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Femmes

 

 

Claudine Castelnau

 

 

20 septembre 2021

Le 11 septembre, les autorités talibanes ont organisé une conférence
visant à prouver que leur vision des femmes était partagée par la population
(Sandra Calligaro/Libération)


Afghanistan


Elles font depuis des jours la une de vos journaux ou des sites internet. Après les questionnements sur leur avenir, les affirmations des talibans que rien ne devrait changer leur situation, c’est l’amertume et le désespoir pour certaines : vendredi dernier, à Kaboul, le panneau indiquant le Ministère de la condition féminine a été supprimé et remplacé par un panneau du Ministère du vice et de la vertu.

Sur les réseaux sociaux, des vidéos montraient des femmes employées du ministère défunt, suppliant les talibans de garde de les laisser reprendre leur travail.

Sur la photo de presse publiée, on distingue une femme enterrée sous une burqa, ce vêtement qui couvre tout le corps avec une grille en tissu dissimulant les yeux et que les talibans avaient imposé aux femmes avec d’autres règles soi-disant islamiques, durant leur main mise sur l’Afghanistan dans les années 90.

Or depuis 20 ans, les femmes afghanes avaient lutté et gagné un certain nombre de droits basiques mais l’inquiétude règne, depuis le retour des talibans, qu’elles perdent ces acquis avec le nouveau gouvernement intérimaire entièrement composé d’hommes. Et ce malgré les promesses des leaders talibans qui faisaient croire qu’ils avaient changé ainsi que leurs politiques, dont celle concernant les femmes aussi.

Des défenseurs des droits de l’homme ont déjà dénoncé le Ministère du vice et de la vertu pour avoir fait taire la dissidence, pour avoir réduit par la violence les droits des citoyens - en particulier ceux des femmes et des jeunes filles - et répandu la peur et la méfiance dans les communautés depuis le retour des talibans.

A ces critiques, ils répondent que le but premier est de « servir l’islam ». Le Ministère du vice et de la vertu nouvellement ressuscité (dont le nom exact est « Ministère de la Propagation de la vertu et Prévention du vice ») et qui avait déjà sévi entre 1996 et 2001, est chargé d’appliquer des mesures de « moralité » dans les rues et pour cela d’appliquer une interprétation stricte de la loi islamique, la sharia.

Et l’application de cette loi islamique a commencé par malmener les femmes, les battre même si elles étaient jugées « immodestes » dans leur tenue ou non accompagnée d’un gardien mâle. Les filles n’ont plus accès aux études au delà du primaire, alors que les collèges et lycées de garçons ont rouvert avec des professeurs uniquement hommes. Let La presse relève que a musique et la danse, comme les échecs et les cerfs-volants sont interdits comme les coupes de cheveux à l’occidentale ou les barbe rasées pour les hommes.

Une femme qui travaillait au ministère de la condition féminine a raconté à la presse que les employées féminines de ce ministère ont tenté de revenir travailler depuis des semaines mais elles n’ont pu pénétrer dans le bâtiment. « Rien ne sera plus comme avant, dit l’une d’elles. Nous avons toutes des responsabilités familiales, Nous somme éduquées et nous ne voulons pas être confinées chez nous. » 

« Bien que toujours marginalisées, note Libération, les femmes afghanes ont acquis des droits fondamentaux ces vingt dernières années, notamment dans les villes, devenant parlementaires, juges, pilotes ou encore policières. Des centaines de milliers d’entre elles ont intégré le marché du travail – souvent par nécessité, car nombreuses sont devenues veuves ou soutiennent des maris désormais invalides après deux décennies de conflit. »

En attendant que les autorités talibanes permettent à nouveau aux femmes d’étudier et de travailler, en respectant la loi islamique, c’est en tout cas ce qu’elles affirment aux Occidentaux, les femmes sont priées de rester chez elles par « mesure de sécurité ». Il semble pourtant que l’insécurité vienne plutôt des combattants talibans pour l’instant qui, par exemple, ont attaqué et battues des femmes qui protestaient, dans plusieurs manifestations, contre la composition du gouvernement intérimaire sans une femme...

« En attendant, dit une femme rencontrée devant l’ancien ministère des femmes, les talibans vont-ils trouver compatible avec l’islam si des femmes afghanes [sans ressources parce que sans travail] mendient le long des routes ? »

 

 

Inde


Autre nouvelle, en Inde, où une enquête a été ouverte par la commission nationale indienne chargée de la protection des droits de l’enfant après qu’une vidéo ait été largement diffusée sur les réseaux sociaux montrant une procession d’une dizaine de très jeunes fillettes (moins de 5 ans) nues défilant dans un village du centre de l’Inde touché par la sécheresse. Elles participent à un rituel dédié au dieu de la pluie.

