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Les baptêmes invalides


 

Claudine Castelnau

 


1er février 2022


­­­­­Le diocèse catholique américain de Phoenix, en Arizona, a annoncé que les baptêmes célébrés par un prêtre de ce diocèse étaient tous invalides. La raison : lors des baptêmes, en anglais et en espagnol (l’Arizona a une frontière commune avec le Mexique où l’on parle espagnol), ce prêtre utilisait la formule : « Nous te baptisons au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit  » alors que la formule rituelle est « Je te baptise... ».

Le diocèse a expliqué aux catholiques qui n’y avaient pas vu de mal que ce n’était pas la communauté qui baptisait (Nous) mais le Christ seul et son représentant le prêtre ordonné (Je) qui « préside » même si la communauté participe néanmoins à tous les sacrements.

Le père Arango a désormais pour ministère de rechercher et d’aider les personnes qu’il a baptisées et de les rebaptiser éventuellement. Cette affaire de baptêmes non valides aux Etats-Unis a fait resurgir d’autres événements de la même veine. Ainsi, toujours aux Etats-Unis, en 2020, un prêtre avait découvert que son propre baptême n’était pas valide. A l’époque, le père Delorme, prêtre du diocèse de Lyon,  avait écrit dans le quotidien La Croix : « C’est avec un réel vertige que j’ai lu l’article relatif à ce prêtre américain dont le baptême serait "non valide" parce que le diacre qui l’avait baptisé enfant aurait "Nous te baptisons" au lieu de "Je te baptise".  Et je me suis dit que le pauvre prêtre et, plus encore, son évêque, s’étaient laissés aspirer par une logique délirante, puisque le choix a été fait de le "re-baptiser" en vitesse, puis de le "re-eucharistier", de le "re-confirmer" et de le "re-ordonner" diacre puis prêtre ! On n’est plus dans le domaine de la théologie, mais dans celui de la folie !

À croire l’évêque américain concerné, semble-t-il, tous les actes sacramentels (en dehors du baptême qui peut être administré par un non-baptisé) délivrés par ce prêtre au long des ans (dont les eucharisties, le pardon, le sacrement des malades...) seraient invalides... et demanderaient à être revécus par ceux qui en ont été bénéficiaires.

Et dommage, du même coup, pour les morts qui avaient cru recevoir le pardon du Seigneur avant de rendre leur dernier soupir, et qui seraient morts sans pardon ! Dommage pour les malades qui, morts ou rétablis depuis, avaient cru recevoir le sacrement de la tendresse de Dieu, mais qui n’auraient vécu qu’une illusion ! Dommage pour tous ceux-celles qui sont venus vivre le sacrement de la réconciliation, mais qui, en réalité, n’auraient jamais été pardonnés parce que le ministre qui a prononcé l’absolution n’en aurait pas eu le pouvoir !

Dommage pour tous ceux-celles qui, de dimanche en dimanche, pensaient avoir reçu le Corps du Seigneur dans des eucharisties, mais qui n’auraient mangé, en réalité, que de vulgaires hosties, car celui qui avait accompli la consécration n’avait pas été validement baptisé, et donc validement ordonné ! Depuis les débuts de l’Église, des diacres, des prêtres, des évêques et, sans doute, des papes ont commis des erreurs dans l’application du rituel des sacrements, par fatigue, par distraction, par sénilité ou par bêtise. Je sais en avoir commis (involontairement !) moi-même au long de mes quarante-deux ans de prêtrise, et je crains, avec l’âge, d’en commettre d’autres.

Étaient-elles valides les ordinations reçues et données par certains papes débauchés du Moyen Âge, dont certains ne devaient guère se préoccuper du respect strict des rituels ? Le doute est permis, moins à cause de leur péché que de leur manque de rigueur dans l’application du rituel ! Mais s’ils ont accompli des actes invalides (ce qui est hautement probable), et si l’on suit la logique de l’évêque américain, alors ont été invalides nombre d’ordinations épiscopales, et donc les ordinations des prêtres ordonnés par ceux-ci, et donc... des millions et des millions d'actes sacramentels qui ont été dispensés depuis !

Mais je sais qu'il existe un vieil adage dans l’Église qui prend en compte la faiblesse toujours possible des ministres ordonnés et, plus largement, les errements possibles des communautés de baptisé. Autrement dit : la grâce donnée à l’Église du Christ vient au secours de la faiblesse, et même du péché des ministres ordonnés et des communautés de baptisés. Même les sacrements délivrés par un prêtre indigne sont une réalité - et non une mascarade -, car la grâce donnée à l’Église toute entière vient rectifier ce qui a été « tordu » au départ. C'est ainsi que les sacrements délivrés par un prêtre pédophile ou auteurs d'autres crimes restent valides. Comme le disait justement Saint Augustin : « Que Judas baptise, c'est le Christ qui baptise ». À plus forte raison quand il s'agit d'un bon prêtre, même « mal baptisé » ! »

A propos de théologie concernant le baptême, il fut remarqué que les protestants ne croient pas que les sacrements du baptême et de la sainte cène soient des gestes efficaces capables de transmettre par eux-mêmes une grâce divine particulière. Ils ne sont donc focalisés ni sur l’ordination de celui qui les accomplit ni sur son respect de telle ou telle pratique spéciale.


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