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Donald Trump, Netanyahou

et les Juifs américains


 

Claudine Castelnau

 

 

1er février 2021

Les élections américaines du 3 novembre ont renvoyé Donald Trump à Mar-a-Lago, en Floride. Des élections perdues pour lui malgré son refus obstiné d’en prendre acte. Et parmi les facteurs qui ont joué, l’historien et spécialiste du Moyen-Orient Jean-Pierre Filiu en relevait un, politiquement et psychologiquement important : le désaveu des Juifs américains pour Trump et par ricochet pour Benjamin Netanyahou le chef du gouvernement israélien qui s’était largement identifié à Trump.

« Et tant pis, écrit Filiu, si l‘"accord du siècle" que les deux dirigeants avaient conclu il y a un an, n’a donné strictement aucun résultat en termes de paix israélo-palestinienne : il s’agissait en fait d’un pacte personnel  entre Trump et Netanyahou, chacun s’engageant à mobiliser toutes ses ressources pour favoriser la réélection de l’autre. C’est dire combien le désaveu des Juifs américains est un revers cinglant pour le chef du gouvernement israélien, dont l’avenir politique, déjà compromis par une triple mise en examen pour corruption, fraude et abus de confiance, se jouera lors des élections israéliennes du 23 mars prochain, les quatrièmes en moins de deux ans. »

Et l’historien explique que Netanyahou avait fait le choix stratégique de « s’appuyer au nom d’Israël, non plus sur une diaspora [américaine] jugée trop critique, mais sur des "sionistes chrétiens" dont le soutien lui était inconditionnel. En effet, pour ces fondamentalistes évangéliques, le "retour" du peuple juif sur une "terre d’Israël" qui inclut la Cisjordanie participe de l’accomplissement des prophéties. Netanyahou a cultivé durant de longues années ces réseaux très marqués à droite, malgré le trouble causé chez les Juifs américains par les dérapages antisémites de figures de proue de cette mouvance "sioniste chrétienne". C’est avant tout pour s’attacher un tel électorat fondamentaliste [et faire plaisir à son ami Netanyahou] que Trump a enchaîné les violations du droit international, depuis le déplacement à Jérusalem de l’ambassade des Etats-Unis en Israël et le retrait de l’accord sur le nucléaire iranien jusqu’à la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le territoire occupé du Golan syrien et sur les colonies de la Cisjordanie palestinienne. »

Et pourtant, relève Jean-Pierre Filiu, si le premier ministre israélien a bénéficié de toutes ces faveurs de Trump, celui-ci n’a guère été payé de retour par la majorité des Juifs américains qui sont restés attachés au parti démocrate devenu majoritaire au Congrès.
De même la politique moyen-orientale de Trump « a pesé moins que la montée de la violence antisémite aux Etats-Unis durant sa présidence. »
Et c’est Joe Biden, le président élu, qui a rallié les ¾ des électeurs juifs américains. Avec une polarisation à remarquer : en Géorgie, lors de élections sénatoriales du 3 janvier, c’est un juif Jon Ossof qui a été élu en compagnie d’un pasteur noir militant Raphaël Warnock qui ont offert à Joe Biden le contrôle du Congrès. Jon Ossof, a été la cible durant sa campagne électorale de caricatures antisémites de la part du sénateur républicain sortant, qui pour séduire l’électorat juif américain mettait en avant la politique pro-Israël de Trump alors que Jon Ossof a dit son opposition à l’annexion de la Cisjordanie et son attachement aux accords israélo-palestiniens d’Oslo de 1993, entre Israël et l’OLP, qui devaient voir « une nouvelle génération de dirigeants israéliens et palestiniens devait émerger vers la garantie de la liberté, de la sécurité, de la paix et de la prospérité pour tous les habitants de la région. »

Et Jean-Pierre Filiu remarque que « Netanyahou n’a à l’évidence aucune place dans cette "nouvelle génération" à laquelle aspire le nouveau sénateur juif de Géorgie Ossoff. Son élection illustre en outre la relance de la dynamique, historiquement liée au mouvement des droits civiques, associant militants juifs et noirs [...] Le Premier ministre israélien se retrouve ainsi piégé par son pari exclusif sur Trump et ses alliés sionistes chrétiens »




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