La Maison Morin
Mathilde
Castelnau-Noyer
Non
loin de la place de lÕglise, droite en allant vers Chateauras, elle a trois
portes.
Pierre
Thodore Morin (1721-1800) acheta les pierres croules de Notre-Dame de la
Calle et btit la maison pour son fils tienne.
Il
acheta et fit dmolir les deux maisons voisines et fit construire la grande
faade. Ē Ma faade mÕempche de dormir Č, disait-il. Les deux ailes qui
largirent la terrasse donnent la maison son allure
Ē versaillaise Č.
tienne
et sa femme Jeanne Suzanne, leur fils Pierre Thodore lÕhabitrent de 1813
1824. Jeanne Suzanne prtait le salon bois pour la clbration de mariages qui
y avaient lieu car il nÕy avait pas de temple Dieulefit depuis la Rvocation
de lÕdit de Nantes en 1685 et jusquÕ la construction du temple actuel en
1810.
Lors de
la Rvolution, tienne qui tait maire de Dieulefit, recueillit dans la maison,
sur le conseil de Jeanne Suzanne et pour les protger des rvolutionnaires, les
objets prcieux de lÕglise catholique. Elle lui disait : Ē Personne
ne suspectera un protestant et en cas de raction, celui nous sera
compt Č. Ce qui eut lieu effectivement lors de la Terreur blanche.
Leur
fils, Pierre Thodore y demeura de 1813 1824 avec sa premire femme Annette
Pernette Moulini et avec sa seconde pouse Louise Mayor de Montricher de 1825
1859. Annette Pernette mentionnait les repas offerts au prfet dans le salon
rouge avec truffes et bcasses, du banquet de la Saint-Louis sur la terrasse,
de ses nombreux domestiques et du partage du linge lors de la mort de la
grand-mre Morin o dans sa seule part, elle reut plus de cent draps.
Thodore
Franois, son fils, mourut de la grippe. Son pouse Betay de Malsabrier
habitrent la maison de 1849 1870.
Leur
fils Raymond mourut aussitt de la scarlatine.
Mathilde Morin, pouse Morin, possda et occupa la maison de 1891 1927.
Sa
fille, Louise Donnedieu de Vabres, ne Morin 1862-1957) y vcut de 1927 1957,
date de sa mort.
Il ne
faut pas oublier Victor et Augusta Charpenne, mnage au service de la maison
(jardinier, maracher, bcheron et aussi valet de chambre styl). Augusta est
morte le 26 mai 1924.
A la
fin de sa vie, Louise Donnedieu de Vabres cda lÕglise protestante de
Dieulefit une grande partie de sa maison, nÕhsitant pas voir ses salons
spacieux aux parquets splendides devenir salles de culte ou de runions. Elle
ne voulait pas que la maison familiale, pleine de tant de souvenirs, soit
jamais vendue Š ce qui aurait pu la transformer peut-tre en htel (et voix basse,
elle ajoutait : É de passe !