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Femmes asiatiques

 

 

Claudine Castelnau

 

 

22 mars 2021

Le 16 mars, un jeune homme blanc, Aaron Long, a assassiné huit personnes dont six femmes d’origine asiatique au cours de plusieurs fusillades, dans trois salons de massage, deux dans la ville d’Atlanta et un à Cherokee County, dans la proximité. Atlanta est la capitale de l’Etat de Géorgie, un Etat du sud est américain.

On a appris ensuite qu’ Aaron Long le meurtrier avait été arrêté et que la police enquêtait pour savoir si ces crimes étaient motivés par la haine raciale. Mais aussi par une santé mentale fragile, la police ayant déclaré que Long leur avait expliqué souffrir d’addictions sexuelle et pornographique et qu’il était un client des deux salons d’Atlanta. Mais aussi qu’il suivait un traitement dans un centre évangélique de Cherokee County, tout proche du troisième salon qu’il a attaqué.

Aaron Long a aussi dit à la police que son action meurtrière était motivée par son désir d’éliminer la tentation posée par ces salons de massage.

Enfin, on sait qu’il était, comme ses parents, un membre fidèle de la Crabapple First Baptist Church d’Atlanta, une Eglise baptiste de théologie protestante fondamentaliste où il avait été baptisé jeune adulte à sa demande, les Eglises baptistes ne baptisant pas les enfants.

La Crabapple Church fait partie des Eglises de la Convention baptiste du Sud, fondée en 1845 par des baptistes favorables à l’esclavage et en désaccord avec les baptistes abolitionnistes du Nord. Lors de la Guerre de Sécession, au 19e siècle, la plupart des baptistes noirs l’ont quittée pour fonder des paroisses noires indépendantes. Mais depuis 2012, la Convention baptiste du sud a son premier président afro-américain.

Rappelons aussi qu’Atlanta et l’Etat de Géorgie font partie de ce qu’on nomme « la Bible Belt » (la ceinture de la Bible) qui compte une quinzaine d’Etats du sud des Etats-Unis d’un protestantisme évangélique conservateur qui joue un rôle important sur le plan social et politique et dont la pratique religieuse de leurs fidèles est généralement plus importante que sur le plan national.

L’église baptiste d’Aaron Long a mis plusieurs jours avant de rendre publique une déclaration prenant ses distances après avoir découvert que le meurtrier était un de leurs membres et affirmant que les fusillades étaient contraires à l’évangile et aux enseignements de l’église et qu’elle allait supprimer le meurtrier de sa liste de membres, « parce qu’il ne peut plus affirmer qu’il est vraiment un croyant régénéré en Jésus-Christ. »

On aurait peut-être attendu un accompagnement plus fraternel et charitable de cet homme sûrement en grande souffrance. L’église a demandé aussi, c’était le moins qu’elle pouvait faire, « qu’on ne blâme pas les victimes (sous-entendu malgré le métier qu’elles font), Aaron Long est seul responsable de ses coupables désirs et actions. Les femmes qu’il sollicitait pour des relations sexuelles ne sont en rien responsables de sa perversité. Ces actions sont le produit d’un cœur impur et d’un esprit dépravé dont Aaron est le seul responsable. Enfin, nous regrettons profondément la peur et la peine que ces Asiatiques-Américains vivent, résultat des actes inexcusables d’Aaron. »

 

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Le Président américain s’est rendu avec sa vice-présidente Kamala Harris à Atlanta trois jours après les fusillades et il a fortement condamné « la montée en flèche » des crimes haineux contre les Asiatiques-Américains depuis 2020 et la pandémie de Covid 19. La chaîne CNN fait état d’attaques, de dénigrements, de harcèlement, de violences physiques et verbales et d’attaques mortelles contre des membres de cette communauté d’origine asiatique.

