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Une petite fille en larmes apporte des fleurs
devant la Robb Elementary School d’Uvale
(Tannen Maury/EPA-EFE/Shutterstock)

 

États-Unis

Massacres d'enfants


 

Claudine Castelnau

 

 
30 mai 2022

 
Une photo parmi d’autres : une petite fille en larmes le 25 mai. Comme sont en pleurs les autres petites filles  accompagnées de leurs parents qui viennent de déposer fleurs, peluches, bougies, devant des croix dressées à la hâte portant des noms d’autres petites filles, leurs copines, mortes assassinées par un dérangé mental et fou des armes à feu.

 

 Même scène à l’église du Christ, où la pasteur Marcela Cabralez tente de réconforter et de prier avec les parents et les enfants survivants au milieu de larmes et de sidération.  Et pourtant, pour l’éditorialiste du Washington Post qui s’était joint à ces prières, ces prières, fleurs, larmes, ne sont que l’image d’une « pieuse impuissance ». Et il demande : « Pourquoi rien ne changera après Uvalde ? »  

 

Mais parce que rien n’avait changé après Sandy Hook, une école élémentaire dans le Connecticut en décembre 2012, l’une des références dans l’horreur des « school shootings », où il y eut 27 morts, 2 blessés et le suicide de l’assaillant.

 

En fait presque chaque année les Etats-Unis sont frappés par la folie meurtrière avec des dates que tous retiennent comme celle de la Columbine High School à Littleton dans le Colorado où deux jeunes de 17 et 18 ans firent 21 morts et 13 blessés puis se suicidèrent.

 

Et l’éditorialiste du Washington Post de lancer vers le ciel : « Pourquoi quelqu'un ne fait-il rien pour empêcher les meurtre de masse d'enfants ? Pourquoi gaspiller nos efforts à faire appel à un Dieu silencieux ou absent ? » Et quel principe exige que l’on puisse acheter un AR-15 qui est une arme d’assaut, à 18 ans, au lieu de 21 ? Les fous de la gâchette répondent : « L'Amérique n'existerait pas sans l'héroïsme des jeunes adultes qui ont combattu et sont morts dans notre armée révolutionnaire. […] Est-ce une base légale et historique suffisante pour permettre à de jeunes adolescents  d'acheter des armes quasi militaires en 2022 ? Et d’accéder ainsi à une formidable puissance de feu ? » La raison historique avancée c’est que cela ressemble fort à un rite de passage pour les mâles américains mais que cela  confine à de « l’idiotie [meurtrière] »

 




 

25 mai le New Yorker titre :

« Est-ce que quelque chose va changer après Uvalde ? »

Au lendemain de la fusillade d’Uvalde, le Bureau Fédéral d’Investigation a publié un rapport sur les incidents par armes à feu en 2021 aux Etats-Unis. Soixante et une fusillades de masse ont été enregistrées l'année dernière, dont la plus meurtrière dans un supermarché du Colorado, où dix personnes ont été tuées, un bilan égalé il y a dix jours, dans un supermarché de Buffalo, dans l’Etat de New York, où 10 clients noirs ont été tués et 3 blessés par un suprémaciste blanc.


Un nombre de victimes dépassé la semaine dernière à la Robb Elementary School, d’Uvalde, Texas, où un jeune de dix-huit ans a tiré et tué dix-neuf enfants et deux enseignantes. Les premiers rapports indiquent qu'il a utilisé une arme de poing et un fusil. L’état des corps des victimes est tel que la police a dû faire des prélèvements d’ADN sur les parents pour identifier leur enfant ! A la tombée de la nuit, alors que la fusillade avait eu lieu en fin de matinée, nombre de familles désemparées attendaient toujours, sans nouvelles de leurs enfants.

 

Il s'agit de la deuxième fusillade dans une école, la plus meurtrière de l'histoire des États-Unis, après le massacre de décembre 2012 à l'école élémentaire Sandy Hook, dans le Connecticut, où vingt enfants et six éducateurs ont été tués, deux blessés et le tueur s’est suicidé.

