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Catane, Sicile


baptêmes sans parrains

 

 

Claudine Castelnau

 

 


29 novembre 2021

L’annonce avait étonné jusqu’en Amérique et le New York Times, par exemple, avait repris la nouvelle : A Catane, et dans ce diocèse sicilien, les autorités catholiques venaient d’interdire durant trois ans la tradition très ancienne des parrains lors des baptêmes (jusqu’en 2024). La raison de cette décision étonnante, le New York Times l’expliquait à ses lecteurs peu au fait des affaires de mafia italienne : « La tradition [des parrains] sert trop souvent à tisser des liens avec la mafia [...] Les responsables catholiques du diocèse de Catane affirment que le personnage du parrain, autrefois essentiel dans l’éducation catholique d’un enfant, a perdu toute signification spirituelle. C’est simplement devenu une occasion de se créer un réseau de la part de familles qui cherchent à améliorer leur sort ; c’est l’assurance de recevoir des pendentifs en or, et de se faire des relations intéressantes, parfois avec des caïds de la mafia locale qui peuvent déjà avoir jusqu’à des dizaines de filleuls [suivant leur notoriété]. »

Ainsi l’un des chefs de Cosa Nostra, la mafia sicilienne et ancien président de région Salvatore Cuffaro a déclaré au New York Times que « malgré ce que certains prêtres croyaient, je me suis occupé de tous mes filleuls baptisés ». Et il était le parrain « d’environ 20 enfants, affirme-t-il. Ce n’est qu’un lien religieux, il n’y a pas de liens illégaux » et selon lui « aucuns membres de la mafia n’ont jamais servi de parrains religieux en Sicile. »

Le New York Times raconte aussi que « des procureurs italiens lors d‘enquêtes sur tel ou tel mafieux se sont penchés sur les actes de baptêmes pour se faire une idée de la façon dont les chefs de la pègre étendaient leur influence.  Quant aux veuves de mafieux, c’est envers les “vrais Judas” qui trahissent le lien baptismal [en laissant liquider un filleul] qu’elles se montrent les plus rancunières devant les tribunaux. »


Mais comme il faut toujours être prudent avec la mafia, les autorités catholiques du diocèse de Catane indiquent que c’est surtout la perte de sens de ce rôle de parrain dans une ambiance de laïcisation qui les a conduits à suspendre cette coutume. Mais alors pourquoi pendant seulement trois ans ? En 2014, l’archevêque de Reggio Calabria (en Calabre) où la ‘Ndrangheta est peut-être le mieux enracinée et dangereuse actuellement, avait proposé de suspendre pendant dix ans cette coutume des parrains… Et en 2017, le diocèse de Monreale (près de Palerme) avait décidé que les parrains de baptisés ou confirmés ne pourraient plus être choisis parmi les membres avérés de la mafia. C’est dans cette région que la mafia sicilienne (Cosa Nostra) a recruté dans des villages comme Corleone, ses parrains comme Bernardo Provenzano ou le célèbre Toto Riina. Et dès 2014, l’archevêque de Monreale avait mis en garde « tous ceux qui, de manière délibérée, font partie de la mafia ou sont en connivence avec elle » contre le fait qu’ils vivaient « en opposition irrémédiable à l’Évangile de Jésus-Christ et, par conséquent, à son Église. »

Et le pape François la même année lors d’un voyage en Calabre avait prononcé une excommunication contre les membres de la mafia. Mais c’est autre chose d’être prêtre d’une paroisse dans une petite ville ou un village noyautés par la mafia. Décider à Rome ou à Catane que l’on ne donnera plus les sacrements à des mafieux notoires comme l’avait prescrit Jean-Paul II peut se révéler fort dangereux à Corleone ou à Riesi…


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« Aux dires de l’Église catholique, le parrainage avait été réduit au rang de simple coutume laïque entre parents ou voisins (qui, bien souvent, n’avaient pas la foi ou vivaient dans le péché) et n’était plus désormais qu’un simple moyen de renforcer les liens entre les familles. Ou une occasion d’en tisser d’autres avec la mafia » commente  le New York Times qui  décrit les préparatifs d’un baptême sicilien avant l’interdiction de parrain : « La mère avait tout bien préparé pour le baptême : elle avait mis à son fils Antonio une queue-de-pie en satin faite main, avec un chapeau haut de forme assorti de couleur crème, scintillant de strass; elle avait engagé des photographes et acheté une croix en or pour le bébé ; enfin, elle avait réservé un grand buffet pour tout le clan au Copacabana. Malgré tout, alors que le prêtre de la paroisse de Catane célèbre la messe selon la liturgie habituelle, en appelant d’abord la famille à renoncer à Satan, puis en versant de l’eau bénite sur la tête du bébé qui gigote, une partie importante du rituel manque. Il n’y a pas de parrain ! »

Et l’arrière-grand-mère du petit Antonio en est toute triste et regrette que son Eglise ait pris une telle décision...

 

 

 

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