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Un culte

dans un cimetière de village

 

 

 

 

chanoine Helen Sammon

prêtre de la paroisse de Highnam dans le
diocèse de Gloucester, Angleterre

 

 

Church Times
Hebdomadaire de l'Église d'Angleterre
du 8 mars 2019

 

traduction Gilles Castelnau

14 mars 2019

Les visiteurs sont en grand nombre dans la plupart de nos cimetières paroissiaux de villages et les seuls sujets dont nous leur parlons généralement concernent les fleurs artificielles et les monuments funéraires, alors que nous pourrions établir avec eux un véritable dialogue pastoral comme nous le faisons lors des mariages, des baptêmes et des cérémonies funèbres.

Les paroisses dont j’ai été prêtre avaient toutes des cimetières que les gens fréquentaient énormément. J’ai l’occasion d’échanger plusieurs fois par semaine avec des paroissiens qui apportent des fleurs (des peluches ou de petits moulins à vent). Ce sont souvent des gens que je ne connaissais pas mais qui éprouvent le besoin de parler de leur deuil. J’ai ainsi rencontré beaucoup de tristesse et j’ai pu souvent prononcer quelques mots d’encouragement.

C'esst ainsi que j’ai eu l’idée de faire en 2017, un premier « service au cimetière ». J’ai choisi de le préparer avec des paroissiens peu pratiquants. Nous avons décidé ceci :

- Le service se déroulerait entièrement hors de l’église. Nous voulions nous adresser aux gens qui venaient souvent au cimetière mais n’entraient jamais dans l’église. Nous le ferions en été et nous espérions qu’il ne pleuvrait pas.

- Le service serait extrêmement simple et sans mots « d’église ». Il serait composé de textes et de prières sympathiques et – nous l’espérions – faciles à comprendre.

- Le service se déplacerait sur toute la surface du cimetière de façon que chaque participant passe à un moment à proximité de la tombe de sa famille.

- Le service serait bref (environs 25 minutes) et se terminerait par une tasse de thé-biscuit également à l’extérieur.

La question se posait de savoir comment l’annoncer puisque l’idée était d’atteindre des gens que nous ne connaissions pas forcément. Nous avons pris garde à notre langage et à la manière dont nous présenterions les choses : dans le cimetière, à l’extérieur, bref, des prières simples, du thé...
Nous l’avons annoncé dans notre bulletin paroissial et j’ai fait distribuer des dépliants à toutes les rencontres sociales diverses auxquelles je pouvais avoir accès dans le village. J’ai fait mettre un mois à l’avance des affichettes plastifiées à divers endroits du cimetière en espérant qu’elles seraient vues par les visiteurs.

Nous avions choisi un dimanche après-midi de juillet. Il ne faisait finalement pas beau. Mais alors que nous attentions dehors sous nos parapluies dans le cimetière, 35 personnes sont arrivées, certaines en famille, la plupart non-pratiquantes.
Nous avons commencé par la musique d’un cantique très connu joué par un CD sur la fenêtre de la sacristie. Puis nous avons commencé à circuler aux quatre coins du cimetière. Nous avions disposé quelques chaises à des endroits stratégiques pour ceux qui auraient besoin de s’assoir.
A chaque « station » nous faisions une lecture de textes connus et édifiants (Psaume 23, Psaume 121, Jean 14) puis nous laissions un instant de silence où nous suggérions aux gens parcourir du regard les tombes environnantes, depuis l’endroit où nous nous trouvions, en prenant conscience de l’amour de Dieu pour nous tous.
Puis nous avancions lentement. Les uns parlaient entre eux, d’autres marchaient en silence. Certains déposaient au passage des fleurs sur une tombe et lorsqu’ils le faisaient, le groupe s’arrêtait avec respect spontanément.

A la fin nous avons prononcé quelques prières et dit le Notre Père. A la suggestion d’un ami catholique, nous avons « échangé la paix ». Les gens qui ne se connaissaient pas ont pourtant très bien vécu ce geste, dans la mesure où ils étaient conscients de vivre tous des moments de peine.

Une vieille dame qui était venue avec sa fille en mémoire de son mari décédé depuis longtemps s’est écriée : « C’était magnifique, je ne vous remercierai jamais assez. »
Une autre dame est venue de plusieurs kilomètres de distance sur invitation d’un paroissien. Sa sœur avait été assassinée 30 ans auparavant. Elle a dit qu’elle n’avait pas le courage de surmonter sa peine pour venir sur sa tombe mais qu’elle était venue cette fois en pensant qu’elle serait soutenue par la présence et les prières des autres.

Nous avons recommencé l’année dernière, dans deux cimetières de villages. Il y avait nettement plus de monde que la première fois car les gens s’étaient invités les uns les autres. Après deux ans on disait qu’ « on avait toujours fait de tels services. »

Un cimetière n’appartient pas, comme une église, à une religion structurée mais c’est le lieu du souvenir des êtres aimés et une possibilité d’entrer librement et à sa manière dans la présence spirituelle de Dieu.
Un tel service annuel nous permet de faire, avec joie, ce que nous savons le mieux faire : partager une relation mutuelle fraternelle dans l’amour de Dieu.
Les gens qui viennent sur une tombe peuvent s’y trouver extrêmement solitaires, alors qu’en participant à un tel service ils prennent conscience qu’ils ne rencontrent pas seulement ceux qui sont morts mais qu’ils font partie de la communauté vivante de ceux qui, comme eux, éprouvent la souffrance du deuil.

Évidemment les lieux sont tous différents et chacun doit imaginer la manière dont de telles expériences peuvent être conçues.





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