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Les « sans religion »

 

 

Claudine Castelnau

 

 

28 septembre 2021

Selon un récent sondage de l’IFOP dont Le Monde et d’autres médias se sont fait l’écho la semaine passée, 51 % des personnes interrogées se déclarent, pour la première fois non croyantes en Dieu alors qu’il y avait encore une majorité de croyants (56 %) en 2011 sans parler des 66 % de croyants en 1947.

A remarquer d’abord, dans le sondage, que chez les plus de 65 ans, il y a encore une petite majorité de croyants (58 %). Ensuite, le sondage « confirme une pratique catholique désormais plus dynamique dans les centre-ville, auprès de catégories sociales plutôt favorisées, que dans des zones rurales qui pâtissent davantage de la pénurie de prêtres ; une vitalité religieuse plus forte parmi des populations de tradition musulmane ou protestante évangélique implantées dans les grandes agglomérations : les grandes villes sont devenues les premiers foyers de la pratique, indexée sur la croyance. »

L’enquête révèle aussi un contraste frappant entre le recul de la croyance et la place croissante occupée par la question religieuse dans le discours politique comme après les attentats islamistes en France qui commencent à Montauban et Toulouse en 2012. Par contre seules 38 % des personnes interrogées par l’IFOP disent parler souvent ou de temps en temps de religion en famille, et seulement 29 % avec leurs amis. En 2009, ils étaient respectivement 58 % et 49 % à le faire. Et au travail c’est encore plus rare (18 %).

Cependant, les 25-34 ans  et dans une moindre mesure les 18-24 ans semblent plus libres de parler religion en famille (83 % des catholiques, 72 % des musulmans et 67 % des protestants), avec des amis ou au travail.

Autre constatation : l’épidémie de Covid-19 qui a touché durement la société et les deuils qui ont accompagné ne rapprochent que peu de la pratique religieuse (9 %) et encore ce sont les personnes qui se disent croyantes et religieuses.

Conclusion du Monde : « Les religions demeurent en définitive créditées pour 68 % (contre 77 % en 2009) d’une capacité « à transmettre aux jeunes des repères et des valeurs positives ; respect de l’autre, tolérance, générosité, responsabilité », une opinion majoritaire dans tous les secteurs de la population hormis les « athées convaincus » (44 %) et les sans-religion (44 %). En revanche, seule une minorité de personnes interrogées (47 %, contre 51 % en 2009) accorde aux religions de pouvoir « contribuer positivement aux grands débats de société : bioéthique, moralisation de l’économie, famille... »

Ce sondage m’a fait repenser à un article paru en 2018 sur le média en ligne The Conversation intitulé « Les ”sans religion” » : la nouvelle religion ? », rédigé par une anthropologue de l’Université de Strasbourg. Elle écrivait : « Dans les pays où l’on demande aux citoyens d’indiquer leur religion dans les recensements, ou bien dans les sondages questionnant sur l’appartenance religieuse, il a longtemps été courant de proposer une liste de réponses possibles, le dernier item de la liste étant “aucune de ces réponses ” (en anglais “none of the above ”).

C’est donc en tant que « nones » que ceux qui ne déclaraient pas d’appartenance religieuse ont d’abord été désignés ; en français, on parle de « sans religion ». Ce groupe a longtemps été un peu laissé de côté par les sociologues des religions. D’abord parce que le nombre de nones n’était, jusque vers les années 1970 environ, pas très élevé, mais aussi parce que ces sociologues s’intéressaient avant tout aux croyances, et que les « nones » semblait être un ensemble de personnes sans convictions. Jusqu’à récemment […] c’était le groupe de ceux qui étaient “sans religion », qui “ n’avaient pas ” de croyances, qui “n’étaient pas ” membres d’une Église. Bref, on le pensait en négatif, par rapport à une appartenance religieuse ».

Pourtant lors d’une enquête européenne en 2008, plus de 23 % de personnes en moyenne déclaraient « ne pas appartenir une religion ». D’où la prise en compte croissante de ce groupe de « nones » en même temps que sa « diversité ». Et l’anthropologue donne des exemples de cette diversité : « On peut être très pratiquant sans avoir des convictions très fortes, on peut être très engagé sans être pratiquant, etc. Ainsi, on va rencontrer de plus en plus fréquemment telle personne se disant chrétienne mais n’étant pas baptisée, très engagée dans sa paroisse mais n’étant pas sûre de l’existence de Dieu ; ou encore telle autre convaincue que Dieu existe et priant régulièrement, mais n’appartenant à aucun groupe religieux.

En France, par exemple, selon un sondage Ipsos de 2010, 2 % de non-croyants affirment lire la Bible au moins une fois par semaine. On a pu également lire le manifeste “Croire en un Dieu qui n’existe pas de Hendrikse Klaas, un pasteur réformé néerlandais qui se dit athée » [...]

L’article relève aussi « la place que la société accorde à la religion [qui] va influer sur la façon dont s’exprime la non-religion. Dans certains pays comme la France ou l’Espagne par exemple, la non-religion peut être une forme de combat contre la domination d’un groupe religieux très fortement présent, [l’Eglise catholique], elle est donc assez militante ; alors que dans d’autres sociétés, plus indifférentes sur le plan religieux (comme au Royaume-Uni actuellement), c’est presque la position « par défaut ». Dans de nombreuses sociétés européennes, le groupe des non-religieux est en train de devenir une majorité. Cette majorité est souvent silencieuse puisqu’il ne s’agit que rarement de groupes constitués, et qu’il n’y a que très peu de revendications collectives. [Et l’affirmation, en 2016, d’une universitaire britannique spécialiste du fait religieux : « No religion is the new religion » (la nouvelle religion c’est de ne pas en avoir) semble de plus en plus vraie. « Enfin, relève l’anthropologue, l’existence de la non-religion a également des implications juridiques. Il existe en Europe de nombreux pays dans lesquels l’appartenance religieuse a une importance légale ou administrative. Par exemple, cette appartenance a une incidence financière sur les impôts en Allemagne. Ou en Italie où l’on peut attribuer « 8 pour 1000 » (0,8 %) de ses impôts à une institution de son choix, ce dont bénéficie entre autres l’Eglise vaudoise (réformée). qui n’utilise pas cet argent pour le fonctionnement de l’Eglise mais pour des œuvres sociales.



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