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Une petite fille indonésienne priant dans une salle de classe à Denpasar, Bali.

Photo d'archives Adek Berry/AFP

Indonésie

la cathédrale de Makassar et l'islam

 

 

Claudine Castelnau

 

 

29 mars 2021

Un attentat suicide a visé les fidèles de la cathédrale catholique de Makassar, dans l’est de l’Indonésie, dans l’île des Célèbes, à la sortie de la messe des Rameaux, ce dimanche. Les deux terroristes qui ont actionné la bombe près de l’église au moment où les fidèles sortaient sont morts et 14 autres personnes sont blessées. Un bilan provisoire. Les églises ont par le passé été la cible d'extrémistes en Indonésie qui est le pays à majorité musulmane le plus peuplé au monde.

En mai 2018, une famille radicalisée de six personnes, dont deux filles de 9 et 12 ans et deux fils de 16 et 18 ans, avaient déclenché des bombes contre trois églises de Surabaya, la deuxième ville du pays, tuant plus d'une dizaine de fidèles.
Cette même année 2018, deux autres familles liées au mouvement islamiste Jamaah Anshrut Daulah qui soutient le groupe Etat islamique (EI) avaient commis des attentats faisant au total 15 victimes et 13 morts chez les terroristes aussi.

La tradition de tolérance de l'Indonésie a été mise à l'épreuve ces dernières années par un développement des courants islamiques conservateurs, voire extrémistes, et les minorités religieuses, chrétiennes mais aussi bouddhistes et hindoues s'inquiètent pour la coexistence religieuse. Plus de 200 personnes avaient péri en 2002 dans des attentats sur l'île de Bali, qui ont été attribués à l'organisation islamiste indonésienne Jemaah Islamiyah (JI). Le président indonésien Joko Widodo a condamné fortement cet acte terroriste : « Le terrorisme est un crime contre l'humanité», avait-il déclaré. J'appelle tout le monde à se battre contre le terrorisme et le radicalisme, qui sont contraires aux valeurs religieuses. »

Makassar où vient d’avoir lieu l’attentat de ce dimanche est situé dans les Célèbes (en indonésien, Sulawesi) une île du nord de l'Indonésie, entre océan Pacifique et océan Indien. C’est la quatrième plus grande île du pays mais elle ne représente que 7 % de la population indonésienne. Récemment, les Célèbes ont été le théâtre de violences confessionnelles entre les chrétiens et les musulmans. Mais les incidents les plus graves ont eu lieu entre 1999 et 2001, avec une implication massive de milices islamistes comme le Laskar Jihad. On parle de quelque 13 500 personnes tuées alors, dans des violences, des émeutes et du nettoyage ethnique dans le centre de l'île et l'accord Malino II, signé près de Makassar, dans les Célèbes, en 2002, n'a pas mis fin à la violence. Au cours des années suivantes, les tensions et les attaques systématiques ont continué et en 2005, trois lycéennes chrétiennes avaient été décapitées par des militants islamistes. Un message laissé près d'une des têtes aurait indiqué : « Une vie pour une vie. Une tête pour une tête. »

 

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Un mot de la religion en Indonésie

Au delà de la croyance en un Dieu unique, un principe qui n’admet aucune discussion semble-t-il, le gouvernement indonésien reconnaît six religions officielles  mais théoriquement sans préséance de l’une sur les autres. Et la constitution indonésienne ne fait référence à aucune religion en particulier. Les religions reconnues sont l'islam, le protestantisme, le catholicisme, l'hindouisme, le bouddhisme et le confucianisme.

Les chrétiens, première minorité du pays représentant 10 % de la population, sont bien intégrés. La population est en majorité musulmane (90 %), mais le code de lois ne se réfère pas explicitement à la charia, ou loi islamique.
Jusqu'en 2015, il était cependant interdit d'être athée. Les Indonésiens étaient obligés de choisir l'une de ces six religions officielles pour remplir leur formulaire de demande de carte d'identité. Selon Wikipedia, cette mention obligatoire avait été imposée par l’ancien Président Suharto pour combattre le communisme. En effet, les communistes étant supposés athées, chaque Indonésien devait fournir la preuve qu’il appartenait à une religion.

