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États-Unis, droit à l’avortement


 

Claudine Castelnau

 

9 mai 2022

 

Droit à l’avortement versus interdiction d’avorter... Depuis une quinzaine de jours et après une fuite probablement savamment organisée, un pré-document  préparé pour un vote à la Cour suprême destiné à supprimer la fameuse loi Roe versus Wade a été rendu public.


Cette loi, votée en  janvier 1973 par 7 voix pour et 2 contre reconnaissait aux femmes  américaines un droit constitutionnel à l’avortement alors que l’avortement était alors illégal dans 29 Etats américains. Et qui était cette Jane Roe qui a provoqué une révolution à l’époque ? Jane Roe, c’est ainsi qu’on l’identifia, porte plainte en mai  1972 devant la Cour fédérale de Dallas (Texas) contre une loi interdisant tout avortement sauf lorsque la vie de la mère est en danger. Elle  gagne et cette loi est toujours en vigueur aujourd’hui jusqu’à ce que la Cour suprême l’invalide éventuellement en reconnaissant le droit aux Etats  d’interdire l’avortement. Ce qui est déjà le cas pour plusieurs Etats du sud des Etats-Unis très conservateurs…


Alors, qui était cette Jane Roe ? Le pseudonyme  d’une jeune femme de 22 ans célibataire, ayant fait des études, vivant à Dallas et qui voulait avorter. Isolée et sans ressources, elle avait déjà eu un enfant qu’elle avait fait adopter et elle désirait aujourd’hui avorter. Jane Roe sera aidée par deux jeunes avocates de Dallas qui  cherchaient à combattre la loi anti-avortement du Texas comme « cruelle » et « dépassée », spécialement lorsqu’il s’agissait de femmes sans ressources  qui ne pouvaient  aller avorter dans un autre Etat où c’était légal.


Quant à Henry Wade,  c’était un procureur du Texas et très opposé à l’avortement. En janvier 1973, la Cour suprême reconnut par 7 voix contre 2
le droit constitutionnel à l’avortement : « Une femme a un droit absolu à décider durant les trois premiers mois de sa grossesse si elle veut mettre ou non un enfant au monde. »


Et que devint Jane Roe ? Ou plutôt Norma McCorvey son vrai nom , Elle avait accouché d’une fille qu’elle fit adopter… Elle avait déclaré qu’« elle était heureuse que les femmes en lien avec un médecin, gardent le contrôle sur leur propre corps. » Mais en 1994, après une conversion religieuse, elle prit publiquement position contre  l’avortement jusqu’en  en 2017,  où elle avoua juste Ou plutôt McCorvey avant de mourir qu’elle avait été payée par  un groupe religieux pour  attaquer le droit à l’avortement : « Ils m’ont payée et  m’ont dit ce que je devais déclarer devant les caméras. Mais si une jeune femme veut avorter ce n’est pas mon affaire. C’est son choix. »  Elle parlait en connaissance de cause, elle qui n’avait jamais eu le choix !  


Et maintnant ? The Washington Post, un quotidien amériain 
relève que l'authenticité du document qui a fuité n'est pas en question : il est bien de l'un des juges de la Cour suprême et propose bien de supprimer la loi Roe v. Wade. « De toute manière, la décision de la Cour suprême prévue pour juin ou juillet risque d'être la décision la plus importante concernant l'avortement depuis 50 ans. »


Depuis la publication du document de juge Samuel Alito proposant que Roe v. Wade soit abolie et que la décision d'autoriser ou non soit déléguée aux États, d'autres événements ont suivi comme la publication sur internet des adresses personnelles des juges les plus conservateurs, ce qui a provoqué des manifestations devant leur lieu de résidence. Parmi ces 6 juges, trois ont été nommés par l'ancien président Donald Trump au cours de son mandat et ont de jeunes enfants chez eux, que les manifestants mourraient mettre en danger... Et parmi les manifestants, certaines voix réclament que le président Biden nomme des juges en supplément à la Cour suprême pour casser la majorité actuelle de juges très conservateurs.





Parlant de la remise en question de la loi Roe vs. Wade, Rudy Giuliani  a déclaré à l’hebdomadaire Newsweek « C’est une victoire pour la vie, la civilisation et la moralité »

 

Rudy Giuliani, l’ancien maire catholique de New York et ancien avocat de Donald Trump connu pour avoir défendu jusqu’à l’absurde, comme l’ancien président, que celui-ci avait gagné les élections et qu’on lui avait volé sa victoire  est persuadé que « Depuis la loi Roe vs. Wade  la moralité de ce pays a décliné dramatiquement. L’un de mes conseillers les plus proches, le cardinal John O’Connor m’avait dit que, jusqu’à ce que cette loi soit supprimée, l’Amérique déclinera. On ne peut pas supprimer autant de vies sans de terribles conséquence morales. Cela a provoqué un massacre ».

Curieux, cet acharnement contre l’avortement des défenseurs de la vie. Ils en oublient les morts par armes à feu ! Ainsi depuis le début de 2022 le site Gun Violence Archive a recensé plus de 10 700 morts suicides inclus et les armes à feu sont la première cause de décès des enfants en Amérique où l’on recense quelque 400 millions d’armes à feu détenues par des particuliers.




Et toujours à propos de la loi Roe vs. Wade, le site Faithful America qui se veut la voix des chrétiens de gauche engagés sur le plan social a écrit sur son site : « L’annulation de Roe v. Wade serait un péché. Si cela devenait officiel, l'opinion majoritaire révélée par la Cour suprême pour renverser la loi Roe vs. Wade serait une attaque totale contre la liberté religieuse, imposant une vision de l'avortement soutenue uniquement par la droite religieuse. Selon Pew Research, 59 % des chrétiens ne veulent pas renverser Roe, dont 68 % de catholiques. C'est un point crucial, parce que le mouvement contre Roe et le droit à l'avortement est un mouvement purement religieux qui ne représente pas pour la majorité des chrétiens, sans parler de la plupart des croyants. Nous devons résister à cette prise de pouvoir nationaliste chrétienne et mettre au grand jour la fausse prétention de la droite religieuse de représenter le christianisme américain. »  Supprimer cette loi aura un impact disproportionné sur les communautés déjà vulnérables, celles qui ont le moins de ressources – pas les riches. Ce n'est qu'une des raisons pour lesquelles plusieurs confessions chrétiennes, de l'Église épiscopale à l'Église unie du Christ, soutiennent l'avortement en en considérant l’impact sur la santé des femmes […]


Alors que ce qui importe à la droite religieuse, c'est de détenir le pouvoir,  une prise de pouvoir massive qui menace les droits, l'égalité et le bien-être de millions de personnes.

Or la prise de pouvoir comme celle qui est envisagée n’est presque jamais limitée dans sa portée : ce n’est pas cette loi seulement qui est visée. D’ailleurs, dans son texte qui a été révélé malgré lui,   le juge Samuel Alito critique également la loi qui a légalisé les relations homosexuelles, et celle sur la légalisation du mariage pour tous. […] Tout cela signifie que le moment est venu pour les chrétiens épris de justice sociale d'agir […]


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