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Black Lives Matter

et le christianisme progressiste


 

Black Lives Matter and Progressive Christianity

 

Adrian Alker

théologien, Mission du Secours en mer


Président du Réseau du Christianisme Progressiste Britannique (PCN Britain)

 

 

traduction Gilles Castelnau

 

10 juillet 2020

Le philosophe Julian Baggini a dit, lors de son intervention à la conférence de PCN de 2019 que l’expression de « Christianisme Progressiste » était une tautologie car le progrès de l’humanité dans les domaines social, économique et de la santé est certainement une caractéristique des disciples de Jésus-Christ.
Il doit être évident que les chrétiens s’efforcent de collaborer à un monde où chacun a sa place, est aimé et respecté comme tous les autres. Un monde d’égales opportunités, d’égales possibilités pour tous.
Mais si PCN existe, c’est que le terme de Christianisme Progressiste qui devrait effectivement, être une tautologie (deux termes au sens identique), semble parfois, en réalité, être un oxymore (deux termes contradictoires), ce que pensent d’ailleurs de nombreux philosophes, les sceptiques et bien des gens de notre société.

Il est incontestable que durant ses deux mille ans d’existence, l’Église a agi et parlé en opposition à la vie des hommes bien plus qu’en leur faveur. La vie et l’enseignement du charpentier de Galilée a été écrasée sous le poids de l’Église établie et on peut à juste titre se demander l’influence de la chrétienté était plutôt bonne ou mauvaise.

Certes, dans le grand livre des comptes, la colonne « crédit » présente les actes héroïques positifs accomplis au nom de Jésus-Christ comme la construction d’hôpitaux et d’écoles, d’hospices et d’orphelinats jusqu’à la participation actuelle à des actions en faveur du développement et contre la pauvreté.
Mais la colonne « débit » révèle combien dans le passé l’Église s’est trouvée alliée aux idées du temps et à réussi à justifier avec des textes de la Bible aussi bien l’esclavage, que l’hostilité envers les personnes dont la sexualité était différente de la « norme » ou l’indifférence à l’égard des inégalités sociales.

L’« autre », qu’il soit musulman ou juif, homosexuel, divorcé ou enfant illégitime était considéré au mieux comme privé de la gloire de Dieu et au pire comme méritant la persécution.
Les effets inégaux du coronavirus sur les gens des minorités ethniques ainsi que la violence continuelle de la police à l’égard des Noirs mis en lumière par la mort brutale de George Floyd, ont provoqué un « kairos », un carrefour significatif des voies : c’est le « moment » où les sociétés du monde entier sont amenées à réfléchir aux conséquences de la discrimination raciale.

Black Lives Matter, les vies noires comptent. Que l’on croie en un Dieu créateur aimant ou que l’on soit animé de profondes convictions, toutes les vies humaines comptent.

Nous devrions tous imaginer marcher dans les chaussures d’un jeune adolescent noir issu d’un milieu défavorisé ou dans celles d’un demandeur d’asile récemment débarqué d’un misérable bateau en provenance d’un pays dévasté par la guerre. Les différents chrétiens progressistes seraient d’accord pour dire qu’en Jésus de Nazareth, « Dieu » marchait dans les chaussures de l’humanité.

« L’amour est descendu sur terre à Noël » écrivait la poète Christina Rosetti.
« Découvrir Dieu dans la pauvreté » disait George MacLeod.

Les chrétiens progressistes ont tous en commun la conviction que toute vie humaine compte, que la vie est sacrée et que l’amour, la compassion et la compréhension peuvent nous permettre de marcher réellement dans les chaussures des autres.
Toutes les grandes religions connaissent la Règle d’or disant de faire aux autres ce qu’on aimerait qu’on nous fasse.

En ce temps d’inouïe pandémie mondiale et de souci du monde entier concernant la discrimination raciale, les chrétiens progressistes feraient bien de se rappeler nos convictions fondamentales :
• Nous lisons et citons la Bible de manière honnête et intelligente afin de ne jamais l’utiliser pour dominer et opprimer les autres.
• Dans l’esprit de Jésus nous regardons tous les hommes avec amour et une vraie compassion sans discrimination de situation sociale, de genre, de race ou de langue.
• Nous croyons que l’image globale que la Bible nous donne du Rêve de Dieu pour le monde est celle de la justice et du droit, de la paix, de l’équité et de l’épanouissement pour tous.
• Nous nous impliquons avec passion dans le surgissement du Rêve de Dieu comme Jésus nous l’a montré en parlant du Royaume de Dieu.

Nous devons mettre en œuvres nos convictions à tous les niveaux, local, national et mondial.
Les églises, les mosquées, les pagodes et les synagogues peuvent toute jouer leur rôle en relation avec les organisations séculières dans la construction d’une société sans discrimination raciale. L’Église anglicane à laquelle j’appartiens me semble notamment avoir gravement failli en ne nommant pas suffisamment au sacerdoce les fidèles des communautés minoritaires.

Un grand mouvement de colère s’élève en ce moment contre les statues de personnages qui ont été complices de différentes attitudes d’oppression. Pourtant, les statues les plus nombreuses dans le monde entier sont certainement celles qui représentent le Christ en croix, qui symbolisent un amour profond capable de vaincre le mal et la souffrance, un amour qui peut nous unir tous dans l’esprit d’une famille humaine unie.

 


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