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L'Église orthodoxe et Poutine


 

Claudine Castelnau

 

22 mars 2022

 

« Protestinfo » un site protestant suisse de nouvelles religieuses a publié le 14 mars l’interview d’un professeur de l’Université de Lorraine, Antoine Nivières, spécialiste de l’histoire religieuse russe.  


Alors que le monde entier tournait ses regards vers le patriarche Kirill de l’Eglise orthodoxe russe de Moscou, lui demandant de faire entendre raison au président Poutine
, le patriarche a délivré le 13 mars un sermon ne laissant plus aucun doute sur son soutien à Poutine et qualifiant les Ukrainiens opposants de Moscou de « forces du mal ».


Comment comprendre cette attitude de Kirill depuis l’invasion de l’Ukraine ? Réponse d’Antoine Nivière :
« Cette attitude de Kirill est dans la lignée d’une longue tradition du patriarcat de Moscou, qui manifeste des liens étroits avec les autorités, autrefois de l’Union soviétique et aujourd’hui du régime du président Poutine. Malgré les affirmations qu’il s’agit d’une Russie nouvelle, le patriarche Kirill est resté dans le prolongement de l’URSS et de ses services secrets [le KGB] dont il est lui-même issu. »


Tout comme Poutine ? Réponse :
« Quand les archives du KGB ont été brièvement accessibles à une commission d'enquête parlementaire de la Douma au début des années 1990, celui qui n'était alors que l'archevêque Kirill y apparaissait [...] en tant qu'agent recruté par le KGB au sein du clergé du patriarcat de Moscou. Et cela notamment en raison de ses fonctions comme représentant du patriarcat auprès du Conseil œcuménique des Églises (COE) à Genève. »


Question :
« On serait donc toujours dans une forme d’union sacrée entre l’Eglise et l’Etat ? »


Réponse :
« Une double union.  Premièrement, il y a cette tradition de soumission de la hiérarchie de l’Église orthodoxe au pouvoir politique, qui remonte jusqu’au Moyen Âge, mais qui a été renforcée à l’époque soviétique par un contrôle absolu et une utilisation de l’Église au profit des intérêts politiques de l’URSS. Mais il y a une deuxième tradition, presque millénaire, qui est celle d’un nationalisme centré sur l’orthodoxie. Poutine a beaucoup joué là-dessus. Après la disparition de l’idéologie marxiste de l’époque soviétique, il fallait remplacer ce vide et la religion a été rapidement perçue comme un élément d’identification national fort qui permettait de se distinguer de l’Occident. [...] Et cela fait plusieurs années que Kirill [...] met en avant un monde orthodoxe et nationaliste s’opposant à l’Occident perçu comme perverti, décadent et moralement dégénéré. D’où notamment sa grande diatribe sur les gay prides, qui relèveraient d’un plan des Occidentaux pour détruire la société russe. »


Antoine Nivelle souligne que Kirill est devenu de plus en plus conservateur, à l’image de  l’essentiel de son clergé et la majorité de ses fidèles, des vieilles dames 
« C’est quelqu’un de très autoritaire et aimant le pouvoir. Et alors que dans l’orthodoxie il n’y a pas de pape, ce patriarche se pense come au-dessus des autres évêques. Son nom mériterait d’ailleurs de figurer dans la liste des oligarques sanctionnés par l’UE. »


Pourquoi ?
« Il a fait fortune dans les années 2000, quand il était le responsable des Affaires étrangères du patriarcat de Moscou et que l’Irak était sous embargo américain. La Russie avait alors soutenu l’Irak, en y envoyant des médicaments et autres produits de nécessité. Le commerce des cigarettes avait été confié à l’Église russe, qui prélevait une dîme dessus. Le patriarche Kirill a ainsi renforcé sa fortune personnelle. Il possède notamment un chalet en Suisse et il doit y avoir des comptes en banque »…


Et ses liens avec Poutine  aujourd’hui ?
«  Les relations se sont un peu ternies. En cause, l’échec de Kirill à garder tous
les orthodoxes ukrainiens dans le giron du patriarcat de Moscou, et ce malgré les promesses dont il avait bercé Poutine [L’Église orthodoxe russe d’Ukraine représente 1/3 des fidèles du patriarcat de Moscou et perdre cette Eglise serait considéré comme un affaiblissement du patriarcat de Moscou sur la scène internationale.]


De plus  Kiev est considérée come le berceau du monde orthodoxe depuis 988 et la conversion, selon la tradition,  du prince Vladimir de Kiev et de son peuple à l’orthodoxie.]


Ces derniers temps,
remarque Antoine Nivières, Kirill s’est replié sur lui-même,  à l’instar du président russe Depuis deux ans, il vit reclus dans sa datcha de luxe des environs de Moscou, sous prétexte qu’il a peur du Covid. Il ne sort que très peu, pour les grandes fêtes ou des rencontres au Kremlin. Il est dès lors lui aussi déconnecté des réalités. »


Pour l’Eglise orthodoxe russe, comme pour Vladimir Poutine,
l’Occident et ses valeurs représentent une menace. La guerre en Ukraine aurait, entre autres, pour but de « sauver » les orthodoxes de cette nation du péril idéologique occidental.

Discours de façade ou conviction réelle ? La question est posée

 


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