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Les talibans

imitateurs du Prophète

 

Claudine Castelnau

 

 

6 septembre 2021

Le Monde du 6 septembre a publié un long article de son correspondant en Asie du Sud-Est sur les talibans. Qui sont-ils et que croient-ils ces « pointilleux imitateurs du Prophète » ?  Plus les jours passent, plus les minces espoirs de voir les talibans s’être convertis aux vertus de la modération politique s’amenuisent. Mais s’il n’est cependant pas exclu que les nouveaux maîtres de l’Afghanistan continuent à faire preuve d’un certain pragmatisme en politique, il y a bien un domaine où ils n’ont aucune raison de changer : la religion.


Les talibans appartiennent à un courant doctrinal spécifique de l’islam et c’est ce modèle auquel ils n’ont cessé de se référer depuis la création de leur mouvement, en 1994. Puritanisme, lecture littérale du Coran, « imitation » stricte du Prophète, et cela dans les détails les plus triviaux − de la longueur de la barbe à celle du pantalon, ce dernier devant descendre à mi-chevilles, et pas plus bas : c’est le souci pointilleux de se conformer à ce point à Mahomet qui constitue leur strict credo.


Qualifier les talibans d’« islamistes » est insuffisant, ou trop vague, pour rendre compte de l’idéologie religieuse des "séminaristes" et de leur conception de la charia, la loi islamique. »  Ils ont étudié [d’où leur surnom de « séminaristes »], dans des madrasas – écoles coraniques – qui  se rattachent  à un mouvement où l’accent  est mis sur un puritanisme, une vision austère de la religion en même temps qu’une certaine ouverture théologique et intellectuelle.
 Il s’agissait de « purifier » un islam jugé dévoyé en exaltant l’authenticité d’un retour aux origines.


Mais dans les années 1990, les talibans ont adopté une rigidité doctrinale, considérant toute possibilité de débat doctrinal comme « une hérésie en puissance ».  « Les talibans privilégient une interprétation fondamentaliste de l’islam, considèrent l’ijtihad, ou possibilité d’"interprétation" du Coran, comme anathème, et interdisent le rôle des femmes dans l’espace public [...]
Entre obsession du corps des femmes, puritanisme extrême et projet "national" transethnique pour un nouvel Afghanistan, les talibans n’ont pas d’autre horizon théologique que celui d’une ‘imitation’ pointilleuse du Prophète. »

 

Plus étonnant peut-être, au-delà de la dimension théologique et religieuse, note le correspondant du Monde, c’est l’aspect « réformiste social » des talibans : issus des Pachtounes de l’ethnie principale, les séminaristes « libérés » en 1996 des camps de fortune au Pakistan où végétaient des millions de réfugiés afghans depuis l’invasion soviétique, vont imposer un projet national qui a pour objectif de transcender les clivages tribaux [...]  Pourtant, « leur interprétation du Coran s’est parfois révélée en contradiction avec le code coutumier pachtoun, le pachtounwali, notamment sur la question du droit des femmes à hériter. »


 
Entre obsession du corps des femmes, puritanisme extrême et projet « national » transethnique pour un nouvel Afghanistan, les talibans n’ont pas d’autre horizon théologique que celui d’une « imitation » pointilleuse du Prophète, seule référence religieuse qui constitue le socle de leur vision du monde.

 

·       .

 

·      Le lundi 6 septembre, les talibans ont annoncé contrôler la vallée du Panchir, une vallée au nord-est de Kaboul, un bastion antitaliban, où s’était organisée la résistance contre eux sous la direction du Front national de résistance conduit par Ahmad Mansour, le fils du commandant Mansour assassiné le 9 septembre 2001.


A Genève, la semaine passée, le frère du commandant Massoud est venu lancer un appel à l’aide, au nom de son neveu. Et durant cette rencontre, raconte Le Dauphiné Libéré, un ami du commandant Massoud a annoncé que « les talibans venaient de détruire son tombeau, au Panshir. Qui a dit qu’ils avaient changé ? Ont ressurgi alors les images de lapidation et [la destruction] des bouddhas de Bâmiyan. »


Ces fameuses trois statues monumentales en haut-relief, de bouddahs debout dans la paroi d’une falaise dans la vallée du Bâmiyan au centre de l’Afghanistan, sculptées, on ne sait précisément, entre le 3e et le 5e siècle, ont subi des tentatives de destruction dès le 7e siècle et l’arrivée de musulmans en Afghanistan. Mais elles ont été complètement détruites par les talibans sur ordre du mollah Omar en mars 2001 après onze jours de bombardements intensifs.


L’autoproclamé « Commandeur des croyants »
avait déclaré qu’il était « fier de tous les talibans qui avaient participé à la destruction de cette horreur impie synonyme d'une religion pour dégénérés. » Il parlait du bouddhisme...  « En un instant, ce mardi matin, l’histoire en marche est venue illustrer ce que le frère du commandant Massoud était venu dire à la planète, écrit Le Dauphiné. S’il est un espoir d’entrouvrir le « rideau d’obscurité » qui s’est abattu sur l’Afghanistan, c’est Massoud le jeune qui le porte [...] Il représente probablement la dernière opportunité que l’on a de se battre contre le terrorisme. »


Le frère de Massoud est venu aussi venu mettre en garde les  Occidentaux : l’Europe sera la première visée par le terrorisme ; Il affirme aussi que les talibans ne contrôlent pas le pays. « Ils ont hérité du pouvoir mais ils n’ont pas conquis le cœur des Afghans. »  les plus de 3 millions de personnes qui ont pris la route pour fuir leur avancée en sont un signe. L’Afghanistan d’aujourd’hui n’est plus celui d’il y a 20 ans,  lors de la première prise de pouvoir des talibans. « Le peuple a eu de la liberté et des médias. Nos filles sont allées à l’école, certaines sont devenues pilotes de ligne.  Aidez-nous ! ». Même si Ahmad Wali Massoud sait que seuls les Afghans pourront se libérer. En attendant, son neveu est seul dans ses montagnes, conclut Le Dauphiné libéré.






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