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Parabole de la graine

qui grandit toute seule

 

Marc 4.26-29

 

prédication

pasteur René Lamey 

 

21 février 2017

Que font les hommes quand ils sont au café du coin, ou les jeunes au lycée ou à la fac ? Ou les ouvriers quand ils fêtent un anniversaire d’un collègue ? Ou le Conseil municipal quand ils ouvrent une bouteille après la réunion ? Ou les paroissiens à la fête de la paroisse, où le Conseil presbytéral quand ils discutent autour d’un verre ? Ou les pasteurs quand ils sont aux pastorales ?
Que font-ils, tous ces gens ? Ils refont le monde.
Ça nous arrive aussi : on refait l’église. Ça veut dire : on se plaint, on critique, on juge, on envie les autres, qui ont beaucoup de monde aux cultes, qui ont plus d’argent. Et nous, en comparaison, on se dénigre, on se décourage, ou bien on essaie 36 mille choses pour faire bouger le cocotier... ou plutôt le clocher !
Laissez-moi vous lire une de ces petites paroles dont Jésus avait le secret :

Marc 4.26-29.
Jésus dit aussi :
Il en est du royaume de Dieu comme d’un semeur qui a répandu de la semence dans son champ. A présent, qu’il dorme ou qu’il veille, la nuit comme le jour, le grain germe et la plante grandit sans qu’il s’en préoccupe. D’elle-même, la terre fait pousser le blé : d’abord la tige, puis l’épi vert, et enfin les grains de blé remplissant cet épi. Et lorsque le grain est prêt à être cueilli, l’homme y porte aussitôt la faucille, car la moisson est prête.

Qu’est-ce que Jésus aimerait nous enseigner à travers cette parabole ? Pour trouver la réponse, il faut se poser des questions.
De quoi est-il question dans cette courte histoire ? Qu’est-ce qui s’y passe ?

1) Un semeur sème la semence dans un champ.
2) Ensuite, le semeur ne fait plus rien.
3) La semence grandit toute seule.
4) La semence est récoltée.

Point final, voilà, c’est tout. La messe est dite !

Il ne passe pas grand chose dans cette histoire, pas de grand personnage, pas de grande aventure, pas d’actions grandioses, pas de scandale, pas de suspens intolérable, pas de spectaculaire retournement de situation !

C’est plutôt plat comme parabole, non ? Il ne s’y passe pratiquement rien. En fait de parabole, ça ressemblerait plutôt à une simple leçon de botanique ! On se demande même pourquoi Jésus raconte cette parabole.

Et moi-même je me suis aussi posé la question ; et j’ai trouvé, en réfléchissant un peu, que cette parabole n’est pas si plate qu’elle en a l’air quand on la lit un peu trop rapidement. Elle contient même un enseignement très encourageant pour moi, pour nous tous, individus et paroisse et Eglise.

Reprenons les différents éléments de la parabole et nous allons trouver cet encouragement.

1) Un semeur sème dans un champ.
C’est qui, le semeur ? C’est nous, c’est moi, c’est chacun d’entre nous.
C’est quoi, cette semence que nous semons ? En recoupant avec les autres paraboles qui parle de semence, on trouve assez facilement que c’est la Parole de Dieu, autrement dit, que ce soit du temps de la première église que du notre, c’est le témoignage rendu à Jésus-Christ, un témoignage qui peut prendre différentes formes : église, paroisse, notre vie (paroles, attitudes, actes).
Et le champ, que représente le champ ? C’est le vaste monde qui nous entoure, la famille, les amis, les voisins, le quartier, l’école, l’atelier, le monde au près comme au loin.

2 et 3) Le semeur ne fait rien. La semence grandit toute seule (lire 27 et 28).
La semence grandit toute seule. On a un peu l’impression que le semeur voudrait faire des choses pour aider la semence à germer et à grandir (engrais, arracher les mauvaises herbes, arroser, mettre un épouvantail, protéger par un filet, passer la nuit à surveiller le champ avec un fusil...), on a aussi l’impression que le semeur se fait beaucoup de mouron pour la mignonne petite graine qu’il a semée, il a peur qu’elle ne germe pas, qu’elle ne donnera rien, il a peur qu’elle soit étouffée, dévorée par les oiseaux.

