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Dialogue interreligieux



 

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Des participants à la prière finale
de la 11e assemblée du Conseil Œcuménique des Églises, le 8 septembre

A Karlsruhe,
les Églises autour d'une même table


Matthias Wirz
correspondance de Karlsruhe


article paru dans l’hebdomadaire protestant Réforme
le 15 septembre 2022


La 11eassemblée générale du Conseil œcuménique des Églises
s’est conclue le 8
septembre.
Au-delà des déclarations et des rapports finaux,
que peuvent en retirer les Églises pour nourrir leur vie chrétienne
?
Analyse.


Neuf jours de rencontres et d’échanges, près de 700délégués d’Églises de toutes les régions du monde, plus de 2000autres participants, dont plusieurs centaines de journalistes accrédités. Des temps de célébration matin, midi et soir, des assemblées plénières et une étude biblique chaque jour, de même que des dizaines d’ateliers et de débats en plus petits groupes… Bien des chiffres résument l’événement unique qu’a été la 11eassemblée générale du Conseil œcuménique des Églises (COE), qui s’est tenue du 31août au 8septembre à Karlsruhe (Allemagne). Mais qu’en reste-t-il de tangible? Quelles retombées cette grande kermesse interconfessionnelle planétaire peut-elle avoir pour les Églises, localement et sur le long terme?

Dans un tel rassemblement, «l’œcuménisme n’est pas une fin en soi mais un moyen pour avancer sur des engagements de terrain, au service de l’humain et des humains», soulignait le journaliste et théologien protestant Michel Kocher à l’ouverture de cette réunion d’Églises, la plus représentative au monde, qui a lieu tous les huit ans.


Des déclarations aux actes

Et du point de vue de l’engagement, l’assemblée de Karlsruhe n’a pas déçu, du moins dans ses déclarations. Elle a accouché d’un message final aux Églises, certes plutôt consensuel, intitulé «Un appel à agir ensemble». Mais elle a aussi approuvé diverses déclarations plus pointues touchant, entre autres, à l’établissement de la paix au niveau mondial, et plus spécifiquement en Ukraine –dont l’invasion est qualifiée d’«illégale et injustifiable», aussi a-t-il été appelé à un cessez-le-feu–, à la «paix pour tous au Moyen-Orient», ou encore aux droits de la Terre, dont les violations «intensifient les souffrances des personnes les plus pauvres et les plus marginalisées».

Il appartiendra désormais aux instances dirigeantes du COE (renouvelées au cours de cette assemblée) de les traduire en programmes concrets. Mais il reviendra surtout à chaque église locale d’en méditer les formulations, pour les incarner en actes dans leur propre réalité. C’est là qu’elles pourront inspirer des pratiques et dès lors se concrétiser. Faute de quoi cette «ONU spirituelle chrétienne» restera ce «machin qu’on appelle COE», pour paraphraser la formule du général de Gaulle à propos des Nations unies.


Justice climatique

Il en va de même pour les liens noués à l’assemblée: ceux qui ont entendu à Karlsruhe les voix de chrétiennes et chrétiens très divers, qui ont découvert des réalités que bien souvent ils ignoraient, ont désormais à les faire résonner dans leurs cercles, pour que ce réseau s’étoffe, notamment au plan politique. Car pour les 352Églises représentées au COE, le sommet de Karlsruhe constituait en particulier une occasion à nulle autre pareille de rencontres, de contacts, notamment entre responsables ecclésiaux, mais aussi avec la base des fidèles, très largement représentée.

L’assemblée s’est aussi faite la caisse de résonance de nombreuses causes et de divers groupes de pression, sur la justice climatique, la situation de groupes minoritaires ou des populations autochtones. «Les Églises des pays qui émettent le plus de gaz à effet de serre doivent prendre le temps d’écouter les communautés du Sud, beaucoup plus touchées», plaidait ainsi en substance la protestante panaméenne Jocabed Solano, du peuple indigène insulaire Kuna, en Amérique centrale.


Une large plateforme de dialogue

L’assemblée du COE a précisément permis de mettre tous les partenaires ecclésiaux de la planète autour d’une même table, durant quelques jours, malgré leurs divergences, voire leurs contradictions. Comme autour de la grande table commune d’une collocation, la pasteure réformée suisse rencontrait «le métropolite grec qui ne peut pas accepter que des femmes soient membres du clergé. Le baptiste des États-Unis, qui considère que l’avortement est un meurtre et l’homosexualité un péché, vivait en ménage avec la pasteure suédoise lesbienne. Des chrétiennes et chrétiens ukrainiens rencontraient des Russes», prêchait la présidente de l’Église réformée de Suisse, Rita Famos, lors d’un culte, le 4septembre.

Assurément, cette volonté d’inclusion au sein d’une large plateforme de dialogue a pu émousser la formulation ou la portée idéologique de certains textes produits par l’assemblée. Mais Karlsruhe a de cette manière rappelé aux Églises «le mandat qui est le leur: celui de l’unité chrétienne», pour lequel le COE a été créé en 1948, comme l’a souligné le métropolite Job de Pisidie, du patriarcat de Constantinople. Un mandat qui est le soubassement de toutes les actions entreprises par l’institution, et sans lequel ces dernières s’atrophient en pur activisme, martelait l’évêque orthodoxe lors d’une conférence de presse.


«
Justice, réconciliation et unité»

L’assemblée de Karlsruhe peut être vue comme une parabole. Elle a manifesté que cette «unité commence par des relations», comme l’expliquait la nouvelle présidente du COE pour l’Europe, la pasteure réformée anglaise Susan Durber – même si cette unité «n’attend pas une bureaucratie ou même une hiérarchie communes», précisait l’archevêque anglican de Cantorbéry, Justin Welby.

Cette parabole, qui inspirera le mouvement œcuménique pour les années à venir, peut inciter les membres de toutes les Églises à s’engager à leur tour dans le «pèlerinage de justice, réconciliation et unité», auquel un autre document adopté au terme de l’assemblée invite les chrétiens, comme les divers partenaires œcuméniques.

 

 

 


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