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Church Times

Hebdomadaire de l'Église d'Angleterre
du 3 avril 2020



Rev. Mark Oakley

Doyen du collège St John de Cambridge, et chanoine théologien de la cathédrale de Wakefield

 

traduction Gilles Castelnau

 

9 avril 2020

En ces temps difficiles, nous faisons à l'université tout ce que nous pouvons, comme tout le monde. Je suis confiné chez moi et je passe mon temps à répondre à des emails et à des coups de téléphone d’étudiants anxieux à propos de leurs examens, de leurs recherches et... de leur santé mentale durant leur isolement.
Certains sont solitaires et ont besoin de nourriture ou simplement d’un face-à-face sur Zoom.

Quant à moi, trois ressources me sustentent : un tableau, une sentence et un livre.

Un tableau. C’est le Bon Samaritain de Jacopo Bassano, peint en 1562. Il est actuellement à la National Gallery de Londres. Il représente la parabole de Jésus dans son propre paysage (on reconnaît la ville où il demeure à l’arrière-plan. C’est une histoire se transpose dans notre propre pays et qui fait irruption dans notre propre vie.

On comprend que le Samaritain rassemble ses forces pour soulever le blessé et le placer sur sa mule. Jacopo Bassano n’exprime pas la sainteté par les mains jointes dans la prière d’une charité religieuse mais par de l’énergie, des muscles du dos tendus et de la sueur.
Je suis aussi sensible à la ressemblance de ces deux hommes. On dirait même des frères. Comme si la compassion instaurait une étroite relation humaine.
Accepter cette aide n’a pas forcément été facile pour le blessé auquel on avait toujours appris à éviter les Samaritains dont on critiquait la spiritualité. On pense bien que lorsqu’il se réveillera dans l’auberge, après ce qui vient de se passer, avec un mal de tête, une jambe blessée et... la note payée d’avance, il va changer la vision du monde qu’il n’avait jusque là jamais mise en question. Un nouveau chemin s’ouvre devant cet homme avec la mule et la lumière qui brille dans le lointain.

Une sentence. Dans la Bibliothèque saxonne de Dresde, il y a un petit ouvrage du 9e siècle qui se nomme le codex Boernerianus. Il contient les épitres de saint Paul, vraisemblablement transcrites par un moine irlandais. Il a été endommagé par l’eau durant la dernière guerre mais on peut encore très bien lire dans la marge une note – en vieil irlandais – qui dit :

Aller à Rome est de la peine pour rien.
On n’y trouve le Seigneur que l’on est venu y chercher
que lorsqu’on l’a amené avec soi.

J’ai essayé d’utiliser cette sentence dans ma prière et la fragilité de ma foi m’a saisi : je n’avais plus de roi à rencontrer et à prier. J’étais renvoyé à moi-même. J’étais obligé de repenser toute ma foi à nouveaux frais. Je n’avais plus de Roi à qui m’adresser, plus d’église où rencontrer des gens, plus de sortie de culte où échanger des plaisanteries et même la liturgie enregistrée sur ma tablette se trouvait vide.

Un livre. R. S. Thomas savait que nous étions créés par

Un Dieu au mouvement rapide, toujours plus loin que nous
et qui part lorsque nous le rejoignons.

Pourtant, en ces temps de coronavirus, je sens un rapprochement. Je suis un peu désorienté mais au lieu d’un problème, je vis ceci comme un présent (le double sens de ce mot a du sens !).

Sans surprise, le texte biblique qui m’apparaît aujourd’hui comme important est Matthieu 6.6.

Quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme la porte,
et prie ton Père qui est là dans le secret ;
et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.

Comme dans mon confinement, je passe davantage de temps seul, par exemple assis dans mon jardin, je colorie les apaisants poèmes de Mary Oliver. Elle m’aide à regarder le monde d’un œil neuf et concrétise la leçon que Thoreau découvrait dans sa cabane de bois :

Nous devons apprendre à nous éveiller et à demeurer éveillés
non par des médicaments
mais par ce que nous attendons toujours l’aurore.

 



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