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Inde
les vaches



 

Claudine Castelnau

 


1er mars 2022

En avril 2019, le correspondant du Monde en Inde parlait de « cauchemar » en décrivant la situation que vivaient entre autres les agriculteurs de l’Uttar Pradesh, un Etat du Nord de l’Inde, où les nationalistes hindous règnent sans partage.


Or, depuis que ces hindouistes enfiévrés ont pris le pouvoir ils ont fermé les abattoirs clandestins mais font aussi la chasse à tous ceux qui seraient pris en train d’attenter à la vie d’une vache. Et depuis, le bétail épargné est devenu une source de nuisance et un fardeau pour les agriculteurs et pour la population. Des groupes hindouistes avaient même lynché à mort, entre 2015 et 2018, 44 personnes, en majorité des musulmans, qui eux ne connaissent pas d’interdiction de manger de la viande, accusés de fournir la filière bovine en viande et en peau.


Mais surtout, ce que n’avaient pas prévu les hindouistes c’est que les vaches en liberté seraient une plaie, saccageant les cultures et provoquant la colère des habitants, hindous ou pas. Alors que faire de ces vaches sacrées lorsqu’elles sont trop vieilles pour donner du lait ? Et qu’il est interdit par les hindouistes de les vendre aux abattoirs qui ne peuvent plus fonctionner, à leurs risques et périls,  que dans la clandestinité ? 


Continuer à les nourrir en pure perte ? Il n’en n’est pas question, ces paysans sont trop pauvres. Alors on les abandonne et elles vont se nourrir dans les champs ou pire, errent en ville, parfois agressives, encombrant les rues et provoquant même des accidents. Quant à la police, racontait le correspondant du Monde, obligée d’adopter une vache par commissariat « pour donner l’exemple », ce sont les policiers en uniforme qui s’occupent du bétail alors qu’ils sont déjà débordés. Est-ce l’une des raisons qui font de l’Etat d’Uttar Pradesh, l’Etat indien qui compte le plus fort taux de criminalité ?

 


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C’était en 2019. La situation ne s’est pas améliorée semble-t-il et la question des vaches errantes en Uttar Pradesh et ailleurs fait à nouveau irruption dans la campagne électorale des législatives locales. Pour souligner les problèmes causés par le bétail errant, un site indien raconte que  « plusieurs agriculteurs en Uttar Pradesh, ont lâché du bétail sur un terrain à proximité d’un rassemblement politique du chef de l’exécutif local, Yogi Adityanath, le 22 février. » le site Slate dresse un portrait inquiétant de cet homme qui est l’une des personnalités importantes du parti hindouiste BJP du Premier ministre indien Narandra Modi. Un moine hindouiste radical, certains diront illuminé et depuis que ses affidés ont pris le pouvoir et gouvernent l’Uttar Pradesh, on constate que la question des vaches errantes a pris de l’ampleur   avec une politique agressive tous azimuths de protection des vaches.


Et le sujet a fait irruption dans la campagne électorale au point que le Premier ministre indien Narendra Modi a promis aux électeurs de « rendre la bouse de vache des animaux errants lucrative ». Décidemment les vaches sacrées sont encombrantes.

 

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Qui est le Yogi Adityanath, ministre en chef de l’Etat d’Uttar Pradesh qui compte plus  de 200 millions d’habitants et membre influent du Bharatiya Janata Party (connu sous ses initiales BJP), parti nationaliste hindou dont est issu le Premier ministre  Narendra Modi ?


Ce yogi se situe donc dans la mouvance de l’hindutvà, une mouvance politique et paramilitaire d’extrême-droite qui milite, y compris par la violence, pour une toute-puissance hindoue sur l’ensemble du territoire indien, une Inde hindou uniquement. Yogi Adityanath, dirigeant de l’Uttar Pradeh depuis 2017, à la suite d’élections nationales qui avaient installé le BJP au pouvoir est donc à la fois un politique et un moine hindou extrémiste.


Il est aussi d’une islamophobie revendiquée alors que près de 20 % de la population de l’Uttar Pradesh est musulmane et ses milices informelles hindoues s’attaquent aussi aux dalits, les castes inférieures et « impures », aux chrétiens et aux couples mixtes hindou/musulman au prétexte que les hommes musulmans séduiraient des femmes hindoues pour les convertir.


C’est ainsi que depuis 2020,
l’l'Uttar  Pradesh criminalise les mariages interreligieux : un musulman qui épouse une femme hindoue risque jusqu'à dix ans de prison. C’est aussi dans la ville d’Ayodhya, en Uttar Pradesh, que se joue depuis des décennies une lutte politique et religieuse, soutenue par Yogi Adityanath qui affirme avoir voué sa vie à la libération d’Ayodhya. Une lutte revendiquant la propriété du site où a été érigée une mosquée en 1527 par un empereur moghol alors que les fidèles hindous affirment que c’est sur ce site que serait né Ràma, le héros dieu de l’épopée du Râmâyana. La mosquée a été détruite en 1992 après des manifestations dans toute l’Inde et des violences intercommunautaires meurtrières, renouvelées en 2002. 


Régulièrement, Yogi Adityanath revendique encore l’importance de reconstruire le temple sur le lieu de naissance de la divinité.
« Cette vision d'une Inde comme étant une terre hindoue, forgée sur des mythes qui ne souffrent ni critique ni remise en cause, y compris dans leur pendant historique, rompt avec la vision laïque du pays [depuis la fondation d’une Inde indépendante. »


Et pourtant, ce personnage sulfureux ne cesse de voir sa popularité croître, dans une Inde toujours laïque pour le moment. Sera-t-il élu Premier ministre lors ds élections de 2024 ? Que Rama, Krishna Ganesh et tous les autres dieux et déesses en préservent l’Inde ! Sans parler des chrétiens et musulmans qui auraient tout à y perdre !



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