D’un côté, c’est normal qu’il se soucie de sa petite graine chérie, mais d’un autre côté, on aimerait lui dire : « Mais ne t’en fais comme ça, la graine, tu l’as semée, et dans la bonne terre. Alors, du calme, ne te fais pas tellement de soucis, quoi que tu fasses, la graine, elle germera. »

Bon, alors, c’est bien beau tout cela, mais qu’est-ce cela signifie pour nous ? Où se trouve l’encouragement ?
Et bien voilà :
Nous sommes donc comme des semeurs qui sèment la « Bonne Nouvelle ». Nous le faisons par nos paroles, notre vie, par nos actes.
Nous semons, nous témoignons tant bien que mal, et c’est là que nous risquons de devenir comme le semeur de la parabole : inquiets, soucieux. La semence va-t-elle germer ? Tout ce qu’on fait, est-ce que ça va porter du fruit ? Est-ce qu’on aura un beau champ de blé que tous vont admirer ?

Quand on regarde la situation de notre Eglise, de nos paroisses qui s’amenuisent, des finances qui baissent, etc…« ce sont toujours les mêmes qui travaillent, où est la nouvelle génération, les gens sont devenus indifférents, il n’y a presque plus personne au culte... » oui, on pourrait effectivement se faire beaucoup de soucis, se poser beaucoup de questions…

Ces questions, ces inquiétudes peuvent très vite devenir un fardeau lourd à porter, surtout pour les responsables, les CP, ceux qui sont engagés depuis des années et qui ont l’impression de « pédaler dans la choucroute » : on se sent coupables, ou impuissants, fatigués, découragés…

Eh bien, la parabole nous dit : « Non, ne vous décourager pas, ne baissez pas les bras. Ne vous poser pas tous le jours toutes ces questions culpabilisantes et paralysantes. Tout ce que vous avez à faire, c’est de... semer ». C’est tout !

Nous semons, nous témoignons, nous aimons, nous aidons, nous accueillons, mais nous ne pouvons pas provoquer la germination, nous ne pouvons pas tirer sur la petite tige qui sort à peine du sol au risque de perdre l’épi.
Notre responsabilité, c’est de semer. La germination, c’est de la responsabilité de Dieu, la germination, c’est Dieu qui la produit, la croissance, c’est Dieu qui la provoque. Secrètement, mystérieusement, et souvent, ça prend du temps, des semaines, des mois, parfois même des années...

Il nous arrive même de croire que la graine a péri et puis soudain, à travers un événement particulier, la voilà qui germe, la voilà qui prend vie, qui se déploie, et qui porte à son tour des fruits.

Voilà ce qui m’encourage et garde mon cœur et mon esprit dans la paix : Dieu est le maître de la moisson. Nous, nous semons, lui, il fait germer, en son temps, à sa manière, quoi que nous fassions ou ne fassions pas, ou de travers, quoi que nous nous en fassions... du souci !

Et s’il y au moins une chose que nous puissions faire, et encore, ce n’est pas une action directe, c’est d’entourer la semence par la prière, c’est de confier notre monde au Dieu de la vie.

Semons, prions, le Seigneur fera le reste.

Cette assurance, cette paix, cette attitude de confiance, c’étaient aussi celles du plus grand missionnaire de Nouveau Testament ; et j’aimerais alors simplement terminer ce message par ces paroles de l’apôtre Paul, paroles qui illustrent très bien la parabole de la semence qui grandit toute seule : « Moi, j’ai planté, un autre a arrosé, mais c’est Dieu qui fait croître. Peu importe, en fait, qui plante et qui arrose. Ce qui compte, c’est Dieu qui fait croître. »

Alors : confiance, notre petit travail, notre petit témoignage n’est pas vain : un jour, la semence lèvera. Pour la plus grande gloire de Dieu, et pour notre joie !

Amen !

 


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