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Différentes vérités


Separate Truths

 

Stephen Prothero

professeur de religion à l’Université de Boston (États-Unis)
article paru dans le Boston Globe du 25 avril 2010
Sélection effectuée par Shirley Dixon de Titahi Bay (Nouvelle Zélande)


Traduction Gilles Castelnau


19 mars 2017

Il est dangereux de penser que les religions représentent des chemins différents pouvant menant à une sagesse unique. C’est pourtant, depuis au moins les années 1960, l’habitude à la mode que d’affirmer par un prodige d’imagination que toute les religions sont d’une part essentiellement les mêmes et d’autre part fondamentalement bonnes.

Il y a pourtant des différences qui comptent.

Depuis toujours les fidèles voyaient leurs concurrents religieux comme des inférieurs. Cette manière de penser conduisait évidemment à la violence ; ce fut l’âge des Lumières qui introduisit l’idée de tolérance qui améliora incontestablement notre situation.
Toutes les religions sont d’accord pour partir de l’idée que le monde ne va pas bien. Mais elles divergent quant à la manière de l’expliquer et surtout sur ce qu’il faudrait faire.

Les chrétiens voient le péché comme un problème humain et le salut comme venant de Dieu.
Les bouddhistes disent que le problème est la souffrance et que le but est d’en être libéré.
Les confucianistes voient plutôt le problème dans le désordre et l’ordre social comme le but à atteindre.
Et ainsi de suite. Les hindous recherchent la libération du cycle de vie-mort-renaissance et les musulmans le paradis par la soumission à Allah.
Dans le taoïsme et le bouddhisme l’expérience est centrale.
Dans l’hindouisme et le judaïsme c’est la dimension narrative.
Dans le confucianisme, l’éthique.
L’islam est largement ritualiste.

Quant au christianisme, il est particulièrement centré sur la doctrine et il y a une longue lignée de penseurs chrétiens pour qui le salut est le but de toutes les religions et en tirent la conclusion que seuls les chrétiens peuvent y parvenir.

La notion de salut est caractéristique du christianisme et elle est corrélée à l’idée de péché.

Mais les confucianistes et les bouddhistes n’ont pas la notion de péché et ignorent ce que peut signifier d’en être sauvé. Et si les musulmans et les juifs ont bien l’idée du salut et du péché, ils ne disent jamais que le salut consiste à être sauvé du péché.
Lorsque le geôlier demande à Paul « que dois-je faire pour être sauvé ? » (Actes 16.30) sa question n’a pas de résonance universelle mais elle est typique de la pensée chrétienne.

Prenons une analogie dans le monde du sport. Lequel de ces quatre jeux - baseball, basket, tennis ou golf – suscite le plus de « courses » ? la réponse est évidemment le baseball puisqu’il n’y a pas de « courses » dans les autres sports. Les joueurs de basket ne s’y préoccupent pas de réussir des « courses » et leur en faire le reproche est ne pas comprendre à quoi consiste ce jeu. De même que multiplier des « courses » est caractéristique du seul baseball, de même se préoccuper du « salut » est le fait du seul christianisme.

Si on considère que le péché représente la situation désastreuse dans laquelle se trouve l’humanité et que le salut en est la seule issue, il faut évidemment compter sur le Christ. Mais ce genre de raisonnement ne concerne en rien les fidèles des autres religions.

Prétendre que les religions ne sont pas vraiment différentes les unes des autres donne un sentiment de sécurité et d’équilibre moral. Mais notre monde n’en est pas plus uni pour autant. Comme toutes les attitudes ignorantes cela ne peut rendre la situation que plus dangereuse.

Ce qu’il faut est considérer de manière réaliste sur quels points les religions se séparent véritablement et sur quels points elles peuvent se mettre d’accord.

Les choses sont comme elles sont. La tolérance et le respect ne sont que des vertus vides de sens aussi longtemps qu’on n’a pas compris ce qu’il faut tolérer et respecter.



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