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Kirill et l'Église d'Ukraine
 


 

Claudine Castelnau

 

 
13 juin 2022

 

Le 27 mai dernier, l’Eglise orthodoxe d’Ukraine a proclamé son autonomie totale vis-à-vis de la Russie et du patriarche Kirill qui préside l’Eglise orthodoxe russe et reste un ferme soutien de Vladimir Poutine. Ainsi, le Kremlin vient de perdre ses derniers fidèles orthodoxes ukrainiens qui représentaient une part importante de ses fidèles et de ses finances alors que les obus continuent de pleuvoir sur une partie du pays avec l’assentiment total de l’Eglise russe et de son patriarche. Rompre les liens entre le patriarcat de Moscou et l’Eglise orthodoxe russe d’Ukraine, c’est de fait rompre des liens canoniques de trois siècles. En 2018, déjà, l’autre Eglise orthodoxe ukrainienne était devenue une Eglise autocéphale, indépendante, avec la bénédiction du patriarche Bartholomé de Constantinople, primus inter pares de l’orthodoxie, ce qui avait provoqué la rupture avec le patriarche de Moscou en rivalité avec Constantinople. A l’époque, le président ukrainien Porochenko (qui a précédé Volodymir Zelensky) s’était félicité de la « véritable indépendance de l’Ukraine vis-à-vis de Moscou » et de la naissance d’une nouvelle Eglise « sans Poutine » et sans prière pour l’armée russe », avait-il déclaré. Pendant longtemps, l’Eglise orthodoxe russe d’Ukraine a été perçue comme la cinquième colonne du Kremlin dans le pays et malgré ses efforts pour raisonner Moscou, sa position était devenue intenable depuis l’aggravation du conflit. C’est ainsi que le 4 juin dernier, le responsable des relations extérieures de cette Eglise orthodoxe russe d’Ukraine expliquait, dans une interview au Journal du Dimanche que « Même en situation de guerre, l’Église se doit de respecter ses principes, comme celui consistant à adopter une attitude humaine envers les ennemis. Il se trouve que les régions où notre Église est implantée - l’est et le sud de l’Ukraine - souffrent de la guerre plus que les autres. Là-bas, les églises et les monastères sont victimes des bombardements, des civils et des militaires meurent. Et pourtant, depuis le début de la guerre, nous n’avons pas entendu de paroles de soutien du patriarche Kyrill de Moscou aux orthodoxes ukrainiens. » L’archiprêtre Mikoly Danylevitch relève aussi que depuis le conflit du Donbass en 2014, le chef de l’Eglise orthodoxe ukrainienne a appelé au dialogue et à la paix et rappelé que les croyants étaient « des deux côtés de la ligne de conflit. De même après l’invasion russe de l’Ukraine le 24 février, [les croyants orthodoxes d’Ukraine] attendaient une réaction similaire du patriarche de Moscou. » Mais rien n’est venu. Et l’archiprêtre ajoute : La Russie doit respecter l’indépendance et l’intégrité territoriale de notre État. Nous sommes convaincus que la guerre jusqu’au dernier soldat n’a pas de sens […] Tôt ou tard, les conflits se terminent par des négociations de paix. Et l’Église est appelée à tout faire pour qu’un tel moment arrive le plus tôt possible. » Et cet homme constate qu’en temps de guerre « il y a peu de place pour le compromis » avec l’Eglise orthodoxe ukrainienne indépendante mais que l’espoir de réconciliation demeure.

 

 

Le patriarche de Moscou, Kirill, a tenté de minimiser le danger de cette annonce d’indépendance de l’Eglise orthodoxe russe d’Ukraine en accusant des « esprits du mal » qui se seraient ligués pour « faire en sorte qu’un gouffre sépare » les orthodoxes de Russie et ceux d’Ukraine.  En fait Kirill est connu pour ses diatribes contre un Occident décadent, réduit aux gays prides et faisant de l’Ukraine un lieu d’affrontement métaphysique entre le bien et les forces du mal. Et le président des relations extérieures du patriarcat de Moscou lui a emboité le pas en dénonçant « des pressions sans précédent » sur le clergé et les fidèles de la part de « groupes extrémistes » et des « structures schismatiques », comprendre l’Eglise orthodoxe d’Ukraine du patriarcat de Kiev, désormais indépendante de Moscou. De là à voir dans ce « schisme » ukrainien « le « département d’Etat américain » il n’y a qu’un pas, franchi ! Quant à Kirill, ce sont des critiques politiques qui lui sont adressées comme son soutien à la guerre et non théologiques… Mais, la force de l’Eglise russe ukrainienne, c’est d’avoir pris la décision de manière collégiale, une majorité déclarant ne plus vouloir dépendre du patriarcat de Moscou et de Kirill. https://www.lemonde.fr/international/article/2022/05/31/le-patriarcat-de-moscou-minimise-la-volonte-d-independance-de-l-eglise-orthodoxe-ukrainienne_6128297_3210.html

 


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