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Jacob : Léa et Rachel

 

Genèse 29.16 à 30.24

2e partie

prédication

pasteur René Lamey 

 

15 mars 2017

Genèse 29.16 à 30.24
16 Laban avait deux filles, l’aînée s’appelait Léa, et la cadette Rachel. 17 Léa avait le regard tendre, mais Rachel était bien faite et d’une grande beauté. 18 Jacob s’était épris de Rachel et il dit à Laban :
—Je te servirai pendant sept ans si tu me donnes Rachel, ta fille cadette, en mariage.
19 Et Laban répondit : Je préfère te la donner à toi plutôt qu’à un autre. Reste chez moi.
20 Jacob travailla sept ans pour obtenir Rachel, et ces années furent à ses yeux comme quelques jours parce qu’il l’aimait.
21 Puis il dit à Laban : Donne-moi maintenant ma femme, car j’ai accompli mon temps de service et je voudrais l’épouser.
22 Alors Laban fit un festin auquel il invita tous les habitants de la localité. 23 La nuit venue, il prit sa fille Léa et l’amena à Jacob qui s’unit à elle. 24 Laban donna sa servante Zilpa à sa fille Léa.
25 Le lendemain matin, Jacob se rendit compte que c’était Léa. Alors il dit à Laban : Que m’as-tu fait ? N’est-ce pas pour Rachel que j’ai travaillé chez toi ? Pourquoi alors m’as-tu trompé ?
26 Laban répondit : Chez nous, il n’est pas d’usage de marier la cadette avant l’aînée. 27 Mais termine la semaine de noces avec celle-ci, et nous te donnerons aussi l’autre en contrepartie de sept autres années de travail chez moi.
28 Jacob accepta : il termina cette semaine-là avec Léa, et Laban lui donna sa fille Rachel pour épouse. 29 Il donna aussi à Rachel sa servante Bilha. 30 Jacob s’unit également à Rachel qu’il aimait plus que Léa. Il travailla encore sept autres années chez Laban.
31 L’Eternel vit que Léa était mal aimée et il lui accorda des enfants, tandis que Rachel était stérile. 32 Ainsi Léa devint enceinte et donna naissance à un fils qu’elle appela Ruben (Voyez, un fils!), car elle dit : Dieu a vu ma misère ; à présent, mon mari m’aimera.
33 Puis elle fut de nouveau enceinte et eut encore un fils. Elle dit : Dieu a entendu que je n’étais pas aimée et il m’a encore accordé celui-ci.
Et elle le nomma Siméon (Il entend). 34 Elle devint encore enceinte et enfanta un fils. Elle dit :
—Cette fois-ci, mon mari s’attachera à moi, car je lui ai donné trois fils.

 

Le texte biblique continue avec des annonces de naissances qui provoquent le désespoir de Léa, la mal-aimée, et la jalousie de Rachel, Rachel, la femme aimée mais qui souffre dans sa stérilité et qui va jusqu’à offrir sa servante à Jacob pour que Rachel ait un enfant au travers de la servante, qui devient une des premières mères porteuses de l’histoire.
Mais au verset 22, il est écrit :

22 Alors Dieu eut égard à Rachel, il l’exauça et lui accorda la possibilité d’avoir des enfants. 23 Elle devint enceinte et donna naissance à un fils en disant : Dieu a enlevé ma honte.
24 Elle le nomma Joseph (Il ajoute) en priant : Que Dieu m’ajoute un autre fils !

Dieu ? Mais, au fait, dans ce texte, où est Dieu, que fait-il ? Qu’est-ce que cette histoire nous apprend sur Dieu ?

C’est le deuxième point que j’aimerais voir avec vous ce matin (le premier concernait les humains et leurs rapports pas très humains !).

Il y a trois choses que j’aimerais dire concernant la place de Dieu dans ce passage.

1. Dieu n’a pas de place, justement. Il est absent des décisions humaines. Tous ces hommes, toutes ces femmes, décident, agissent et réagissent comme si Dieu n’existait pas, comme si les valeurs divines de la vie et du respect n’existaient pas. Il ne faut donc pas s’étonner de tous les problèmes relationnels qui surgissent au fur et à mesure qu’on avance dans le texte.

2. Par contre, si Dieu est absent des décisions humaines, il est largement présent, presque trop présent dans la bouche de Léa et de Rachel ! Elles parlent tout le temps de Dieu, mais c’est uniquement pour justifier leur attitudes plus ou moins condamnables, leurs stratagèmes plus ou moins honnêtes, leur course-poursuite maternelle insensée : c’était à celle qui aurait le plus d’enfants, celle qui serait la préférée de Jacob. Pourquoi ? Parce qu’elles croyaient que Jacob s’attacherait à celle qui gagnerait au score. Les enfants deviennent de simples prétextes à la course de la préférence !  Et tout cela sous le couvert du nom de Dieu. « Dieu m’a écoutée, Dieu m’a exaucée » Dieu par ci, Dieu par là, Dieu à toutes les sauces, Dieu dans toutes les combines, Dieu pour justifier toutes les actions, même quand elles sont condamnables. Comme le dira si bien le prophète Esaïe, en parlant du peuple d’Israël : « Ils ont Dieu près de leur bouche, mais loin de leur cœur. »
Rien de mal ne peut être justifié au nom Dieu, de la Bible, du christianisme (ou de n’importe quelle religion).

