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L'Angleterre est partagée

en deux tribus

 

 

Article publié dans l’hebdomadaire anglican Church Times
du 11 mai 2018

 

traduction Gilles Castelnau

16 mai 2018

Je viens de réfléchir au Brexit et à la mission de l’Église en lisant le livre de David Goodhart « The Road to Somewhere » (la route vers quelque part), Hurst, Books, 26 mai 2017.

Goodhart est un homme de gauche qui dit depuis des années que beaucoup des membres de la classe laborieuse et des électeurs de la classe moyenne-inférieure ne se reconnaissent pas dans les valeurs du libéralisme qui ont cours dans les médias, les milieux universitaires et les principaux partis politiques.

Il pense que le référendum sur le Brexit révèle la division de la société britannique en deux « tribus » : les « Partout » et les « Quelque part ».

Les Partout basent leur identité sur leur réussite professionnelle et sociale. Ils sont diplômés, ils demeurent dans des villes et ne sont pas gênés par les immigrés. Ils ont souvent tiré parti du libéralisme économique des dernières années.
Les Quelque part se reconnaissent plutôt dans leur lieu d’habitation et leur milieu familial (une fille de l’Essex, un garçon de la Tyne). Ils ont été désavantagés par le libéralisme économique mais surtout déstabilisés par la perte de leurs racines, du sens d’appartenance à une communauté, notamment au protestantisme. La nuit du vote du Brexit a été l’expression des Quelque part.

Pendant six mois après le Brexit, j’ai entendu nombre de sermons indignés (j’en ai dit un ou deux moi-même). Beaucoup de prêtres sont des Partout car leur existence est celle d’une identité satisfaisante, ils déménagent sans problème d’une ville à l’autre, ils n’ont rien contre l’immigration. Ils n’ont rien en commun avec la pensée « british » et le vague protestantisme des Quelque part.

Je reconnais volontiers être tout naturellement un Partout. Je regrette profondément le Brexit et je suis un protestant peu enthousiaste. Je trouve qu’il y a une sorte de trahison à vouloir quitter l’Europe. Plus profondément je me demande ce que « l’Esprit dit aux Églises » et à la société dans son ensemble de cette manifestation des deux « tribus ».

Je n’ai pas de réponse, mais je suis hanté par l’image de Jean-Paul II visitant la Pologne en 1979 : le jour de Pentecôte il a prêché à Varsovie un puissant sermon où il a souligné l’importance de la culture dans la formation de la personnalité humaine. A la fin il a invoqué l’Esprit avec la formule traditionnelle : « viens Saint Esprit et renouvelle la face de la terre » et frappant le sol de sa crosse, il a ajouté : « cette terre-ci ».

Le message était clair : c’était un appel à ses compatriotes polonais d’affermir leur identité chrétienne. Il fut considéré plus tard comme un élément déclencheur de la désagrégation du communisme soviétique.

Les questions d’identité et de culture relèvent, en fait, de la spiritualité. Il est important de se souvenir que Luc disait dans les Actes des Apôtres que chacun entendait la prédication de Pentecôte « dans sa propre langue ».



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