La nouvelle est parue dans le magazine Vice : « Pour invoquer le dieu de la pluie, certains rituels indiens requièrent que des femmes et des filles se dénudent [...] Elles passent de porte en porte, suivies par une procession de femmes plus âgées. L'une d'entre elles, dans la vidéo, explique que le rituel sert à invoquer le Dieu de la pluie pour sauver les récoltes de riz flétri. » Un dieu de la pluie qui requiert que femmes et filles se dénudent pour l’invoquer.

« Ces rituels ne sont pas rares dans le monde, explique un chercheur. Dans le cas de l'Inde, la tradition et le folklore associent la pluie et la fertilité au corps féminin. » Le magazine Vice remarque que l’enquête menée après des réactions choquées et qui tente de définir le degré de consentement des jeunes filles sera sans grand résultat : ces rituels font partie des coutumes d’une société et il est bien difficile de les remettre en question ! D’ailleurs, aucune plainte n’a été enregistrée.

Vice signale que d’autres rites pour invoquer les divinités de la pluie existent en Inde : « On peut ainsi demander aux hommes de se rouler sur un lit d'épines ou aux femmes célibataires de labourer les champs nues. »

 



Robes pastorales

Encore des femmes mais on change de registre : Sur le site de la chaîne de télévision FR3 régions Alsace une histoire de robe pastorale et et femme de pasteur créative ! Virginie Faux a créé l'année dernière près de Strasbourg une entreprise unique en son genre : une maison de couture dédiée aux vêtements de culte.

Costumière, vivant avec un pasteur, elle revisite et dépoussière robes pastorales, étoles ou chasubles. Pour lutter contre la morosité liturgique, Virginie Faux, costumière à Breuschwickersheim près de Strasbourg a décidé de redessiner des robes pastorales. Avant, Virginie Faux restaurait des costumes anciens pour les musées, les collectionneurs privés. Parfois, forte de son diplôme de styliste obtenu du  Fashion Institute of Technology de New York, elle concevait ses propres créations. Puis touchée par une amie comédienne et pasteure et mal fagotée elle se lance.

La robe pastorale remonte au 16e siècle, elle n'a pas changé depuis Luther. A la base c'est la robe universitaire des doctorants, des théologiens. Elle symbolise le savoir et une certaine distance. « La coupe aussi est tout un symbole. Une tête qui dépasse d'un drap de laine noire, [...] et un double rabat blanc ça ne va à personne.  C'est encombrant, ample et très lourd.  Elle sert en fait à cacher la personne, la silhouette pour s'effacer devant la charge, le ministère. On se noie dedans. » 

Et l’amie veut, sur scène comme au temple, rester féminine, jolie. Dieu l'a faite ainsi après tout. « En discutant avec d'autres pasteurs, hommes et femmes, j'ai senti que beaucoup trouvaient la robe pastorale imposante, austère vieillotte. Qu'elle ne leur ressemblait pas, ni même aux valeurs de modernité qu'ils défendent. »

Avec un mari pasteur et sa caution théologique, Virginie s’est mise au travail. Les plus conservateurs ont jugé la robe trop féminine, trop près du corps. Il y a eu tout un débat sur la question : une femme pasteur peut-elle montrer sa féminité ?

Ainsi nait, l'année dernière, la première robe pastorale sur mesure. Version années 50, très cintrée, gros boutons de nacre, la robe de Débora. « Elle a beaucoup fait parler d'elle cette robe. En bien ou en mal. Les plus conservateurs l'ont jugée trop féminine, trop près du corps. Il y a eu tout un débat sur : une femme pasteur peut-elle montrer sa féminité ? »

A ce débat de fond sans fin, Virginie semble avoir trouvé sa réponse. La robe pastorale d’une autre femme pasteur plutôt années 60, arrive au-dessus du genou. Et le fameux rabat blanc n'est plus qu'un pointillé. « Elle s'en sert pour les baptêmes, les cérémonies importantes sauf les enterrements. Grâce à cette amie très présente sur les réseaux sociaux, mon travail s'est diffusé partout. » 

L'UEPAL, l'Union des Églises protestantes d'Alsace et de Lorraine, n’a pas tranché. Si ses robes pastorales ont bien évidemment une portée féministe, la démarche de Virginie va plus loin. Elle a aussi fait des étoles aux couleurs de l’arc-en-ciel pour de pasteurs LGBT. Casser les codes et les traditions. Être soi. « J'ai fait des étoles aux couleurs de l'arc-en-ciel pour les pasteurs LGBT. C'est la pièce que j'ai le plus vendu. Une douzaine je pense. Le carnet de commandes de Virginie est plein jusqu'en décembre et les demandes toujours plus décomplexées. Attention tout de même à ce que le culte ne devienne kermesse. Oui évidemment, il ne faut pas faire n'importe quoi, il faut rester sérieux tout en dépoussiérant l'habit, c'est toute la difficulté de l'exercice. »




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