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Le Premier Thanksgiving dans le Massachusetts en 1621
Jean Leon Gerome Ferris, peintre américain  v. 1912


Thanksgiving et les Pères pèlerins

 

 

Claudine Castelnau

 

 


8 novembre 2021

 

Le jeudi 25 novembre, l’Amérique fêtera Thanksgiving, l’occasion, chaque quatrième jeudi de novembre de se souvenir et de rendre grâce. Et cela depuis 1621. Alors rendre grâce de quoi ? The Washington Post, un quotidien américain a publié un long article  pour raconter l’histoire de ces « Pèlerins » venus aborder en 1620 sur les côtes du Massachusetts avec leur navire le Mayflower. Ils furent accueillis sur des terres indiennes, celles de la tribu des Wampanoags qui aidèrent les Pères pèlerins affamés et malades à survivre pour leur premier hiver.


« Ils le regrettent encore 400 ans plus tard »,
ajoute The Washington Post. Allusion à un passé violent et meurtrier dont les Indiens firent les frais tout au long de l’histoire des Etats-Unis et de l’installation des colons sur leurs terres.


« Longtemps marginalisés et mal représentés dans l'histoire des États-Unis, les Wampanoags se préparent pour le 400e anniversaire du premier Pilgrim Thanksgiving en 1621 entre les Pèlerins et les Indiens.
Car l'histoire réelle de ce qui s'est passé en 1621 ressemble peu à ce que la plupart des Américains apprennent à l'école primaire, disent les historiens. Il n'y avait probablement pas de dinde au menu mais du dindon sauvage. Ni de coiffes à plumes (les Wampanoags n’en portaient pas, ils avaient des coiffes faites de poils de porc-épic) Les Pèlerins (dont la moitié sont morts de famine et de froid lors du premier hiver) n'ont fait aucun effort pour inviter les Wampanoags au festin que ceux-ci avaient rendu possible (en aidant les Pèlerins à semer du maïs, à planter des haricots et des courges, à chasser...) Et les militants amérindiens […] se sont longtemps opposés à la représentation populaire de Thanksgiving. »


Pour les Wampanoags et de nombreux autres Indiens d'Amérique, leur soutien aux nouveaux venus a été suivi d‘un désastre séculaire, d’années d'un génocide lent et continu de leur peuple (entre autres par la variole apportée par les Européens) et de l’accaparement de leurs terres. « Le quatrième jeudi de novembre est considéré par eux comme un jour de deuil, non comme un jour de fête [...] Pour nous, dit un représentant d’une tribu Wampanoag, Thanksgiving a donné le coup d'envoi à la colonisation. Nos vies ont radicalement changé. Cela a amené la maladie, la servitude et tant de choses qui n'étaient pas bonnes pour les Wampanoags et les autres cultures autochtones. »


Et une historienne Wanpanoag dénonce l’idée que les Indiens ont accueillis les Pères pèlerins parce qu’ils apportaient une amélioration de leur vie tandis qu’une mère de clan, Mother Bear (Mère Ourse) rappelle qu’une loi du Massachusetts de 1789 interdisait d’apprendre à lire ou à écrire à un Indien Wampanoag et que « les Anglais colonisateurs ont forcé notre peuple à devenir chrétien ou à risquer la mort. » Quant aux enfants indiens, Wampanoags et autres ils étaient envoyés dans des pensionnats pour Indiens où on leur interdisait les coutumes indiennes et de parler leur langue maternelle.





Alors pourquoi ces Anglais que l’on a appelé les « Pères pèlerins » ou « Pilgrim Fathers » débarquent-ils le 26 novembre 1620 sur les côtes américaines, à un endroit nommé Plymouth, la ville anglaise dont ils venaient, aujourd’hui Boston. Et qui étaient-ils ? Que fuyaient-ils   Et pourquoi ce nom de « Pères pèlerins » ? Cette expression serait apparue au 19e siècle d’une faisant référence à l’un des leaders du groupe William Bradford qui aurait cité un passage de la Bible tiré de l’épitre aux Hébreux : « C'est dans la foi qu'ils sont tous morts sans avoir obtenu les choses promises ; mais ils les ont vues et saluées de loin, reconnaissant qu'ils étaient étrangers et pèlerins sur la terre. »


Ces Pilgrim Fathers sont des
protestants anglais qui firent sécession de l'Église anglicane d'Angleterre, l’Eglise officielle, ce pourquoi on les nomme Dissenters (dissidents, séparatistes) Ils s'opposaient à l'interférence de l'État et particulièrement du roi Jacques Ier d’Angleterre, dans les affaires religieuses et fondèrent leurs propres communautés du XVIe au XVIIIe siècle. Ils prônent une réforme protestante radicale, jugent l’Eglise anglicane encore trop catholique dans sa théologie et sa liturgie et refusent d’en faire partie d’où leur nom de « non conformistes » ou dissenters.


Et pour ce refus ils sont parfois violemment persécutés. D’où leur désir d’édifier une « Nouvelle Jérusalem » sur une terre vierge où ils pourront échapper à la persécution religieuse et l’expédition du Mayflower (leur voilier).


En septembre 1620, ils partent de la ville anglaise de Plymouth, dans le Devon, et le 21 décembre, après 65 jours de navigation, fondent la ville de New Plymouth (aujourd’hui Boston) dans l’Etat du Massachusetts, au nord de New York, sur la côte Atlantique. Après un très rude hiver et la mort de près de la moitié des colons anglais, l’automne suivant voit une récolte abondante grâce aux Indiens : les Pères pèlerins décident alors de remercier Dieu, la terre, les Indiens lors d’un repas festif où ils rendent grâce (1er Thanksgiving). Et le 3 octobre 1789, le président des Etats-Unis, George Washington officialise la célébration du Thanksgiving Day, désormais le 4e jeudi de novembre et le menu est traditionnel : dinde farcie, purée de pomme de terre et de patate douce, sauce de cranberry (canneberge)et tarte au potiron.
Depuis ce jour de 1789 les pèlerins du Mayflower ont été considérés comme les premiers colons ayant fondé les États-Unis d’Amérique.

 


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Le président Bill Clinton graciant une dinde de Thanksgiving


Sur cette célébration du Thanksgiving s’est greffée une coutume : gracier une dinde. Le président Kennedy fût le premier, en 1963. Et en 1989, le président George Bush père décréta que la grâce accordée à la dinde lors du Thanksgiving Day donnerait lieu à une cérémonie annuelle et officielle à la Maison-Blanche. Quant aux Indiens « découverts », ils regrettent encore, 400 ans plus tard, l’aide apportée aux Pilgrim Fathers et qui ne fût guère payée de retour...



 

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