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I.V.G. aux États-Unis
et Joe Biden


 

Claudine Castelnau

 

 

6 septembre 2021

La question hautement politique de l’avortement est revenue en force aux Etats-Unis. Une fois encore ! Et c’est le problème qui divise le plus la politique américaine et depuis longtemps : les démocrates, actuellement au pouvoir et qui soutiennent largement le droit de choisir (« pro choice ») des femmes font face ces dernières années à des groupes conservateurs antiavortement qui défendent avec constance l’adoption d’une loi plus restrictive dans les Etats gouvernés par les Républicains.

Certains même veulent une législation interdisant tout avortement y compris sur la base d’anomalies génétiques décelées, comme le syndrome de Down (appelé aussi trisomie 21, qui peut provoquer des handicaps physiques ou intellectuels). « Cela reflète directement la volonté du peuple car il a élu des législateurs qui veulent réglementer l'avortement et veulent veiller sur la vie des enfants à naître ainsi que sur la vie de leurs mères », dit une militante antiavortement de l’Etat d’Arizona.

Pourtant un sondage de 2019 indiquait que la majorité des Américains souhaitaient que l’avortement reste légal mais dans des circonstances bien définies. C’est ce qu’une enquête du Pew Research Center montre encore : 59 % des Américains veulent que l’avortement reste légal dans tous les cas ou dans la plupart des cas. Et pourtant une association pro choice, Planned Parenthood et d’autres qui militent pour une parenté planifiée (qui correspond plus ou moins au Planning familial français) remarquent que 29 Etats américains sur 50 ont une majorité d’élus qui soutiennent activement des législations antiavortement. Et le fait que Donald Trump ait nommé des membres très conservateurs à la Cour suprême, la plus haute juridiction américaine , qui aura à juger en dernier ressort de contestations juridiques sur la question de l’avortement inquiète les groupes pro-choix...


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La question de l’avortement est devenue une affaire hautement politique en même temps que religieuse avec le nouveau Président américain. Joe Biden est le second Président catholique élu après John Kennedy. Il est aussi le premier Président auquel certains évêques catholiques américains voudraient faire interdire l’accès à la communion pour son attitude contraire à la doctrine officielle de l’Église catholique.

Biden n’est pas le premier politique américain à avoir soutenu le droit à l’avortement et avoir été menacé de sanction par le clergé catholique. Ainsi John Kerry, ancien secrétaire d’Etat avait été menacé de la même interdiction de communion lorsqu’il s’était présenté comme candidat à l’élection présidentielle en 2004 avec des opinions ouvertement pro choice, déclenchant un tollé de la part des évêques américains qui avaient alors adopté une résolution affirmant que les politiciens qui soutenaient le droit à l’avortement « coopèrent au mal ».

Mais la question ne fait pas l’unanimité dans le monde catholique, elle divise même : les affaires de pédophilie depuis une dizaine d’années concernant des prêtres et religieuses et la baisse importante du nombre de fidèles pèsent sur une décision qui serait considérée comme une punition du plus connu des Américains catholiques, un homme qui va à la messe tous les dimanches et parle ouvertement de sa foi.

Certains évêques américains font des déclarations musclées pour rappeler que « ceux qui persistent dans le péché ne doivent pas être admis à la communion. » D’autres comme le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, l’institution du Vatican de surveillance théologique appelle à la prudence les prélats américains qui ont annoncé vouloir délibérer de la possibilité de refuser la communion à des personnalités publiquement engagées en faveur de mesures condamnées par l’Église, telles que l’avortement ou l’euthanasie.

Un risque que la paroisse jésuite de Joe Biden à Washington ne semble pas près de prendre ! Il reste que le facteur religieux est fluctuant dans le vote américain et qu’en 2016, les électeurs pratiquants de toutes confessions religieuses, avaient tendance à privilégier le vote Trump qui a été élu. 

On sait aussi qu’il était surtout populaire chez les catholiques blancs alors que les catholiques latinos soutenaient surtout Joe Biden lors des élections de 2020.

Un Biden qui a fait de sa foi catholique une partie intégrante de sa personnalité contrairement à d’autres candidats qui ont souvent minimisé leur appartenance religieuse ou comme Alfred Smith en 1927, premier candidat catholique à la Maison Blanche dont on se demandait si son catholicisme était compatible avec sa dévotion à son pays et qui dû faire face à une forte fronde anticatholique et antipapiste.
Beaucoup de protestants pensaient aussi que sa politique, s’il était élu, serait dictée par le pape.

