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Le burkini

 

Claudine Castelnau

 

 

23 mai 2022

Il aura fallu de longs débats sur la laïcité, des pressions et des affrontements pour que finalement le burkini soit autorisé dans les piscines municipales de Grenoble. Une association qui a pour nom « Alliance Citoyenne » très en faveur du burkini a célébré cette « victoire » qui en fait n’a été acquise que par deux voix pour (29 élus grenoblois ont voté pour modifier le règlement des piscines municipales et autoriser ce vêtement, 14 conseillers ont voté contre et deux se sont abstenus. Le maire Eric Piole, un écologiste, se retrouve donc avec 13 élus de sa majorité opposés au burkini. Une dissension publique, la première semble-t-il, exprimée contre le maire au sein de sa majorité.  Est-ce que cela valait le coup de plier devant une association musulmane jusqu’au boutiste et de mettre en danger les grands principes de laïcité et de liberté dont doivent bénéficier les filles musulmanes comme les autres ? Car les opposants à cette autorisation d’un vêtement chargé symboliquement ont raison de dénoncer un dogmatisme socio-religieux qui s’oppose au reste de la société et le risque pour des femmes musulmanes, de se voir imposer cette « tenue rétrograde » sous la pression de leur communauté. Comme on a déjà noté l’interdiction tacite pour les filles des jupes courtes, du rouge à lèvres, ou de la fréquentation de garçons, surtout lorsqu’ils ne sont pas de la communauté, dans les quartiers à forte densité franco-maghrébine. « Les opposants les plus inquiets voient dans le burkini la victoire d’une « volonté islamiste », relève Le Monde. Et une conseillère municipale et députée LRM, citée par le quotidien a dénoncé lors de la discussion avant le vote : « C’est même un débat dangereux dans ce qu’il mélange, dans ce qu’il oppose, dans ce qu’il fracture, dans ce qu’il envoie comme message. Sa portée est immense et votre responsabilité sera considérable » et elle a dénoncé « un renoncement sur le droit des femmes », accusant le maire de présenter « un texte d’un archaïsme incroyable pour son seul intérêt politique », tandis qu’un autre opposant soupçonne Eric Piole de vouloir capter des voix communautaires, dans une vision anglo-saxonne d’une « société fracturée ». Autrement dit, comme en Angleterre par exemple, une juxtaposition de communautés. Ou encore, comme Hasni Ben Redjeb, ce conseiller municipal de Grenoble, qui au nom de sa propre culture a affirmé que « trouver une dimension libératrice [au burkini] serait faire preuve de naïveté et d’aveuglement (…) ; en croyant se battre pour la liberté, on renforce l’oppression », ajoutant : « La population musulmane en a marre d’être montrée du doigt. » A ce vote autorisant le burkini dans les piscines municipales de Grenoble, le président de région Laurent Wauquier des Républicains a annoncé la suspension de toute subvention de la région à la mairie pour cause de « rupture avec la laïcité et les valeurs de notre République » et le préfet de l’Isère a annoncé un recours auprès du tribunal administratif : «  Cette délibération, dont l’objectif manifeste est de céder aux revendications communautaristes à visées religieuses, paraît contrevenir au principe de laïcité posé par la loi de 1905 ainsi qu’aux dispositions de la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République. » Après l’ « affaire des foulards » voici venu le temps de l’ « affaire » du burkini. » Et pendant ce temps, les femmes afghanes se trouvent doublement prisonnières au nom de Dieu : de leur corps désormais emprisonné sous une burka grillagée et de leur enfermement culturel avec des écoles interdites et des relations sociales réduites à néant. Alors l’affaire des burkinis à Grenoble paraît totalement absurde et même choquante : la liberté des femmes ne se brade pas.


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