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Joe Biden

un Président catholique

qui divise son Église


 

Noémie Taylor-Rosner

correspondance de Los Angeles

 

publié dans l'hebdomadaire protestant Réforme
du 2u 25 mars 2021

 

26 mars 2021

Contrairement à John F. Kennedy, qui bénéficiait du soutien de près de 80 % de ses coreligionnaires,
Joe Biden ne fait pas l’unanimité chez les catholiques américains.
En cause : ses positions progressistes sur l’avortement et le mariage homosexuel,
que plusieurs figures de l’Église catholique n’ont pas hésité à dénoncer publiquement.


Certains vantent son catholicisme empreint de justice sociale. D’autre l’accusent d’hérésie. Aux États-Unis, la foi de Joe Biden divise les quelque 70 millions de fidèles que compte le pays.

Lors de l’élection présidentielle, 49 % d’entre eux ont apporté leur soutien au démocrate tandis que 50 % lui ont préféré son adversaire républicain, Donald Trump, selon des chiffres de l’Associated Press. En 1961, John F. Kennedy avait, lui, pu compter sur le vote de 78 % des catholiques américains.

Si ces croyants sont aujourd’hui aussi fortement polarisés, c’est en partie en raison des positions libérales de Joe Biden sur l’avortement, le mariage homosexuel ou encore les questions de genre.

Le président démocrate a beau être un catholique très pratiquant, se rendant presque tous les dimanches à la messe, certains de ses coreligionnaires traditionalistes goûtent peu le virage progressiste qu’il a opéré ces dernières années sur les questions de société. Bien qu’il continue aujourd’hui de se dire opposé à l’avortement à titre personnel, l’ancien vice-président de Barack Obama a progressivement adopté une attitude de plus en plus ouverte vis-à-vis des femmes qui souhaitent y avoir recours, afin de s’aligner sur la position « pro-choix », majoritaire au sein du Parti démocrate.


L’Église catholique mal à l’aise

L’arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche a suscité un fort malaise au sein de l’Église catholique américaine, qui hésite depuis sur la stratégie à adopter. D’un côté, le fait de condamner publiquement un catholique au pouvoir risque de nuire aux intérêts de l’Église outre-Atlantique. De l’autre côté, se taire sur une question aussi centrale que l’interruption volontaire de grossesse (IVG) serait un renoncement trop important.
Le jour même de l’investiture de Joe Biden, l’ambiguïté de l’Église face à son arrivée était palpable. « La piété et l’histoire personnelle sont un vecteur d’espoir et d’inspiration », a écrit la Conférence des évêques catholiques des États-Unis dans une lettre louant l’engagement de longue date du démocrate « en faveur des plus pauvres ainsi que l’exigent les Évangiles ». Mais dans la même missive, les évêques ont aussi ouvertement accusé le président américain de s’être « engagé à poursuivre certaines politiques, qui, d’un point de vue moral, pourraient faire progresser certains maux et menacer la vie et la dignité humaines, surtout dans le domaine de l’avortement, de la contraception, du mariage et du genre ».

Pour faire face à cette situation inédite, la Conférence des évêques a même créé une groupe de travail spécial chargé de répondre au mieux au défi « difficile et complexe » que pose un président catholique soutenant des positions contraires à celles de l’Église. D’ici quelques mois, ce groupe sera chargé d’élaborer un document déterminant si Joe Biden a le droit de recevoir la communion, un problème sur lequel les leaders religieux de l’Église sont très divisés. À l’automne 2019, le candidat catholique se l’était vu refusée par un prêtre d’une église de Caroline du Sud dans laquelle il s’était rendu pendant la campagne pour les primaires démocrates.

« Pas de pistolet sur la table »

« Nous ne voulons pas qu’un chrétien non catholique professe quelque chose auquel il ne croit pas. De même, l’intégrité exige qu’un catholique ne reçoive pas l’Eucharistie s’il agit d’une manière incohérente avec les enseignements catholiques fondamentaux », estimait récemment l’archevêque de Kansas City, Joseph Naumann.

D’autres, comme l’archevêque de Washington Wilton Gregory, mettent en garde contre ce type de pressions qu’ils jugent contre-productives. « Je veux entamer une relation qui nous permette d’avoir une conversation sérieuse, sachant très bien qu’il y a des problèmes sur lesquels lui et moi serons diamétralement opposés, note-t-il. Mais j’espère aussi pouvoir capitaliser sur des questions sur lesquelles nous pouvons avancer ensemble. Je ne veux pas arriver en posant directement un pistolet sur la table. »

Comme d’autres responsables religieux, Wilton Gregory espère notamment pouvoir convaincre le président démocrate d’avancer sur le dossier du statut des migrants, sur la défense de l’environnement ou encore sur les questions de justice et d’équité raciale.

Plutôt que d’attaquer frontalement le droit à l’avortement, certains estiment aussi qu’ils peuvent parvenir à faire baisser le nombre d’IVG en encourageant Joe Biden à adopter certaines politiques de soutien à la parentalité et aux familles.

Les désaccords au sein de l’Église catholique américaine concernant Joe Biden sont toutefois le reflet d’un problème bien plus profond. Les responsables catholiques aux États-Unis sont aujourd’hui tellement polarisés que certains évêques en viennent à défier l’autorité du pape. Au point que l’historien et théologien Massimo Faggioli, spécialiste du catholicisme, évoque l’ombre d’un « schisme ».

 


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