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La dérive fondamentaliste
 

 

 

Antoine Nouis

 

 

article paru dans l'hebdomadaire protestant Réforme
6 juin 2019

 

 

9 juin 2019

Repères théologiques pur le dialogue avec l’islam (5/7)
Une religion doit s’analyser à partir de ses sommets, mais aussi de ses points obscurs.
Le fondamentalisme est une déviance issue du protestantisme qui s’étend à toutes les religions.

 

Dans l’article précédent sur la grâce, nous avons exploré ce qu'il y a de plus beau dans la théologie protestante et comment elle trouvait des échos dans la pensée musulmane. Si une religion ou un système de pensée peut s’appréhender par ses sommets, on ne doit pas se cacher les monstres qu'elle a générés dans l'histoire.

Dans un article, Paul Ricœur écrivait : « Une grande doctrine révèle ses lignes de moindre résistance aux perversions mêmes qu'elle permet ; on n'a jamais que la caricature qu'on mérite : à chacun ses monstres. »
De nos jours, l'islam connaît quelques dérives particulièrement redoutables alimentées par une lecture radicale du Coran. Dans ce domaine, le protestantisme a aussi quelques monstres dans ses placards. Nous ne devons pas oublier que la doctrine du fondamentalisme est née au sein de la tradition protestante.
 

Les fondamentaux de la foi

Le fondamentalisme est la position de ceux pour qui la Bible rapporte les faits tels qu'ils se sont déroulés, depuis la création du monde jusqu'à l'annonce du retour du Christ. Le terme est né aux États-Unis au début du XXe siècle pour souligner les fondements essentiels de la foi chrétienne en réaction à ce qui était considéré comme une dérive libérale. La liste de ces fondamentaux repose sur l'inerrance de la Bible, c'est-à-dire son infaillibilité.

Les fondamentalistes croient à la création du monde en sept jours, à la naissance virginale de Jésus, à son humanité exempte de péché, à ses miracles, à sa mort expiatoire et rédemptrice, à sa résurrection corporelle, à son ascension, à son œuvre médiatrice et à son retour personnel dans la puissance et dans la gloire. De nos jours, ces adeptes sont actifs dans le combat contre ce qu'ils considèrent des dérives de la modernité : l'évolutionnisme, l'autorisation de l'avortement et la complaisance vis-à-vis de l'homosexualité.

Cette idéologie est une maladie de l'interprétation qui réduit la parole de Dieu à une doctrine consignée dans un document. Le rabbin Jonathan Sacks a écrit à son sujet : « Le fondamentalisme consiste à lire les textes comme si Dieu était aussi simple que nous. Il y a peu de chance que ce soit le cas. » Comme les théories sommaires sont séduisantes, surtout en période d'incertitudes, l'intégralisme religieux se retrouve dans toutes les religions. Il cultive en outre un certain orgueil spirituel, car il donne l'illusion d'être dans une fidélité radicale, à la différence de toutes les autres lectures qui font des compromis avec la vérité de Dieu.
 

Une idolâtrie

Le fondamentalisme est une idolâtrie, car, en enfermant Dieu dans une doctrine, il le réduit à la compréhension que nous en avons, Ce peut être rassurant dans un premier temps, mais la foi ne nous permet pas d'échapper au risque de l'incertitude, car elle ne se présente pas à nous comme un savoir cadenassé, mais comme une rencontre. La théologie nous rappelle que Dieu peut être désigné, mais jamais enrégimenté.
 

Les défis de l’interprétation

En outre, le fondamentalisme est une insulte pour l'intelligence, car il suffit de lire les textes fondateurs pour s’apercevoir qu'ils sont traversés par des traditions divergentes. Malgré l'uniformité de son style, le Coran n'est pas moins pluriel que le Nouveau Testament, et cette diversité conduit au jeu des interprétations. Nous pouvons facilement appliquer au Coran ce que dit le Père de l'Église Origène : « Dieu a permis des faiblesses dans la Bible pour nous montrer que nous ne devons pas nous satisfaire d’une interprétation littérale de l’Écriture, mais pour que nous cherchions toujours son sens profond. »

 

« Dans l’islam, l’ijtihad est l’effort personnel d’interprétation »

Un lieu de fécondité dans la rencontre avec les musulmans est de faire dialoguer nos méthodes d'interprétation. On prête au théologien Karl Barth l'anecdote suivante. Alors qu'un étudiant lui demandait comment le serpent pouvait parler dans le jardin, il a répondu : « Il ne s’agit pas de savoir s'il a parlé ou s'il n'a pas parlé, l'important est de savoir ce qu'il a dit. »
Les Réformateurs ont dégagé un principe d'interprétation qui veut qu'un texte doit toujours être mis en relation avec celui qui s'y révèle, le Christ. Tout récit biblique doit être interrogé à partir de ce fondement : quelle parole christique, de grâce, peut-il transmettre ?

Dans l'islam, l'ijtihad est l'effort personnel d'interprétation. Il entretient l'intelligence de la foi, et appelle à un effort de réflexion collectif ayant pour but de promouvoir un islam qui est en phase avec son environnement social.

Dans les deux religions, la démarche croyante conduit à faire entrer le texte fondateur en résonance avec la vie pratique, nos questions, nos sentiments, nos peurs et nos soucis. Que ce soit dans le christianisme ou l'islam, Dieu appelle le fidèle à l’aimer avec toute son intelligence, ce qui revient à ne jamais abandonner le chantier de l'interprétation.
 

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