé que ne l’est la nature.

La question n’est pas Dieu existe-t-il ? Elle est puis-je connaître mieux ce monde et son âme, ce corps qu’est la nature et la force qui l’anime. Libéré de l’angoisse que provoque l’interrogation sur l’existence de Dieu et du mystère de sa nature, l’homme peut se lancer dans la compréhension de l’univers et de tout ce qui le compose. Il améliore ainsi ses connaissances. Alors, Dieu n’est plus objet de spéculations ou de confessions de foi. Il devient un champ d’investigation pour l’intelligence.


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