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Le Monde, 15 mars 2021


Les sectes en plein renouveau

à l’ombre de la pandémie

 

 

Claudine Castelnau

 

 

15 mars 2021

On avait un peu oublié ces mouvements sectaires qui du Temple solaire en Suisse et dans le Vercors en passant par les Bouddhas géants du Mandarom à Castellane, un village des Alpes de Haute-Provence et bien d’autres mouvements comme l’Eglise de Scientologie, défrayaient la chronique des faits divers dans les années 90, mais aussi instillaient des peurs devant la puissance de certains gourous allant jusqu’à prôner et organiser la mort de leurs adeptes.

Le phénomène de cet ordre existe encore mais il a appris à ne plus être visible et a pris une autre dimension, virtuelle cette fois : celle des réseaux sociaux. Un article du Monde paru le 15 mars sous le titre « Les sectes en plein renouveau à l’ombre de la pandémie » propose une nouvelle lecture du phénomène sectaire. « La crise sanitaire due au Covid-19 crée un climat propice à l’essor de nouveaux gourous, qui délaissent le spirituel au profit de la santé et du développement personnel, et auxquels Internet offre un nouveau terrain d’expression et de séduction » propose le journaliste Samuel Laurent, auteur de l’article. « La crise sanitaire a réactivé les dérives sectaires »

Un rapport demandé par la ministre chargée de la question évoque 140 000 personnes sous emprise sectaire en France et 500 microgroupes. Chiffres sous-estimés selon l’association UNADFI par exemple qui depuis longtemps suit le phénomène sectaire en France et affirme que l’on a affaire aujourd’hui à « un renouveau des pratiques, bien moins visibles parce que ce sont des communautés virtuelles [...] qui délaissent souvent le terrain du spirituel pour investir le terrain des questions de santé et représentait 40 % des signalements en 2019 » à la Miviludes, l’organisme interministériel chargé de la question sectaire.

« Le confinement, la peur sont des leviers pour les gourous, on l’avait déjà constaté dans les périodes d’attentats.  Je les appelle les nouveaux gourous : thérapeutes psychocorporels, chamans, coaches de vie, etc. L’épidémie de Covid-19 représente du pain bénit, à la fois pour les charlatans et pour ceux qui défendent des thèses de fin du monde », constate le patron de l’Office central pour la répression des violences aux personnes qui chapeaute la cellule d’assistance et d’intervention en matière de dérives sectaires. [...]

L’isolement amené par le confinement, mais également le mécanisme propre aux réseaux sociaux – où à force de s’abonner à certains comptes, on finit par s’enfermer dans des certitudes ou des croyances – ont offert une audience nouvelle à ces figures de la santé « alternative » et du bien-être. Les zones rurales sont particulièrement touchées par ces mouvances.

Le Monde cite ainsi un gourou apôtre du jeûne et du « crudivorisme » (manger cru) pour traiter des maladies graves comme le cancer ou le diabète et dont la chaîne YouTube compte plus d’un demi-million d’abonnés. Il est sous le coup d’une enquête depuis juillet 2020 pour mise en danger de la vie d’autrui, ce qui ne l’empêche pas de multiplier les vidéos aux accents conspirationnistes à propos de la pandémie.

La Miviludes a reçu plus de 600 signalements le concernant, dont 70 pour la seule année 2020. Internet permet également aux figures de cette galaxie des pseudo-médecines de se réunir, de promouvoir des stages ou méthodes de purification qui peuvent ruiner un adepte (comme l’Eglise de Scientologie l’a pratiqué naguère).

D’autres propagent sur les réseaux sociaux leurs théories complotistes comme celle qui assure que la pandémie et son corollaire le vaccin serait un prétexte pour implanter des puces électroniques dans la population sous prétexte de vaccination. [C’est ce que dit, jusqu’à l’absurde, le dessin qui accompagne l’article : « Le Covid est un complot dont le but est de nous inoculer des puces 5G par le biais de la vaccination, dit le personnage du dessin. Aussi nous vous proposons un régime naturel pour brouiller les ondes 5G. Abonnez-vous »]

Il reste que la définition d’une secte demeure complexe bien sûr et si jeûner pour se purifier, recourir à des plantes pour se soigner ou quand « manger sain » ou « manger propre » ne relève pas forcément du domaine sectaire, celui-ci peut se définir, lorsqu’il devient obsessionnel comme « l’emprise, la déstabilisation mentale  et le danger qu’elle peut représenter pour soi ou pour autrui. » Comme les conseils dispensés par des pseudo-médecins qui peuvent « tuer des gens » en les éloignant des soins médicaux sérieux. Ou encore le « coaching », juridiquement mal encadré, qui peut être bénéfique et ses programmes qui assurent parfois un développement personnel mais aussi pas mal d’abus et des stages for onéreux.

« Quant aux mouvements religieux [ou qui se présentent comme tels, comme l’Eglise de Scientologie]  ils sont moins présents mais restent actifs, relève Le Monde. Comme les thérapies de conversion pour les homosexuels, voire des tortures dans le cas de pratiques d’exorcisme » que l’on peut trouver parfois dans la galaxie évangélique [...]

Un autre sujet revient souvent chez tous les interlocuteurs du sujet sectaire : celui des théories conspirationnistes et en premier lieu du mouvement américain QAnon, qui soutenait Donald Trump, champion aux yeux des adeptes de cette thèse d’un combat secret contre un vaste complot pédophile et sataniste, et qui fait l’objet d’une dizaine de signalements à la Miviludes. Peut-on pour autant parler d’un mouvement sectaire ?  « La question est complexe, juge un spécialiste des dérives sectaires. Si QAnon n’a pas de gourou défini, il en possède certains éléments caractéristiques, comme la rupture avec l’entourage proche. » 

« Cette rupture douloureuse avec leur mère, c’est ce que raconte, dans le Washington Post du 12 mars, une fratrie désespérée de convaincre leur mère que Donald Trump a perdu l’élection alors qu’elle croit comme tous les adeptes, qu’il est le seul à pouvoir sauver l’Amérique, que la pandémie Covid-19 n’est en rien liée à Bill Gates, que les vaccins ne sont pas produits à partir de fœtus d’avortements volontairement provoqués, qu’on n’implante pas secrètement des puces 5G lors de vaccination et autres théories complotistes mêlant enlèvements d’enfants et pédophilie, satanisme et prétention à trouver un "sens caché" à l’actualité et une forte méfiance. »

« Ce que QAnon vous offre, explique un chercheur américain cité par Le Monde, c’est la possibilité de ne pas avoir besoin des médias pour comprendre ce qu’il se passe. Il suffit de suivre "Q", qui se dit connecté à des renseignements militaires haut placés, qui peut ensuite vous dire ce qu’il se passe vraiment en coulisse. Cette quête, cette envie de savoir ésotérique, est le facteur commun à tous ces gens. »

Mais les services spécialisés disent surveiller de près l’importation en France des théories de cette mouvance américaine qu’on retrouve dans les discours d’une partie de la nébuleuse « covido-sceptique ».


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