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Angleterre

Il est temps de repenser
la raison d’être
des parrains et des marraines

 

La discipline de l’Église anglicane ne correspond plus avec la réalité de la vie paroissiale

 

Rev. Robert Beaken

prêtre de l’Église de Bardfield, Essex, Angleterre

 

Article publié dans l’hebdomadaire anglican Church Times
du 4 mai 2018

 

traduction Gilles Castelnau

14 mai 2018

Une question qui peut faire difficulté avec les parents qui contactent leur paroisse pour un baptême est celle du choix des parrains-marraines.
La discipline de l’Église d’Angleterre demande qu’il y ait idéalement trois parrains ou marraines baptisés et confirmés. En effet, la confirmation complète ou conclut le baptême et les parrains-marraines associent l’enfant baptisé à leur foi.
Le texte de la discipline n’aide guère dans sa formulation : « l’exigence de confirmation peut être abandonnée dans certains cas » sans préciser quelles sont ces cas.

Très souvent, lorsque les parents me téléphonent pour demander le baptême de leur enfant, ils ont déjà choisi les parrains et marraines – généralement parmi leurs meilleurs amis ou leurs collègues de travail. Ils n’ont que rarement l’idée qu’être parrain ou marraine est un engagement religieux. Ils le voient plutôt comme un lien social : les parrains-marraines auront un regard amical sur l’enfant et lui feront peut-être du bien dans la suite de sa vie.

Lorsque j’étais vicaire, j’ai du dire à une famille qu’ils ne pouvaient pas choisir un parrain qui appartenait à une religion non-chrétienne et à une autre qu’ils ne pouvaient pas avoir un parrain qui se refusait catégoriquement à prononcer les engagements de la liturgie du baptême. Dans les deux cas la mère de l’enfant étaient embarrassée et furieuse contre moi.

En général, pourtant, lorsque j’explique que les parrains-marraines sont censés être eux-mêmes baptisés et confirmés, les parents le comprennent très bien. Ils peuvent la plupart du temps trouver quelqu’un de baptisé. Ils peuvent parfois trouver quelqu’un de confirmé. Si les parents doivent renoncer à quelqu’un qu’ils avaient déjà contacté et qui n’est pas baptisé, je leur propose souvent que cette personne pourrait néanmoins participer au baptême en se tenant devant les fonts baptismaux en tant qu’ « ami spécial » et ceci arrange souvent les choses.

Je souhaite néanmoins que l’Église d’Angleterre réexamine le rôle des parrains-marraines dans le monde moderne. La culture anglaise est aujourd’hui est sécularisée et nos contemporains ignorent de plus en plus notre langage religieux et ses rites. Les statistiques révélant la baisse du nombre de gens baptisés le confirment.

On assiste désormais à une sorte d’effet boule de neige à l’envers : la baisse du nombre de gens baptisés et confirmés entraine inévitablement la baisse du nombre de baptêmes et de confirmations. Les gens qui ont des difficultés à trouver un parrain qui soit à la fois baptisé et confirmé auront bientôt des difficultés à en trouver un qui soit seulement baptisé.
Accepter sans rien dire des parrains-marraines non baptisés et non confirmés n’est pas une bonne chose.

La question se pose : avons-nous aujourd’hui besoin de parrains et de marraines ? quel rôle jouent-ils en réalité ? de nombreux enfants baptisés iront-ils jusqu’à leur confirmation et seront-ils, toute les jours de leur vie, des disciples de Jésus-Christ grâce à l’influence de leurs parrains-marraines ?

Les parrains-marraines ne font pas partie intégrante du sacrement de baptême. Ce qui fonctionnait bien dans les paroisses il y a mille ans n’est plus forcément adapté aux conditions différentes du 21e siècle.

L’Église d’Angleterre se doit d’ouvrir un débat sur le baptême et le rôle des parrains-marraines si elle veut assumer ses responsabilités envers Dieu et envers les gens qui viennent demander le baptême pour leurs enfants.
Elle pourrait, par exemple, décider, après une réflexion approfondie, de maintenir l’exigence de parrains-marraines baptisés et confirmés, mais rendre leur présence facultative. Elle pourrait dire aussi qu’un seul parrain ou marraine suffirait et non plus trois comme actuellement.
On pourrait aussi imaginer une nouvelle catégorie de « sponsors » (ou « témoins » ou « compagnons de vie ») que l’on proposerait à ceux qui ne sont ni baptisés ni confirmés, qui ne voudraient pas faire de promesses religieuses durant la cérémonie, mais qui désirent s’engager envers l’enfant que l’on baptise.

Le fait que quelqu’un n’est pas baptisé ou confirmé ne signifie pas nécessairement qu’il n’est pas intéressé par le christianisme ou qu’il lui est hostile. Peut-être que le baptême et la confirmation ne lui ont jamais été expliqués ou peut-être n’a-t-il jamais eu l’occasion de demander le baptême et la confirmation. On pourrait dire qu’une famille peut « panacher » et avoir un parrain ou une marraine et deux « sponsors ».

Il est vrai que de telles solutions pourraient avoir des inconvénients, comme par exemple qu’un « sponsor » soit – à tort évidemment – considéré comme un parrain de seconde catégorie. Mais d’autres problèmes vont sûrement surgir si l’Eglise d’Angleterre ne se préoccupe pas de cette question des parrains-marraines dans une société en mouvement comme la nôtre.

Le premier pas serait de reconnaître franchement le fossé qui se creuse entre ce que notre discipline attend des parrains-marraines et la réalité quotidienne vécue dans les paroisses d’Angleterre.

La foi, comme la grippe, s’attrape des autres gens. J’espère que la parents, les parrains et les marraines et tous ceux qui participent à un baptême, le vivront comme une moment tonique qui sèmera en eux les graines de la foi ou renforcera la foi qu’ils ont déjà. Je ne voudrais pas que des enfants demeurent sans baptême simplement à cause de al difficulté qu’il y aurait eu de trouver des parrains-marraines convenables.

Le baptême est important et a des conséquences éternelles. Nous ne voulons pas le dévaloriser mais nous ne voulons pas non plus dresser contre lui – même par inadvertance – d’inutiles barrières.


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