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Tombe d'Ellie Mae et de Caleb avant l'enlèvement des jouets

 

Cimetières

 

 

Claudine Castelnau

 

 

1er mars 2021

Une Anglaise, membre de l’Eglise anglicane d‘Angleterre est entrée en lutte contre un règlement de son Eglise qui lui a interdit de décorer la tombe de ses deux enfants. Caleb et Ellie sont morts l’un à neuf ans en novembre 2019, sa sœur à six ans quatre ans plus tôt, d’une maladie génétique rare qui paralyse peu à peu et conduit inexorablement au décès.

Leur tombe se trouve dans le cimetière d’une église de Leeds, une ville du nord de l’Angleterre. Jusqu’à ces derniers temps cette mère qui se rendait régulièrement dans ce cimetière avait l’habitude de fleurir cette tombe et d’y déposer des jouets dont une peluche de Winnie the Pooh, un ourson dont les enfants britanniques connaissent tous l’histoire. Mais en décembre dernier, Mrs Dent a reçu un courrier de la révérende en charge de la paroisse qui lui disait que désormais il était interdit de décorer les tombes : « les décorations et les plantes nuisant à la beauté naturelle et à la paix du cimetière. » La lettre donnait la liste des objets interdits, jouets, fleurs artificielles et autres. Et indiquait que tout ce qui ne conviendrait pas, comme des plantes, serait enlevé par les responsables du cimetière.
De même la pierre tombale n’était pas réglementaire, les lettres indiquant les noms des deux enfants étant dorées et non pas noires. « Cette lettre a été dévastatrice, se souvient la mère : c’était juste avant Noël, un an tout juste après la mort de Caleb et quelques jours avant l’anniversaire d’Ellie Mae. »

Mrs Dent comprend, étant elle-même urbaniste, que les règlements soient nécessaires « mais ceux-là sont méchants et sans cœur pour des parents en deuil, des frères et sœurs , des cousins, des amis. Laisser ainsi des objets sur la tombe de mes enfants m’a été d’un grand réconfort dans mon immense douleur. Et comme chrétienne, je trouve que ces règlements rajoutent à la détresse. Je ne ressens pas la compassion de notre Seigneur Jésus dans tout cela. »

Après être intervenue auprès des autorités anglicanes du comté elle a lancé une pétition, le tribunal ecclésiastique du diocèse anglican de Leeds s’est saisi de l’affaire et le président penche, dit-il, pour autoriser quelque objets sur la tombe ou une citation de Winnie the Pooh permise sur la pierre tombale.

Mais Mrs Dent veut batailler encore plus, pour que l’Eglise anglicane, dit-elle, « cesse d’être aussi prescriptive sur les choix esthétiques et la manière dont les familles peuvent exprimer leur douleur sur une tombe. » Comme aux Pays-Bas, par exemple, où nous avions visité un cimetière où un endroit bien délimité était réservé à des tombes d’enfants qui croulaient sous les fleurs et les jouets de toute sorte.

 

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Et puis il y a, toujours aux Pays-Bas, dans le vieux cimetière de Roermond dans la province du Limbourg, à la frontière avec la Belgique, deux tombes qui se font face de part et d’autre d’un mur qui sépare la partie protestante de la partie catholique. Les pierres tombales sont suffisamment élevées pour que leur extrémité dépasse le mur et une main sculptée sort de chacune d’elles et tient l’autre par dessus le mur.

Côté catholique, est enterrée Josephina van Aefferden, née à Roermond de famille aristocratique catholique. Côté protestant l’officier de cavalerie Jacob van Gorcum, d’une famille protestante d’Amsterdam et il n’est pas noble. Et pourtant ils se marient en 1842 mais lorsque Jacob meurt en 1880 à Roermond, il est enterré du côté protestant, chacun devant rester dans la partie correspondant à sa religion.

D’ailleurs, 22 ans auparavant, un architecte qui avait réaménagé le cimetière de Roermond avait fait élever un mur pour bien séparer les morts catholiques des morts protestants, on ne sait jamais… Mais quand Josephina meurt en 1888, elle demande à être enterrée non pas dans la tombe familiale mais contre le mur derrière lequel se trouve la tombe de Jacob. Et les deux tombes sont réunies par deux mains qui s’unissent dans un geste d’amour, par delà la mort et les oppositions religieuses. Dernière victoire des amoureux : les deux tombes ont été classées à l’inventaire des monuments nationaux des Pays-Bas en 2002.




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