3. Et pour terminer, une 3ème chose concernant la place de Dieu dans toute cette histoire très humaine, tristement humaine, seulement humaine : Dieu est près de ceux qui sont écartés, négligés, méprisés, mis sur une voie de garage.

Où se trouve la première mention de Dieu dans ces chapitres ? Seulement au v.31 du ch.29 : 31 Dieu vit que Léa était mal aimée et il lui accorda des enfants

Pourquoi Dieu s’approche-t-il de Léa et la rend féconde ? Parce qu’elle est mise de côté, parce qu’on la néglige, parce qu’elle n’est pas aimée. C’est dur de ne pas être aimée, hier comme aujourd’hui ; c’est dur d’être la cinquième roue du carrosse !

Plus loin, ch.30, et v.22, c’est Rachel qui semble, à son tour, sombrer dans l’indifférence affective ; c’est normal, elle est stérile, elle n’a donc aucune valeur !

Je me suis demandé : « Pourquoi l’intervention de Dieu, ici, dans ces chapitres, est-elle toujours et uniquement en relation avec l’enfantement ? »

Parce que l’identité de la femme, sa place dans la société, son épanouissement se trouvait, à l’époque, du moins, dans le fait d’avoir des enfants. Une femme stérile, même belle, était tôt ou tard (tard dans l’exemple de Rachel), exclue, rejetée, méprisée.

D’où l’intervention de Dieu : auprès de Léa, par deux fois (29.31 et 30.17) et auprès de Rachel (30.22).

Ce texte nous montre Dieu est du côté de ceux qui sont mal aimés, de ceux qui courent le risque négligés, méprisés, rejetés, exclus. Du temps des rois d’Israël, les prophètes, rappelleront régulièrement cette attitude de compassion de Dieu envers les faibles.

Jésus aura la même attitude d’amour envers ceux qui ne sont pas aimés, ou mal aimés ; par contre, l’Église, à peine 2 à 3 siècles après J.C., se tournera vers les grands, elle sera du côté des puissants de ce monde et délaissera les pauvres, les faibles, les mal aimés.

Il faudra des François d’Assise, des Pierre Valdo, des Martin Luther, des John Wesley, des Martin Luther King, des Sœur Térésa, et tant d’autres pour secouer l’Eglise, pour la ramener auprès des « Léa » mal-aimés.

Et il en faut encore aujourd’hui ! Encore aujourd’hui, il nous faut le regard de Dieu sur ceux qui ne sont pas aimés, il faut l’amour de Dieu pour consoler, pour panser les plaies affectives, pour relever, redonner courage, espoir, redonner une dignité humaine, une identité, une personnalité à ceux qui, comme Léa, ne croyaient plus en avoir.

Conclusion :

a) Jacob cherchant la paix face aux multiples rivalités auxquelles il est confronté – c’est un autre Jacob que nous découvrons, il commence à changer, notre Jacob –

b) Dieu s’approchant des mal-aimés, voilà, je pense, les deux leçons que nous pouvons retenir de ces chapitres à première vue pas très édifiants (si vous trouvez d’autres leçons, dites-le moi !)

Jacob, Dieu : ensemble, ils font route, ils apprennent à se connaître, à se voir dans les multiples détails de la vie ; ensemble, ils construisent le futur Israël, ensemble, ils jettent les bases spirituelles du peuple d’Israël (et de tous les peuples !) : paix et compassion ; paix à travers l’attitude de Jacob, compassion à travers l’attitude de Dieu.

Paix et compassion… Ne serait-ce pas à nous, aujourd’hui, de promouvoir et de vivre ces valeurs spirituelles et humaines ? Ne serait-ce pas là, le rôle, la mission première de l’Eglise: prêcher et incarner cette paix et cette compassion envers tous ?

Bien de choses changeraient autour de nous et en nous – et dans l’église - si, au nom de Dieu, au nom du Dieu de Jésus-Christ et pour sa gloire, nous mettions cette paix et cette compassion en pratique…Amen.

 


Prière

Seigneur notre Dieu,
malgré toute la misère et la cruauté dont les êtres humains
font preuve les uns à l’égard des autres,
nous voulons espérer qu’un jour, on érigera des monuments
aux pacifiques et aux non violents.

Le temps est aujourd’hui venu
d’agir ensemble autrement :
De ne pas nous contenter de parler de justice,
mais de la faire advenir,
de dénouer tous les liens,
de vaincre la misère,
d’apporter la libération.

De ne pas nous contenter de parler de paix,
mais d’en devenir les artisans ;
de surmonter les murs de séparation,
de travailler à la réconciliation,
de devenir proches les uns des autres.

De ne pas nous contenter de parler de la création,
mais de la sauvegarder,
de protéger la vie,
d’être des veilleurs,
de soutenir les faibles.

De ne pas nous contenter de parler d’amour,
mais de le vivre ;
de nous accepter les uns les autres,
d’être là pour les autres,
de donner notre cœur.

De ne pas nous contenter de parler d’espérance,
mais de la répandre,
de témoigner, de ne pas abandonner,
de regarder vers l’avenir.
Et pour cela, Seigneur, pour que cette prière puisse se réaliser, nous te demandons d’être à nos côtés, de nous inspirer, de nous conduire, de nous accorder ton Esprit de force, d’amour et de sagesse ! Amen !

 

 


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