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Religieux mais pas spirituel


lien entre l’autisme et le christianisme progressiste

 

Religious, but not Spiritual

 

Erin Burnett

théologien, Mission du Secours en mer


article publié dans le bulletin Progressive Voices de PCN
juin 2020

 

traduction Gilles Castelnau

 

2 juillet 2020

Je voudrais retourner la formule habituelle « spirituel non religieux » en « religieux non spirituel ». En effet, j’ai toujours ressenti un profond intérêt pour la pratique religieuse dont j’aime les traditions, l’esprit communautaire et le style de vie du christianisme. Je me suis pourtant toujours débattu contre les dimensions surnaturelles qu'elle attribue à la foi. Je n’ai jamais réussi à communiquer avec un Dieu « au ciel là-haut » alors que nous les humains étions « ici-bas sur la terre ».

Je suis passé d’église en église, j'ai pratiqué toutes le théologies possibles, en espérant réussir moi aussi à établir cette fameuse « relation personnelle avec Jésus » dont tous les autres semblaient jouir heureusement. Je suis allé étudier en faculté de théologie : la foi, dit-on, s’y renforce ou disparaît. J’ai pris comme sujet de mémoire final « La vie des adultes autistes dans l’Église ».

J’ai personnellement été diagnostiqué autiste à l’âge de 18 ans mais je n’avais jamais imaginé que cela pouvait influencer ma théologie. Trop souvent l’Église ne se préoccupe des marginaux que pour les assimiler à la communauté, renforçant ainsi le conformisme de sa théologie. Les théologiens de la libération du XXe siècle avaient une approche contraire : la réflexion théologique devait émaner des marges et prendre son indépendance à l’égard des normes établies.

J’ai compris que je n’étais pas un hérétique endurci dans un état de rébellion délibérée. Bien au contraire, ce sont des raisons neurobiologiques qui amènent les autistes à se débattre avec les idées surnaturelles qu’on cherche en vain à leur faire assimiler. De multiples recherches ( 1 ) ont mis en évidence le rejet que provoque l’autisme du théisme classique et de l’impossibilité qu’éprouvent les autistes à se représenter une divinité personnelle. Les autistes ont déjà énormément de mal à entrer en contact avec quelqu’un qui se tient en face d’eux. Que dire alors d’une entité qu’ils je peuvent même pas voir.
Et John Spong a dit : « Ce que l’esprit ne peut pas admettre, le cœur ne pourra jamais l’adorer. »

C’est toute la société qui est organisée autour de l’idée de norme et considère comme déviants ceux qui ne s’y adaptent pas. Comment alors les autistes peuvent-ils demeurer membres de communautés de foi sans devoir s’obliger à une manière de penser qui est pourtant fondamentalement incompatible avec leur vision de la réalité ?
En tant qu’autiste chrétien, j’ai un vif désir d’appartenir à un ensemble qui dépasse ma personne, suivre les enseignements de Jésus afin d’établir sur terre le Royaume de Dieu. Je suis incapable de communiquer avec un Dieu anthropomorphique mais je sais que Dieu est amour et que les autistes sont aussi capables que n’importe qui de donner et de recevoir de l’amour.

De nombreux autistes mènent une vie isolée dans l’incompréhension. Les Églises progressistes pourraient leur offrir une vie communautaire d’amour inclusif. Je pense que la tradition chrétienne progressiste est la plus ouverte à l’égard des non-conformistes comme moi.

On peut comparer l’accueil réservé par les Églises aux autistes et aux LGBT. De nombreuses dénominations progressistes se sont ouvertes aux LGBT, ne les considèrent plus comme un problème et développent un Évangile d’accueil qui les accepte sans crainte et sans condition.
On peut espérer que les Églises pourraient en faire autant avec les autistes en modifiant leur façon de les traiter et en les acceptant tels qu’ils sont dans leur réalité.
Il est clair que tous les autistes ne sont pas les mêmes, n’ont pas les mêmes besoins et notamment n’ont pas tous la même difficulté à conceptualiser une divinité personnelle.

Voici, pour finir, une citation proposée par un prêtre de paroisse : « Il vaut mieux être un “chrétien incroyant” vivant par la foi qu’un “chrétien sans amour” vivant de ses croyances. »

____________________

( 1 ) Heywood and Bering, 2010 ; Caldwell-Harris, 2011 ; Hutson, 2012).

 


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