Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français


Dialogue interreligieux

 



En 2017

pourra-t-on célébrer la Réforme

avec les catholiques ?

 

Article paru dans l'hebdomadaire protestant Réforme
le 5 février 2015

 

 

2017 sera le 500e anniversaire des 95 thèses de Martin Luther

qui marquent la naissance du protestantisme.

 

pasteur Jean-Paul Morley

 

6 février 2015

Mea culpa : j'avais peu de confiance en ce nouveau pape, François, réputé conservateur ; et encore moins en la capacité de la curie d’accepter de vraies réformes. Puis, voyant ses initiatives, j’avais considéré le nouveau pape comme très habile dans l'affichage et la communication.
Mais je l’attendais sur trois points : accepter l'intercommunion, autoriser le mariage des prêtres et femmes prêtres, renoncer à son pouvoir personnel.

Et voici que nous avons un pape magnifique ! Et probablement historique - s'il ne lui arrive rien. Et déjà habile, de s’être montré populaire en vivant l'Évangile à travers des gestes symboliques, puis en renouvelant - et même nettoyant - son entourage, en particulier financier, pour ensuite s’attaquer à ce qui plombe le catholicisme mondial, et à travers lui l'image de la foi chrétienne. Sur deux fronts : la rigidité morale de l'Église officielle, et le conservatisme de la vieille curie.

Avec habileté : commencer par consulter le peuple catholique, beaucoup plus ouvert que la hiérarchie, afin de convaincre la curie d’assouplir les règles morales de l'Église (récent synode sur la famille). Puis critiquer publiquement cette curie pour la contraindre à accepter le changement (récents vœux à la curie). Un stupéfiant courage pour une belle leçon de politique et une vraie leçon d'Evangile !

Oui, je m'étais trompé, mea culpa. Si ce pape François réussit dans son projet, il aura mérité de s’appeler François comme François d’Assise, celui qui voulait reconstruire l'Église...

Une question nous est posée : devons-nous inviter des représentants officiels de l'Église catholique aux célébrations des 500 ans des 95 thèses de Luther ?

On le souhaiterait volontiers. Laurent Schlumberger président du Conseil national de l'Église protestante Unie le souhaite s'il s'agit de fêter ensemble l'Évangile. Mais il ajoutait prudemment que l'œcuménisme ne doit pas « amoindrir les différences des divers courants chrétiens ». Comment ne pas s'associer à sa prudence ?

Les 95 thèses furent une protestation face à l'Église catholique de son temps, à son égarement théologique et à la corruption de son clergé. Protestation qui lui valut d'être excommunié. Et d'être brûlé ou assassiné s'il n'avait été protégé par le prince de Saxe. Aujourd'hui, si le Vatican a reconnu voici quelques années que Luther avait théologiquement raison, il n’a toujours pas levé l'excommunication de ce moine rebelle. Rappelons que l'excommunication signifierait, si elle en avait le pouvoir, que Luther serait toujours en train de brûler en enfer...

Célébrer ensemble cet anniversaire ? Avec joie et reconnaissance ! Mais à la condition d'un geste significatif du Vatican à l'endroit de Luther et de ses disciples. Ce pape étonnant y est sans doute prêt. Car sinon ce serait accréditer cette idée, Souvent défendue par les catholiques que « nous sommes maintenant tous pareils » et « qu'il n'existe plus de différences que de forme, non de foi... »
Une célébration « œcuménique » de ce 500e anniversaire pourrait alors apparaître comme un jeu de dupes, permettant une récupération catholique de l'événement. Il nierait ainsi la différence entre nos deux confessions. Dans ce que Luther puis Calvin, revivant le combat de Jésus contre les scribes et les pharisiens, dénonçaient ne reste-t-il rien de vivace ? Si le culte à Marie n'est pas très grave, n'avons-nous vraiment rien à dire ou à opposer au refus de communier auquel se heurtent les divorcés catholiques ? Nous venons de voir à quelles difficultés et à quelles résistances se heurte le pape François pour atténuer cette cruauté... N'avons-nous rien à dire non plus sur le fonctionnement de l'autorité dans l'Église catholique, sa censure théologique, ses postures morales ?

 

Conditions minimales

Pour que la célébration de ce 500e anniversaire puisse réunir tous les chrétiens sans jeu de dupes, un geste solennel devrait être accompli par le Vatican. Au minimum : que l'excommunication de Martin Luther soit levée, et que l'intercommunion entre Églises chrétiennes soit enfin acceptée comme évidente et naturelle. Hors de telles conditions, comment célébrer ensemble les virulentes thèses de Luther ? Conditions auxquelles il nous faut en ajouter deux autres, de notre côté : d'abord, pendant ces célébrations, ne pas passer sous silence les désaccords qui persistent encore ; ensuite, prendre nous-mêmes exemple sur l’étonnant courage de ce pape...

Ce pourrait être une très belle occasion, Pour le Vatican, de faire un pas historique vers un véritable œcuménisme. Un pas auquel l'immense majorité du peuple catholique de France est déjà prêt, et que, sans doute, au fond du cœur, une grande partie du clergé a déjà franchi.

Le pape François en est certainement lui-même convaincu. Ne vient-il pas déjà, en demandant aux cardinaux d' « être "humains" » et de soigner leurs « maladies spirituelles » de donner raison à Luther, quand il nous disait tous égaux devant Dieu par le baptême ?

Un vrai protestant, ce pape ! Un tel geste marquerait son pontificat. Pouvons-nous espérer ?

 


Retour vers interreligieux

Retour vers la page d'accueil
Vos commentaires et réactions

 

 

haut de la page

 

   
  @

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.