 

« Finalement, écrit The New Yorker, Sandy Hook est également devenue l’échec du mouvement de contrôle des armes à feu : en 2013, après le massacre, une nouvelle interdiction des armes d'assaut, ainsi qu'un projet de loi exigeant une vérification des antécédents pour les ventes d'armes à feu, ont échoué au Sénat. Si une classe entière d'élèves de première année morts ne pouvait même pas inciter le Congrès à prendre des mesures sur le contrôle des armes à feu, rien ne le ferait. Et rien ne l’a fait. » […]

 

Et les larmes de crocodile des plus acharnés défenseurs de la liberté sans contrôle de la détention d’armes à feu qui aujourd’hui déclarent la main sur le cœur qu’ils sont « horrifiés et navrés » par Uvalde sont les mêmes qui sont membres d’honneur de la NRA (National Rifle Association) et n’hésitent pas à être largement subventionnés comme l’ex-président Donald Trump par la NRA lors de leurs campagnes électorales… Ainsi le 48e gouverneur du Texas, Greg Abbott – qui a signé l'année dernière sept lois sur les droits à posséder des armes à feu, dont une qui permet aux Texans de porter des armes de poing sans permis a déclaré que lui et sa femme « pleurent cet horrible perte d’Uvalde et exhortent tous les Texans à se rassembler pour montrer leur soutien indéfectible à tous ceux qui souffrent. »

 

C’est le même politicien républicain qui a, bloqué toutes tentatives de législation sur le contrôle des armes à feu. Alors que signifient ses « pensées et les prières » à ceux qui souffrent ? Des paroles hypocrite, vides de sens… Comme celles qui s’affichent sur sa page Twitter : « Guérir les cœurs brisés va prendre beaucoup de temps. Mais avec la générosité de nos compatriotes texans, nous pouvons commencer à recoudre le tissu d’Uvalde. Le Texas fournira toutes les ressources disponibles pour aider et soutenir les personnes touchées par la tragédie de la Robb Elementary School. »



 



 

Et toujours dans The New Yorker, un sursaut de colère contre « l’atrocité de cette culture américaine des armes à feu. » : « Mai est un mois que nous associons traditionnellement au printemps, à la Fête des mères, aux remises de diplômes. Cette année ce sera à un rite bien différent auquel nous sommes conviés : les funérailles. En une dizaine de jours, 44 personnes ont été tuées dans des tueries de masse dans notre pays. Un carnaval de violence qui confirme, entre autres, la lâcheté politique d’une large partie de nos élus et le simulacre des manifestations de sympathie qui ne se traduisent par aucun changement réel dans nos lois, notre culture ou nos penchants meurtriers. Dans les deux incidents meurtriers de Buffalo et d’Uvalde, la victime la plus âgée était une grand-mère noire de 86 ans à Buffalo et la plus jeune une fillette de 9 ans à Uvalde. Mais dans l’intervalle, il y a eu des massacres en Indiana, en Floride, en Californie, en Louisiane, en Pennsylvanie, en Caroline du Nord et ailleurs. Et si seulement 1% des morts par armes à feu sont dues à des tueries de masse, nous savons aussi que ces enfants souriants [d’Uvalde] ne sont plus vivants, que leur sourire est figé à jamais et que nous avons tous maintenant à vivre avec cela. »


 




 

Faithful America, un groupe de militants chrétiens américains pour la justice sociale et contre la droite religieuse écrit dans son dernier message après les deux tueries de Buffalo et Uvalde : « Nous applaudissons à ces voix prophétiques courageuses comme celle de la révérende Dr. Jacqui Lewis [une pasteur à la tête d’une communauté multiraciale à New York, qui milite entre autres pour un contrôle des armes à feu.] « La politique des armes à feu, déclare la pasteure, doit être un test décisif pour les élections de Novembre. Tout politicien qui refusera d'agir [contre les armes à feu] devra porter son refus comme une meule autour du cou, l’empêchant de se présenter à un mandat politique. » Faithful America cite encore le cardinal de Chicago, Blase Cupich : « Le deuxième amendement n'est pas venu du Sinaï [où le texte biblique raconte que Moïse a reçu des mains de Dieu les tables de la Loi au fondement du christianisme]. Le droit de porter des armes ne sera jamais plus important que la vie humaine », affirme le cardinal.


 

Enfin, l’archevêque Cordileone de San Francisco a annoncé que Nancy Pelosi, démocrate, présidente de la Chambre des représentants des Etats-Unis et catholique pratiquante est interdite de communion dans le diocèse de San Francisco pour avoir soutenu la politique en faveur du libre choix (ou en d’autres mots, de l’accès à l’avortement interdit par l’Eglise catholique). Cette interdiction de communion présentée par l’archevêque comme suivant les directives du pape est fausse. Le pape François n’a jamais réclamé cette excommunication et des évêques conservateurs américains qui avaient tenté déjà d’interdire la communion au président américain Joe Biden catholique et en faveur d’une politique ouverte sur la question de l’avortement avaient dû revenir sur leur décision… Enfin nombre de catholiques américains protestent contre cette interdiction de communier qui ressemble fortement à une arme utilisée contre les démocrates au pouvoir !

 

 


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