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Le Saint-Suaire de Turin


 

Claudine Castelnau

 

2 mai 2022


 

Plusieurs médias, dont La Croix, le site de la Radio Télévision suisse (RTS) ou encore le magazine catholique très conservateur Famille chrétienne titraient, parmi d’autres, sur une nouvelle datation de ce qu’on appelle le Suaire de Turin. Si certains comme RTS relèvent que « le suaire de Turin serait bien plus ancien que les sept siècles d'âge que lui attribuaient les trois équipes de scientifiques qui avaient procédé, en 1988, à une datation au carbone 14 à la demande de l'Eglise. Mais aujourd’hui encore, alors que la nouvelle analyse fait grand bruit au sein de la communauté scientifique et des catholiques, l'Eglise catholique et les scientifiques ne se prononcent évidemment pas sur le caractère véridique ou non de la datation. »

Une sage prudence ! Et la communauté scientifique devra confirmer les derniers résultats « surtout sur un objet aussi mystérieux que le Saint-Suaire. », soulignent les chercheurs.  Et confirmer quoi ? « Que le Saint-Suaire de Turin daterait de l’époque du Christ », ou plus précisément, que le morceau de tissu étudié cette fois serait vieux de 2000 ans et non plus de 700 ans comme des scientifiques l’avaient affirmé après études, en 1988. Je ne vous raconterais pas l’histoire de ce linge qui s’est promené en Europe et au Moyen-Orient durant des siècles.

Mais était-ce ce suaire ou un autre, les églises orientales étant friandes de ces linceuls, y compris à en fabriquer pour célébrer la Passion du Christ le Vendredi Saint. Ainsi plus d’une quarantaine de suaires entiers ou de fragments sont recensés en Europe et au Proche-Orient les plus célèbres étant ceux de Compiègne, de Cahors, de Carcassonne, de Reims, de Tolède, de Rome où il y en avait trois ( !) ou encore d’Aix-la-Chapelle mais on mentionne peu l’image du Crucifié sur ces « reliques ».




Un long article de Wikipedia souligne que « ces « inventions de reliques sont dues aussi bien au petit peuple qu'à de hauts personnages, souvent à des moments cruciaux pour des communautés religieuses, pour la construction ou l'agrandissement d'églises ou de cathédrales, leur permettant de « sortir de difficultés financières, de réaffirmer le pouvoir d'un évêque, de défendre le bien-fondé d'une réforme, etc. Cela explique que les reliques font l'objet à cette époque d'un trafic national et international très structuré, même pour les reliques fausses qui peuvent devenir authentiques si elles sont reconnues par les autorités publiques, le pouvoir miraculeux qu'on leur prête attirant les dons et gonflant le prestige du seigneur local. » On ignore comment ce suaire de Turin est arrivé en Champagne au 14e siècle pour finir entre les mains des franciscains de Chambéry, fief du duc de Savoie, puis à Nice territoire du duc de Savoie et enfin dans la cathédrale de Turin ville où les ducs de Savoie ont transféré leur capitale en 1562.  Il restera propriété de la maisn de Savoie, jusqu’en 1983 lorsque le dernier roi d’Italie lègue le Suaire au pape Jean-Paul II qui le confie à la garde de l’archevêque de Turin. Mais les tribulations du Suaire ne sont pas terminées et en avril 1997, un incendie ravage la cathédrale et le Suaire est sauvé de justesse par les pompiers. Depuis il a été exposé plusieurs fois dont une en 2020 dans le contexte de la pandémie de Covid-19...




On connaît le Traité des reliques du réformateur de Genève Jean Calvin. En 1543 paraît donc parmi d’autres traités très polémiques celui sur les reliques. Il est rédigé en français et non pas en latin comme c’était la coutume et il est considéré aujourd’hui comme l’un de chefs-d’œuvre de la langue française. Mais aussi comme un texte rappelant aux protestants que la piété ne se perd pas dans des pratiques dont tout bon sens est absent comme ces lieux innombrable, à l’époque de Calvin semble-t-il, où l’on vénère du lait de la Vierge par exemple…  Mais dans son « Traité des reliques », Calvin explique aussi pourquoi il considère que le Suaire est un faux. « Partout où ils se disent avoir le saint suaire, ils montrent un grand linceul qui couvrait tout le corps avec la tête; et voit-on là l'effigie d'un corps tout d'un tenant. Or, l'évangéliste saint Jean dit que Jésus-Christ fut enseveli à la façon des Juifs. Et quelle était cette façon : non-seulement on le peut entendre par la coutume que les Juifs observent encore aujourd'hui, mais aussi par leurs livres, qui montrent assez l'usage ancien : c'est d'envelopper à part le corps jusques aux épaules, puis envelopper la tête dedans un couvre-chef, le liant aux quatre coins. Ce qu'aussi l'évangéliste exprime, quand il dit que saint Pierre vit les linges d'un côté, où le corps avait été enveloppé ; et d'un autre côté le suaire qui avait été posé sur la tête. Car telle est la signification de ce mot de suaire, de le prendre pour un mouchoir, ou couvre-chef, et non pas pour un grand linceul qui serve à envelopper le corps. Pour conclure brièvement, il faut que l'évangéliste saint Jean soit menteur, ou bien que tous ceux qui se vantent d'avoir le saint suaire soient convaincus de fausseté, et qu'on voie ouvertement qu'ils ont séduit le pauvre peuple par une impudence trop extrême. » Et Calvin conclut : « Ainsi en est-il des reliques. Tout y est si brouillé et confus […]


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