Et nombreux sont les observateurs qui lient en partie ce réveil du racisme anti-asiatique aux déclarations de Donald Trump, extrêmement racistes malgré les critiques insistantes, y compris en nommant, de manière répétitive, le virus de la Covid de « virus chinois », ou « kung flu », jeu de mot avec « flu », la grippe, au cœur de ses démêlés diplomatiques et commerciaux avec la Chine.

De nombreux élus républicains ont adopté la rhétorique de Trump. « Depuis un an et encore plus aujourd'hui, ce genre de propos est jugé responsable du climat agressif, voire meurtrier, envers la communauté asiatique. » Et un encouragement aux suprémacistes blancs dont l’ex-président a fait ses supporters inconditionnels.

On  rappelle aussi qu’en mars 2020, déjà, la principale association de défense des communautés asiatiques avait relevé la hausse des incidents racistes et mis en place une plateforme de signalements pour les victimes. Le bilan est accablant : « En un an, l'association a reçu près de 3 800 signalements, concernant des cas d'agressions, de harcèlements ou d'insultes, dont près de la moitié (44 %) en Californie. La plupart du temps, il s'agit de violences verbales, mais certaines, physiques, ont conduit à la mort. Dans les deux tiers des cas, ce sont des femmes qui sont visées.

Alors, les tueries de Géorgie sont-elles motivées par la haine ? La question fait débat. Arrêté par les autorités, Robert Aaron Long a rapidement avoué ses crimes et maintenu qu’il ne visait pas particulièrement la communauté asiatique. Mais pour la maire d’Atlanta, interrogée par CNN, le caractère raciste ne fait aucun doute car « ce sont des salons asiatiques qui ont été pris pour cible et six des femmes qui ont été tuées étaient d'origine asiatique, alors il est difficile d'y voir autre chose. »

D’autres médias vont dans le même sens : « Ne me dites pas que ça n'a rien à voir avec la race. Même si le tireur affirme le contraire et que c'est lié à une addiction au sexe. On ne peut pas déconnecter cette violence des stéréotypes raciaux que les gens collent aux femmes asiatiques. » Et d'ajouter : « Ce type a fait porter à un groupe de personnes la responsabilité de ses problèmes et les a tuées à cause de ça. Si ce n'est pas du racisme, alors ce mot n'a plus aucune signification. »

Quant à Joe Biden, il a symboliquement décrété que les drapeaux seront en berne durant quatre jours sur les bâtiments officiels. Mais au niveau local comme national, l’Amérique se réveille avec la gueule de bois, à gérer d’urgence ce racisme anti-asiatiques en plus de « Black Lives Matter ».

 

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La tuerie sanglante dont Aaron Long est l’auteur a soulevé une autre question : lorsqu’il a été interrogé il aurait déclaré que ces femmes « le tentaient » et que c’est en les faisant disparaître physiquement qu’il aurait essayé d’échapper à cette tentation. Bien sûr, remarque The Wall Street Journal, le meurtrier a ciblé les femmes de ces salons de massage pour se venger de ce qu’elles nourrissaient ce qu’il nommait son addiction sexuelle. En d’autres termes, ce sont ces femmes qui étaient coupables de lui faire ce qu’il faisait.

Et Religion News Service [une agence de nouvelles religieuses ] ajoute : « Dans de nombreux cercles chrétiens, aujourd’hui, l’exhortation de l’apôtre Paul a fuir l’immoralité sexuelle est encore comprise comme une recommandation à se garder des autres, spécifiquement des femmes, qui doivent donc ne pas être un objet de tentation, par leur manière de s’habiller ou de se conduire. Elles doivent avoir une tenue modeste et se sentir responsables de la conduite morale des hommes. Et la femme qui sort des limites de la pureté et de la modestie est moins qu’une personne. Elle est déshumanisée.
Nous ne savons pas l’enseignement qu’à reçu Aaron Long sur ces sujets dans sa communauté baptiste fondamentaliste mais plus que jamais les communautés chrétiennes doivent revoir leur enseignement et apprendre aux hommes à se pas tenir les femmes pour responsables de leurs problèmes mais à faire face à leur propre responsabilité. »



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