Protestants dans la ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français

 



Ukraine
La Pâques orthodoxe du 2 mai
et la Fête de la Victoire du 9 mai

 

Claudine Castelnau

 

 

26 avril 2021

Les responsables religieux ukrainiens ont lancé la semaine passée un appel à l’aide à la communauté internationale pour que la paix dans leur pays soit préservée à l’intérieur de ses frontières reconnues internationalement alors que des troupes russes (on parle de 80 000 à 100 000 militaires russes) s’étaient massées le long de la frontière de l’Ukraine avec la Crimée, un territoire annexé de force par les Russes en 2014.

De même l’appel des religieux ukrainiens mentionnait les violations du cessez-le-feu à l’est de l’Ukraine, dans les régions du Donetsk et du Luhansk, occupées par des rebelles séparatistes soutenus par la Russie, une occupation militaire qui a déjà causée la mort d’au moins 13 200 combattants et civils depuis avril 2014 et « de grandes souffrances humaines », mentionne l’appel qui demande « à tous ceux qui ont la compétence et l’autorité de faire preuve de sagesse et de fermeté pour que les chants solennels de Pâques plutôt que les bruits des armes se fassent entendre sur notre terre natale en ce moment et que des vœux de Pâques sincères s’entendent lorsque les armes se tairont. »

La tension militaire, et le déploiement de troupes russes, le plus important depuis 2014, coïncide, rappelle Church Times, avec l’hostilité continue contre l’Eglise orthodoxe d’Ukraine rattachée à l’Eglise orthodoxe russe depuis 1686, qui a coupé les liens avec le patriarche russe de Moscou il y a deux ans et s’est proclamée autocéphale, soutenue entre autres par le patriarche œcuménique orthodoxe Bartholomée de Constantinople, primus inter pares du monde orthodoxe et en rivalité féroce avec le patriarche de Moscou, soutenu lui par Poutine.

L’un des responsables ukrainiens des service de sécurité ukrainiens a même déclaré la semaine passée qu’il était urgent d’exercer une « surveillance accrue sur l’Eglise orthodoxe ukrainienne » qui a gardé des liens ecclésiastiques avec l’Eglise orthodoxe russe de Moscou. Une Eglise qu’il a qualifiée de « puissante cinquième colonne » dans le pays.

Et un chercheur de l’Institut national des Etudes stratégiques en Ukraine a même déclaré qu’il craignait que « à l’occasion de la Pâques orthodoxe qui est fêtée le 2 mai et la Fête de la Victoire le 9 mai (qui commémore la capitulation de l’Allemagne nazie en 1945), la Russie puisse profiter de ce temps de fête pour des provocations en Ukraine. » 

 

.

 


Alors pourquoi cette inquiétude des Ukrainiens à l’approche de cette Fête de la Victoire ? Réponse dans le quotidien La Croix, d’une spécialiste de la Russie, enseignante à l’université Paris Ouest Nanterre : « En Russie, explique-t-elle, la mémoire de la Deuxième guerre mondiale revient à une lecture soviétique, avec une insistance sur la puissance militaire et le courage du soldat russe.  Les thématiques du pardon, de la réconciliation, de la collaboration en sont absolument exclues. Le 9 mai, plus que n’importe quelle autre fête, est porté par l’État. »

Mais après le déclenchement de la guerre dans l’Est de l’Ukraine marquée par l’intervention russe, Kiev a décidé, en 2015, dans un souci de « désovietisation » de 2015, de décréter le 8 mai « Jour de mémoire et de réconciliation ». Les autorités ukrainiennes ont renoncé aux défilés militaires pour revenir à un format plus proche de celui des Européens, avec un dépôt de fleurs en mémoire des victimes.

Le pays a également changé le nom officiel de la guerre. De « Grande guerre patriotique », un terme datant de l’époque soviétique et toujours en vigueur en Russie, on parle aujourd’hui officiellement de « Seconde guerre mondiale ». «  a décision de commémorer la victoire sur le nazisme le 8 et non le 9 mai faisait partie de l’ensemble de lois dites « de désoviétisation », adoptées en 2015, explique l’universitaire.

Sur fond du conflit dans le Donbass [la région occupée à l’est par les pro-Russes] il s’agissait pour l’Ukraine de prendre ses distances vis-à-vis de la lecture soviétique de la guerre, et surtout vis-à-vis de la Russie. Plus la mémoire de la guerre redevient centrale dans le schéma idéologique russe, notamment à travers la figure du « fascisme » qui serait de retour en Ukraine, plus il est important pour cette dernière de se revendiquer d’une autre vision de la guerre.

Le 9 mai reste cependant un jour férié, date de la victoire contre les Nazis. Mais dans le contexte actuel, que va-t-il se passer à Donestk « capitale » des rebelles pro-russes séparatistes ? Les 16 Églises et institutions religieuses ukrainiennes qui ont signé l’appel à l’aide de la communauté internationale sont membres du Conseil des Églises et Institutions religieuses ukrainiennes.
Fondé en 1996, il regroupe des Eglises orthodoxes, les Églises catholiques de rite romain et oriental, des dénominations protestantes et évangéliques et les unions juives et musulmanes, dont les musulmans de Crimée.

Et parmi les dénominations protestantes, j’ai découvert une Église réformée, la plus ancienne d’Ukraine, qui date de 1553, c’est-à-dire des premiers temps de la Réforme de Jean Calvin et Huldrych Zwingli dans la région des Sub-Carpathes, à la frontière avec la Hongrie, la Roumanie et la Slovaquie. Les responsables et les membres de cette Eglise ont été largement persécutés par les autorités communistes soviétiques et envoyés au Goulag en Sibérie. On estime que 40 000 personnes de cette région ont péri entre 1944 qui marque l’invasion de l’armée soviétique et 1956 et le soulèvement de Budapest.



Retour en page d'accueil
Retour vers Claudine Castelnau
Vos commentaires et réactions

 

 

haut de la page

   

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.