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Interreligieux 


Jésus a fait sa part
faisons la nôtre

Conclusion à la réunion des groupes du Parvis du 11 novembre 2023

Jacques Musset

  


13 novembre 2023


On m’a demandé de dire une parole de conclusion à cette riche matinée de partages et de témoignages portant sur le thème : La voie de Jésus de Nazareth, toujours d’actualité ? Comment la voyons-nous actualisée ou à actualiser dans notre monde ? Quelles questions pose son actualisation à ses disciples vivant en ce début du XXIe siècle ?

 

On m’a soufflé le titre de ma brève conclusion : « Jésus a fait sa part, faisons la nôtre. » C’est le titre d’un de mes livres, emprunté à Bernard Feillet. A une dame qui lui demandait comment Jésus réagirait face à une situation devant laquelle elle était désemparée, il répondit :
- « Jésus a fait sa part, faisons la nôtre ».

La réponse de B. Feillet reste toujours valable. J’en explicite le sens en trois courtes réflexions au regard des vôtres et des témoignages de ce matin.

 

• 1 •  Jésus a fait sa part et il l’a faite définitivement dans les conditions singulières où la vie l’a placé, dans la Palestine de la première moitié du 1er siècle de notre ère. Inspiré intérieurement par la voix des prophètes qui était au plus intime de sa conscience la voix de son Dieu - à savoir que le véritable culte rendu à Dieu, c’est de promouvoir en acte la dignité de ses frères humains - il a lutté contre tout ce qui asservissait, marginalisait, humiliait, culpabilisait, discriminait ses compatriotes.

 

Il s’en est pris à sa religion devenue légaliste et ritualiste ; aux différents pouvoirs pratiquant l’injustice ; à tout ce qui dans les comportements humains est inhumain :  l’orgueil, le culte des apparences, l’addiction à l’avoir, l’auto-suffisance, la volonté de puissance, le mensonge, le mépris, etc…). Prenant le risque d’être lui-même marginalisé et liquidé, il a été fidèle à cette exigence d’humanité qui l’inspirait au plus intime de lui-même. Il y a laissé sa propre vie. 

 

Alors que, socialement et religieusement, il paraissait être sur la croix romaine la figure même de l’échec, à rebours ses disciples et apôtres, qui avaient été témoins jour et nuit de ses paroles et de sa pratique libératrice, ont proclamé qu’il avait été et qu’il demeurait le vivant par excellence, voie, chemin et vie pour tous celles et ceux qui emprunteraient sa voie. Telle est le cœur de la foi chrétienne : Jésus a révélé ce qu’est la vraie Vie en la suscitant et il en a désigné la Source ; il l’a fait et il l’a très bien fait. Aux humains de poursuivre la tâche.

 

• 2 • Nous qui nous disons ses disciples, nous n’avons donc pas à attendre que Jésus fasse à notre place le travail d’humanisation qui nous revient, à la fois en nous-mêmes et dans le monde où nous vivons. Jésus demeure notre inspirateur mais il est illusoire de croire et d’attendre qu’il puisse faire le travail à notre place. Le Jésus de l’évangile de Jean – relisez les chapitres 14 à 16 - invite fermement ses disciples à prendre le relais et les rassure en les confortant : « Moi parti, dit-il en substance, le Souffle intérieur ne vous manquera pas ; si vous m’êtes intérieurement uni, vous ferez les œuvres que j’ai faites et de plus grandes encore ! ».

 

Il est donc une foule de prières et de pratiques sacramentelles qui sont des impasses ;  du type :  Jésus, fais que la paix revienne  entre les israéliens et les palestiniens ; ou encore  ce qui est la même chose : que ton Esprit  transforme nos cœurs, et éclaire-nous  sur ce qu’il faut faire. Dans ces cas-là on considère Jésus toujours à l’œuvre sur le chantier en train de suppléer aux déficiences de ses disciples et on fait de l’Esprit avec un grand E une sorte de présence toute puissante qu’il suffit d’implorer pour qu’il donne les bonnes réponses.

 

On voit bien dans la réalité que c’est une imposture.

Tout autre est la manière de nous laisser inspirer par le message et la pratique de Jésus. Pour cela méditons les évangiles, soyons présents à nous-mêmes éclairés par son témoignage, stimulons-nous par le partage communautaire de la parole évangélique et des échos qu’elle a dans chacune de nos vies, exerçons-nous sans cesse à la lucidité, seul et avec les autres ; entraînons-nous à percevoir les situations où il importe, à longueur de vie, de nous engager pour les humaniser autant qu’il est possible, sans nous décourager ni croire naïvement  aux lendemains qui chantent.

 

Car la tâche d’humanisation en chaque être humain et dans le vaste monde à tous les niveaux sera toujours à promouvoir. Conçue de cette manière, l’existence chrétienne est une heureuse et stimulante aventure :  nous sommes aimantés par le témoignage de Jésus et pleinement responsables de l’actualiser dans le monde qui est le nôtre, lequel n’est plus celui où Jésus vivait.

 

• 3 • Mais l’humanisation du monde n’est pas le monopole des chrétiens, elle est de la responsabilité de tous les humains, quelles que soient leurs sources d’inspiration : traditions spirituelles diverses, écoles philosophiques, références aux valeurs de leurs pays.  Toutes les voies d’humanisation se rejoignent en leur fond, car elles émanent les unes et les autres, sans qu’elle se soient concertées, de l’expérience qu’ont vécue, au cours des siècles et aux quatre coins du monde, des hommes et des femmes soucieux de créer des conditions de vies favorisant la justice, la fraternité, le respect mutuel, l’ouverture à plus grand qu’eux-mêmes. Jésus a été de ceux-là.

 

De ce fait, il est tout naturel qu’aujourd’hui les humains si divers d’origine, religieux et non-religieux, s’unissent pour humaniser leurs sociétés, au plus près comme au plus loin. Dans cette perspective,  nous chrétiens, nous ne pouvons que nous situer comme partenaires et éprouver du plaisir à le vivre ; en effet, nous découvrons en  nous impliquant  dans des engagements communs  la qualité intérieure  avec laquelle s’investissent  d’autres humains,  croyants, athées ou agnostiques ; nous nous rendons compte que, pour nous-mêmes comme pour nos compagnons, la Source à laquelle chacun puise est notre propre conscience, d’où naissent les exigences intimes qui nous font  nous engager  et durer dans nos engagements.

Au moment même où nous chrétiens occidentaux devenons une minorité dans notre monde sécularisé, comment ne pas nous réjouir en percevant que l’humanisation du monde sous toutes ses formes est assurée par une foule d’humains de toutes obédiences ? Car en définitive, l’essentiel n’est pas que l’Église demeure imposante comme autrefois (ce qui désole nombre de nostalgiques) mais que la voie de Jésus se perpétue quels qu’en soient les artisans.  Ce nécessaire décentrement, loin d’être une faillite, ouvre le regard et fait vivre en vérité.

 

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