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Harry et Meghan présentent Archie à l'archevêque

L'archevêque Desmond Tutu

 

Claudine Castelnau

 

 


3 janvier 2022

 

Le très révérend Desmond Tutu est mort le 26 décembre à l'âge de 90 ans. Celui qui fût archevêque anglican du Cap, a été sa vie durant un lutteur infatigable contre l’apartheid, et la conscience de l’Afrique du Sud. Le dernier de cette génération, après son ami Nelson Mandela, entre autres, qui n’a pas craint de lutter, au péril de sa vie, contre les insupportables injustices générées par la politique raciste des Blancs sud-africains au pouvoir dans son pays. On a dit que sa robe violette d’archevêque l’avait protégé et lui avait permis ce franc-parler légendaire contre les pouvoir établis, d’où le surnom affectueux, « The Arch » (l’archevêque), que les Sud-Africains lui avaient donné, une manière de reconnaître sa ferveur pour la justice soutenue par sa foi chrétienne éclatante.

 

Le Président sud-africain actuel Cyril Ramaphosa a dit sa profonde tristesse de la disparition d’un « patriote sans égal » et « l’adieu de notre nation à une génération de Sud-Africains exceptionnels qui nous ont légué une Afrique du Sud libérée [...] Un homme d'une intelligence extraordinaire, intègre et invincible contre les forces de l’apartheid, il était aussi tendre et vulnérable dans sa compassion pour ceux qui avaient souffert [...] sous l'apartheid. »

 

Poursuivant sa lutte pour la justice et la paix dans son pays, Desmond Tutu, l’infatigable, avait, après l’élection de Nelson Mandela à la présidence, inventé cette idée de « Nation arc-en-ciel » où toutes les couleurs de peau seraient également représentées dans son  pays et la « Commission vérité et réconciliation » qui permettrait en échange de l’aveu public des crimes commis au temps de l’apartheid que les coupables (responsables blancs comme membres de l’ANC, mouvement de libération noir) soient amnistiés et que la page de la haine raciale soit définitivement tournée.

 

Thabo Makgoba, l’actuel archevêque anglican du Cap, où résidait Desmond Tutu a réagi : « Nous pleurons sa disparition, [....] Mais en tant que chrétiens et croyants, nous devons aussi célébrer la vie d'un homme profondément spirituel dont l'alpha et l'oméga étaient sa relation avec notre Créateur [...] Il ne craignait personne [...] Il contestait les systèmes qui rabaissaient l'humanité. Mais lorsque les auteurs du mal connaissaient un véritable changement de cœur, il suivait l'exemple de son Seigneur et était prêt à pardonner. »

 

D’autres, comme la Fondation Mandela, ont parlé de Desmond Tutu comme d’un « être extraordinaire, un penseur, un leader, un berger ». Son combat non-violent, les marches pacifiques contre l’apartheid qu’il organisait aux pires heures du régime raciste sud-africain lui ont valu le prix Nobel de la paix en 1984. Mais sa lutte ne s’est pas terminée avec la fin de l’apartheid et toujours il a été le veilleur qui dénonçait les errements du gouvernement de l’ANC et la corruption.

 

Avec son franc parler bien connu, il avait même déclaré en 2013, de ne plus jamais voter pour ce parti : « Je n'ai pas combattu pour chasser des gens qui se prenaient pour des dieux de pacotille et les remplacer par d'autres qui pensent l’être aussi. »

 

Les médias soulignent que l’archevêque Desmond Tutu était le dernier de cette génération de lutteur contre l’apartheid, de conscience de l’Afrique du Sud. Il fût aussi ce petit homme souriant à la silhouette ronde, au franc parler légendaire et au rire puissant.

 

A un journaliste qui lui demandait comment il comptait s’occuper durant sa retraite, il répondit qu’il se réjouissait « de pourvoir enfin boire du rooibos (une infusion issue d’un arbuste sud-africain) avec ma femme bien-aimée. Et regarder des matches de cricket. »

 

Mais Desmond Tutu n’a cessé d’être un combattant contre l’homophobie comme il l'était contre l’apartheid. Dans l’un de ses discours, il avait affirmé « Je ne peux avoir l’esprit en paix alors que des gens sont discriminés pour quelque chose contre quoi ils ne peuvent rien : d’abord les femmes, qui sont exclues simplement parce qu’elles sont femmes. Et plus choquant et plus horrible, ceux qui sont punis, tués, simplement à cause de leur orientation sexuelle. Je m’oppose à une telle injustice avec la même passion avec laquelle je me suis opposé à l’apartheid. Si Dieu, comme certains le disent, est homophobe, alors je ne prierai pas ce Dieu-là. »

 

Tutu a souvent été submergé par la douleur de ceux qui avaient souffert sous l'apartheid et, à plus d'une occasion, a été en larmes. Il a également trouvé beaucoup à critiquer dans le nouveau gouvernement à majorité noire d'Afrique du Sud. Il a lancé une attaque cinglante contre le gouvernement de l'ANC et il n’avait pas craint de déclarer que l'ANC n'avait pas fait assez pour réduire la pauvreté parmi les plus pauvres du pays et que trop de richesse et de pouvoir étaient concentrés entre les mains d'une nouvelle élite politique noire. pouvait également critiquer sa propre église anglicane, en particulier à la suite de la querelle sur l'ordination d'évêques homosexuels.

 

 Un jour il a accusé l'Église et son Eglise anglicane de laisser l'« obsession » de l'homosexualité prendre le pas sur la lutte contre la pauvreté dans le monde. En retraite, mais toujours rebelle, il s'était prononcé en faveur du suicide assisté en 2014, déclarant que la vie ne doit pas être préservée « à tout prix ». Et contrairement à de nombreuses personnalités de l'Église, il avait soutenu que les êtres humains avaient le droit de choisir de mourir.

 

En 2017, Tutu avait vivement critiqué la dirigeante de Birmanie lauréate du prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi, dénonçant le « nettoyage ethnique « de la minorité musulmane de son pays.

 

Et en 2019,  il s'était opposé à la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale officielle d'Israël. « Dieu pleure », avait-il écrit sur Twitter, à propos de cet acte « incendiaire et discriminatoire ». Desmond Tutu était un homme aux convictions morales enracinées, qui s'efforçait d'instaurer une Afrique du Sud pacifique. Il reste un modèle d'exigence éthique  et d'amour de l'autre. Un témoin  lumineux reste une lumière pour nous les humains.



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