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Bénédiction du mariage d'un couple de même sexe dans une église catholique allemande de Cologne

Allemagne

Église catholique

 


Claudine Castelnau

 

 

31 mai 2021

Que se passe-t-il dans l’Eglise catholique  en Allemagne ? Ce n’est pas la première fois qu’elle est dans la tourmente mais il semble que cette fois-ci la « crise » soit grave.  Le Monde dans un article du 15 février
parlait même de « la plus grave crise » de son histoire.

En question, le cardinal Rainer Maria Woelki, archevêque de Cologne, qui refusait de publier un rapport, réalisé par un cabinet juridique, sur les abus sexuels sur des mineurs commis par des membres de son diocèse entre 1975 et 2018. Le conseil diocésain de Cologne (composé de prêtres et de laïcs) avait décidé devant ce refus de retirer sa confiance à l’archevêque de Cologne : « La façon dont on se comporte à la tête de l’archevêché est incroyable, au moment où notre Eglise traverse la plus grave crise de son histoire. En tant qu’instance morale, l’archevêque de Cologne a gravement failli », avait déclaré le président du conseil diocésain.

Une situation qui ébranle aussi la crédibilité même du programme de réforme de l’Eglise catholique allemande. Et ce, souligne Le Monde,
« dans un contexte d’érosion massive du nombre de fidèles : en 2019, plus de 272 000 personnes ont quitté les rangs de l’Eglise catholique en Allemagne, en décidant de cesser de payer l’impôt religieux (une particularité allemande qui stipule que les croyants inscrits comme membres doivent verser une partie de leur impôt sur le revenu – entre 5 % et 10 %, selon les Länder – à l’institution cultuelle dont ils sont membres). Jamais, dans l’histoire, ce nombre n’avait été aussi élevé. »

[Mais l’hémorragie est semblable chez les protestants allemands avec 270 000 fidèles désinscrits en 2019. Cette année-là, plus d'un tiers de la population allemande (38,8 %), se déclarait sans religion (32,3 millions). L'Allemagne comptait aussi 55,1 % de chrétiens déclarés dont 27,2 % de catholiques (22,6 millions) et 24,9 % de protestants (20,7 millions) membres de l'Église évangélique en Allemagne qui regroupe luthériens et réformés.

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Toujours en Allemagne, au mois de mai, des prêtres catholiques défiaient le Vatican en bénissant des couples homosexuels. L’affaire a été couverte par de multiples médias. Le correspondant à Berlin du Monde écrivait le 11 mai dernier : L’initiative baptisée « L’amour gagne » [en réaction à une note publiée à la mi-mars par la Congrégation pour la doctrine de la foi] a été prise par une centaine de prêtres.

Ce texte qualifiait l’homosexualité de « péché » et rappelait l’impossibilité pour les couples de même sexe de recevoir le sacrement de mariage. Le 10 mai, quelque 120 prêtres ont alors béni le mariage de couples homosexuels dans leurs églises, défiant ouvertement le Vatican.

Et depuis la publication de cette note du Vatican, plus de 2 600 prêtres, laïcs, religieux, ainsi que près de 300 professeurs de théologie ont signé un appel pour exprimer leur désaccord et défendre au contraire l’ouverture du mariage « à toutes les personnes qui s’aiment », quelle que soit leur orientation sexuelle.

Cette rébellion dans l’Eglise catholique allemande arrive 4 ans après que le Bundestag a voté une loi permettant aux couples de même sexe de se marier civilement et d’adopter des enfants et alors que les instances catholiques du pays [Conférence des évêques et Comité central des laïcs] mènent un dialogue sur le célibat des prêtres, la morale sexuelle ou la place des femmes dans l’Eglise.

« Dans ce contexte, souligne Le Monde, les bénédictions de couples homosexuels qui ont eu lieu, le 10 mai, sont un symptôme du fossé croissant qui sépare une partie de l’Eglise catholique allemande du Vatican. Elles révèlent aussi les divisions profondes qui opposent les catholiques outre-Rhin, déchirés entre réformateurs et conservateurs, au premier rang desquels figure l’archevêque de Cologne, Rainer Maria Woelki. »

Et l’affaire n’est pas terminée, au contraire, puisque les prêtres qui ont soutenu l’initiative « L’amour gagne » ont annoncé qu’elle avait vocation à se pérenniser. « L’Eglise catholique a longtemps affirmé que la Terre était plate et nous a imposé de le croire. On devait aussi croire qu’Adam et Eve avaient réellement existé... Puis elle a dû changer sa position », remarque une femme qui a prêché dans son église de Düsseldorf la veille, comme 12 autres femmes à travers l’Allemagne. « Et le Vatican n’a pas apprécié..., ajoute-t-elle. Mais après tout l’Eglise peut changer d’enseignement ».

Et les bénédictions de couples de même sexe font partie d’une mouvement qui grandit parmi les catholiques libéraux allemands. Mais il faut être patient, jusqu’au désespoir parfois. Ainsi cet homme qui avait posé une rose sur le siège voisin du sien lors de la bénédiction du 10 mai. Son compagnon de longues années est mort quelques mois avant cette cérémonie.  « La rose était une manière de demander aussi une bénédiction pour le compagnon décédé et pour que celui qui reste ait le courage de vivre cette perte », a expliqué le prêtre.

Le mouvement de désobéissance ou même d’abandon de l’Eglise catholique en se faisant rayer des listes des paroisses a gagné la Belgique. L’évêque Johan Bonny d’Anvers, expliquait récemment dans l’hebdomadaire catholique britannique The Tablet que 700 jeunes fidèles de cette Eglise belge, dans un pays longtemps un bastion du catholicisme avaient formellement quitté l’Eglise depuis la déclaration du Vatican rappelant que l’homosexualité est un « véritable désordre » et que les transgenres « s’éloignaient de la nature humaine ».
2000 autres jeunes belges auraient, toujours selon l’évêque d’Anvers, demandé à être rayés des registres de baptême.



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