Mais beaucoup aussi se sont déclarés musulmans pour accéder à des emplois dans la fonction publique ou tout simplement pour échapper aux persécutions dans les régions fortement islamisées.

Depuis 2015, l’obligation de mentionner une religion a été supprimée. Mais il reste des limites : ainsi, le mariage civil est interdit et les unions inter-religieuses sont proscrites. Selon le recensement officiel de 2010, 87,2 % des Indonésiens sont musulmans, 7 % protestants, 2,9 % catholiques, 1,7 % hindouistes, 1,3 % autres ou sans réponse, ce qui inclut le bouddhisme, le judaïsme, le christianisme orthodoxe et l'animisme.

 

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Sécularisme


L'Indonésie été ainsi un exemple de sécularisme réussi incluant l'islam, que bouleverse aujourd’hui ces mouvements islamistes intolérants et avides de trouver une influence politique et religieuse prééminente. On se souvient, en 2017, Basuki Tjahaja Purnama, le gouverneur protestant de Djakarta, la capitale, avait été condamné après un procès retentissant, à deux ans d’emprisonnement pour « insulte à l’islam » : il avait déclaré que l’interprétation par certains oulémas (théologiens musulmans) d’un verset du Coran, selon lequel un musulman ne doit élire qu’un dirigeant musulman, était erronée.

La question des libertés religieuses se pose désormais dans ce pays majoritairement musulman, avait alors concluent nombre d’observateurs. Libéré quatre mois avant la fin de sa peine, en janvier 2019, pour bonne conduite, il n’est pas certain que l’ex-gouverneur revienne à la politique. Et il a désormais abandonné son surnom chinois Atok pour les initiales de son nom civil Basuki Tjahaja Purnama : BTP.

L’ex-gouverneur n’est pas la seule victime d’accusations de blasphème en Indonésie : en juillet 2018, Meiliana, une bouddhiste, a été condamnée à dix-huit mois de prison parce qu’elle s’était plainte que les appels à la prière de la mosquée voisine étaient trop bruyants. Et le 11 novembre 2018, après qu’une femme politique chrétienne, Grace Natalie du parti indonésien de la solidarité ait annoncé que son parti ne soutiendrait pas l’application de la charia en Indonésie parce que les lois basées sur la charia étaient discriminatoires envers les femmes, des musulmans conservateurs ont déposé plainte contre elle pour « blasphème », comme pour le gouverneur.

Mais début mars, une nouvelle sur le site de l’association évangélique Portes Ouvertes raconte qu’une élève chrétienne de 15 ans, d’une école publique en Indonésie qui avait refusé de porter le hijab à l’école a eu gain de cause. Elle considérait qu’en tant que chrétienne elle n’avait pas à porter le foulard islamique dans une établissement public contrairement à la direction du lycée qui prétendait que cela faisait partie de l’uniforme. Convoquée par la direction, la jeune fille soutenue par ses parents ont fait valoir leurs « droits religieux » et la conversation enregistrée et diffusée sur les réseaux sociaux a alerté le ministre de l’Education qui a jugé que le port obligatoire du hijab dans l’uniforme constituait une forme d’intolérance religieuse qu’il refusait. Le ministère a même ouvert une ligne d’assistance téléphonique où pourront être signalés des abus de cette sorte.

 

Un vaccin halal pour l’Indonésie.

La vaccination a commencé en Indonésie, dont la population est à 90 % musulmane, avec le vaccin chinois garanti sans gélatine de porc. Le président indonésien a été le premier à se faire vacciner, pour donner l'exemple et rassurer la population sur le fait qu'il était parfaitement « halal », c’est-à-dire licite au regard des règles de l’islam qui interdit, entre autres, la consommation de porc. Mais le gouvernement a aussi fait appel à des influenceurs en train de se faire vacciner sur les réseaux sociaux pour montrer l'exemple à leurs millions d'abonnés.

 


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