Plus près de nous un John Kennedy a dû se défendre comme beaucoup de catholiques américains de la méfiance d’une nation majoritairement protestante dès les débuts et qui se méfiait de ces catholiques loyaux à Rome...


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La communauté chrétienne sur internet Faithful America, qui propose d’agir en tant que croyant pour la justice sociale, a publié une déclaration d’une soixante d’évêques rappelant que les évêques catholiques américains ont soutenu pendant des années Donald Trump (divorcé deux fois, dont la moralité n’était pas évidente et que le pape François n’avait pas hésité à taxer de « pas chrétien » en raison de ses politiques contre l’immigration).

Faithful America a aussi demandé que ces évêques cessent de faire prévaloir un point de vue politique et se servent de l’Eucharistie comme d’une arme politique contre Biden. L’évêque de San Diego a écrit dans la revue jésuite America que les évêques doivent au contraire « se focaliser sur le mal intrinsèque du racisme » [en Amérique].

Et Faithful America conclut son message en encourageant ces évêques engagés aux côtés du pape qui n’hésite pas, lui, à travailler avec Joe Biden malgré leurs différences politiques. « Ces évêques comprennent ce qui est vraiment en jeu lorsqu’ils donnent la priorité aux points de vue politiques bon marché sur la grâce spirituelle, et pour cela nous devons les remercier. »



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Sur son site, franceinfo a publié le 5 septembre un texte choquant et inquiétant après qu’un texte de loi ait été adopté au Texas, un Etat conservateur du sud des Etats-Unis, permettant à des citoyens de dénoncer les personnes qui aideraient des femmes à interrompre leur grossesse après le délai légal, en échange d’une prime ! « C'est le texte qui porte le coup le plus sévère au droit à l'avortement depuis près d'un demi-siècle aux Etats-Unis, relève franceinfo.  Une nouvelle loi texane limitant drastiquement la possibilité d'interrompre sa grossesse est entrée en vigueur mercredi 1er septembre et permet à tout citoyen de dénoncer, contre récompense, les personnes qui aident les femmes à avorter après six semaines de gestation. »

Cette loi, appelée « loi du battement de cœur » ravive surtout le débat sur les chasseurs de primes. Elle interdit tout avortement à partir du moment où un battement de cœur de l'embryon est détecté, soit environ après six semaines de grossesse.

Cette loi encourage surtout les citoyens à porter plainte auprès d’un tribunal contre ceux qui aideraient les femmes à avorter après 6 semaines de grossesse, que ce soit le médecin, le chauffeur de taxi qui a amené la femme à la clinique, ceux qui l’ont aidée financièrement.

Un juriste ancien procureur fédéral cité par franceinfo remarque qu’avec cette loi « chaque citoyen est désormais un procureur général privé [...] La loi est calculée, dit-il encore, pour submerger quiconque est perçu par les conservateurs comme lié à l'avortement, avec des poursuites coûteuses, accablantes. »

Et même si ce « déluge de petits procès sans fondement » n'aboutit pas, ce parcours juridique sera à lui seul, « destructeur » pour les personnes visées. Et la prime de 10 000 dollars (près de 8500 euros) peut être tentante pour le délateur, en cas de condamnation. Même si des lobbyistes d’autres organisations anti avortement tentés par la loi texane jurent leurs grands dieux que les délateurs ne feront pas cela pour de l’argent...

On note tout de même que de nombreuses personnalités, dont Joe Biden, s’opposent à la loi votée par 5 magistrats sur 9. Le président américain a dénoncé la délation encouragée par cette loi. « La chose la plus pernicieuse dans cette loi au Texas, a déclaré Joe Biden, est que cela crée une sorte de système de justiciers autoproclamés, avec des gens qui perçoivent des récompenses. » Et le président a dénoncé le refus de la Cour Suprême de bloquer cette loi qu’il considère comme « un assaut sans précédent cotre les droits des femmes. »

En permettant la loi [même si des citoyens peuvent toujours s’y opposer devant les tribunaux], la Cour Suprême laisse s’installer loi radicale qui est une violation flagrante du droit constitutionnel reconnu dans l’arrêt Roe v. Wade,  une décision de la Cour suprême de 1973 qui garantit un droit à l’avortement dans tous les Etats d’Amérique.

Joe Biden a aussi annoncé qu’il avait demandé aux ministères de la Justice et de la Santé d’étudier ce qu’il était possible de faire pour aider les femmes sur le plan national. Des associations qui aident les femmes à avorter sont sur le pied de guerre pour contrer cette loi tandis que certains du monde médical s’inquiètent aussi de cette loi du Texas qui risque de rendre plus dangereux les avortements après 6 semaines pour des femmes ayant peu de ressources financières.





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