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Thérapies de conversion


Claudine Castelnau

 

 

22 mai 2021

En décembre dernier, 370 responsables d’Eglises de 35 pays [dont l’ancien archevêque anglican sud-africain Desmond Tutu] avaient signé une déclaration publique à l’initiative de la Commission interconfessionnelle mondiales sur les vies LGBT+ basée à Londres, visant à interdire les thérapies de conversion, des « pratiques néfastes » visant à modifier l’orientation sexuelle des personnes LGBT+.

Une déclaration qui avait pour but d’interpeler sur les « dangers » de ces pratiques [qui peuvent conduire jusqu’à la dépression et au suicide]. En même temps qu’un appel aux croyants, LGBT+ ou non, à s’emparer de cette déclaration, à la partager avec leurs responsables religieux afin que les enseignements religieux dans les diverses Eglises et communautés ne tolèrent plus ces discriminations et condamnations.

« C’est extrêmement important parce que c’est la première fois qu’un mouvement contre les thérapies de conversion part des Églises », soulignait la responsable d’une association « pour l’inclusion des personnes LGBT+ ». Et elle constatait que « cela se pratique aussi bien dans les églises catholiques que protestantes. Souvent, les thérapies de conversions se situent dans une zone grise. Elles promettent d’accompagner et de soutenir les personnes homosexuelles mais tout en les culpabilisant. Il se crée parfois des phénomènes d’emprise mentale à la limite de l’emprise sectaire. Au prétexte de changer l’orientation sexuelle des fidèles, on prend le contrôle de la vie de ces croyants », résume-t-elle, condamnant les pratiques violentes consistant en des exorcismes répétés.

Et elle soulignait le danger qu’il y a à soumettre des adolescents à ces thérapies de conversion. « Ce n’est pas parce que de nombreuses Églises considèrent l’homosexualité comme un péché qu’il faut laisser se perpétrer des abus envers les personnes LGBT +. »

Ainsi la déclaration reconnaît que « certains enseignements religieux ont, à travers les âges, été mal utilisés pour causer de profondes souffrances et offenser les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, queer et intersexuées. Cela doit changer. » Pour exemple, un homme a raconté dans une interview à la BBC qu’il il y a 40 ans il avait des mois durant et plusieurs fois pas semaine, subi des soi-disant expériences pour le « guérir » de son homosexualité, dans le cadre de recherches de l’Université de Birmingham. Entre autres des électro-chocs qui lui ont laissé un stress permanent et une santé mentale défaillante. Sans succès car il est aujourd’hui encore homosexuel et vit de plus une immense frustration.

 

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Après une consultation auprès des Églises, un projet de loi devrait bientôt être présenté au parlement britannique :
« Des mesures vont être prises pour interdire les thérapies de conversion ». C’est ce qu’à annoncé la reine Elizabeth II lors du discours du Trône qu’elle a lu le 11 mai, au Parlement de Westminster, et qui marque l’ouverture d’une nouvelle session législative. Le discours du Trône est écrit par le Premier ministre et son gouvernement et la reine, qui a un devoir de réserve constitutionnel, n’a pas à donner son opinion. Ce que la reine, chef de l’Église anglicane, pense de cette pratique de la thérapie de conversion par exemple, est impossible à savoir.

Le texte publié par la ministre de l’Égalité, a apporté plus de détails : « Une loi sera présentée pour protéger la population de la pratique coercitive et détestable des thérapies de conversion au Royaume-Uni. » Mais le gouvernement entamera d’abord une consultation afin de s’assurer que toute législation à venir « respectera les libertés religieuses » et les « formes légitimes de soutien »... D’où cette consultation des Eglises, annoncée.

 

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Le 16 mars dernier, l’hebdomadaire anglican Church Times publiait un article sur le projet du gouvernement d’interdire toutes formes de thérapies de conversion des LGBT. Et relevait la réaction immédiate des évangéliques de l’Evangelical Alliance, qui suggérait que ces mesures pourraient « restreindre la liberté individuelle» et « criminaliser les chrétiens » et « les activités ordinaires dans l’Eglise ».

On peut s’étonner que ces pratiques de thérapie de conversion et leur face noire et inquiétante pour ceux qui y sont soumis soient défendues par certains. C’est pourtant le cas... Le directeur de l’Evangelical Alliance (l’Alliance Evangélique) a écrit au Premier ministre Boris Johnson que « si les traitements par électro chocs et les viols correctifs de femmes et d’hommes [destinés à les corriger de leurs tendances homosexuelles] sont clairement mauvais et devraient être interdits, la définition de la thérapie de conversion adoptée par le Gouvernement était problématique et pourrait restreindre la liberté religieuse et criminaliser les activités religieuses. »

Et le directeur de l’Alliance évangélique ajoutait : « La Bible est claire au sujet des relations sexuelles qui doivent être limitées au mariage monogame et entre un homme et une femme. Pour les chrétiens qui suivent cet enseignement biblique [...] la proposition d’en finir avec la thérapie de conversion ne doit pas empêcher les gens de chercher et de recevoir de l’aide pour vivre dans la chasteté [...] Ironiquement, ceux qui appellent à interdire les thérapies de conversion promeuvent des stratégies qui discriminent les gens à partir de leur sexualité. »

 

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En France, la ministre de l’égalité a annoncé la publication d’une circulaire rappelant que les « thérapies de conversion » qui considèrent l’homosexualité ou la transidentité comme des « maladies » sont condamnables. Les militants LGBT+ réclament d’aller plus loin en interdisant légalement ces pratiques qui visent à modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne.

« Les “thérapies de conversion” sont des atteintes à la dignité et à l’intégrité humaines totalement inacceptables », a répondu la ministre, évoquant, selon Le Monde, « des pratiques moyenâgeuses qui sont strictement interdites dans notre pays. [...]  Les victimes peuvent donc porter plainte [...]. Notre code pénal condamne fermement les délits d’abus de faiblesse ou de harcèlement, les délits de discrimination, les propos homophobes ainsi que les violences volontaires. »

Ces thérapies de conversion et autres discours menaçant de l’enfer parfois ceux qui sont considérés comme des « déviants » fait penser parfois à l’Inquisition et à sa chasse aux hérétiques jusqu’au bûcher...
Ou plus proche de nous et pour cause d’homosexualité à Adam Turing, ce brillant mathématicien et cryptologue mort en 1954 qui joua un rôle important durant la Seconde guerre mondiale en décryptant les messages de l’armée allemande. Poursuivi en justice en 1952 pour homosexualité, il choisit, pour éviter la prison, la castration chimique par prise d'œstrogènes. Il est retrouvé mort par empoisonnement au cyanure le 8 juin 1954. Un suicide sûrement. Il faudra attendre 2013 pour que la reine Elizabeth le proclame héros de guerre et qu’il soit « grâcié » à titre posthume. Comme un malfaiteur...



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