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Concert de musique électronique

au tombeau de Moïse


 

Claudine Castelnau

 

 

26 janvier 2021

Considérée comme la première DJ palestinienne, Sama Abdulhadi, 30 ans, avait été arrêtée le 27 décembre par la police palestinienne pour avoir organisé, la veille, un concert de musique électronique à Nabi Moussa, un site archéologique et le lieu présumé de la tombe du prophète Moïse (Moussa dans le Coran), près de Jéricho. Elle a été libérée quelques jours plus tard, après avoir payé 3500 $ (environ 2840 €.) Et une nouvelle comparution est attendue.

Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux montraient des hommes et des femmes dansant à Nabi Moussa lors du concert. Elles ont suscité une vague d’indignation, des internautes estimant qu’il s’agissait d’une profanation du lieu, où se situe également une mosquée. « Ce qui s'est passé hier à Jéricho est vraiment honteux. C'est une insulte aux trois religions monothéistes », a fustigé l'un d'entre eux sur Twitter. « Comment une bande de Palestiniens libéraux osent-ils faire la fête à la mosquée de Nabi Moussa ? 

La DJ était accusée d’avoir « organisé un concert dans un mausolée sans avoir pris en compte l’importance et la sensibilité » du lieu. Or, la soirée n’a pas eu lieu dans la mosquée, mais à l’extérieur, dans la cour. Pour les organisateurs, le concert se déroulait donc sur un site touristique et n’avait rien d’offensant. Mais, pour beaucoup, l’ensemble du sanctuaire est sacré.

L’affaire révèle surtout, relève francetvinfo la profonde fracture entre une petite frange séculière de la population et la majorité des Palestiniens, religieux et plutôt conservateurs, qu’ils soient chrétiens ou musulmans. « Certains courants religieux dans la société palestinienne se sont servis de cet incident pour encourager le ressentiment à l’égard des libéraux, des Palestiniens qui ne sont pas religieux », commente un internaute.

 

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Un concert de musique électronique sur un lieu prétendument sacré (le tombeau de Moïse) est-il une profanation ? Il semble que pour nombre de Palestiniens qualifiés de « libéraux » la réponse est non ! Comme pour bien d’autres fidèles de religions monothéistes qui ne se sentent pas offusqués, parce que Moïse est une figure biblique importante, un symbole, rien de plus, mais rien de moins.

Alors que signifie ce « tombeau » et ce pèlerinage musulman qui a lieu en Palestine et rassemble des pèlerins venus de toute la Cisjordanie chaque année au mois d’avril, dans le désert entre Jérusalem et Jéricho. Là où la tradition musulmane situe la mort de Moïse ?

Un article de 2013, paru dans les Archives de Sciences sociales des religions [une revue de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales] étudiait les questionnements que fait surgir cette « tombe » de Moïse, en Palestine. L’auteur de l’article, Emma Audoin-Boltanski, rappelle d’abord que « en islam, pour rencontrer le saint et demander son intercession, il faut se rendre en pèlerinage à son tombeau.

La tombe est d'autant plus centrale, que l’islam [...] ignore les reliques et, dans sa version sunnite, se montre généralement hostile au culte des images figurées : « On ne représente pas le saint ou le Prophète, mais on peut représenter son tombeau, en quelque sorte le "corps" du saint. »

Mais il est fréquent, précise la chercheuse, d’entendre les fidèles parler de Moïse, de la visite qu’il lui ont rendue dans son sanctuaire alors que c’est de cette « tombe » que l’on parle, comme on lui demande la permission d’entrer dans son sanctuaire, on lui adresse des prières ou des reproches, « un rapport charnel peut s’établir entre lui et les fidèles. »

« Toutes ces actions lui confèrent forme humaine et présence [...] Loin de n'être qu'un simple instrument de médiation entre les fidèles et le divin, le sépulcre constitue un "objet-personne", un entre-deux. » Alors même, rappelle la chercheuse, que « comme dans d'autres sanctuaires [du monde musulman] de nombreux rituels sont dénoncés, voire condamnés par les tenants d'un islam rigoriste [de style waabbite ou salafiste par exemple] excluant certaines pratiques jugées "magique" ou "contraires au véritable islam". »

Et elle raconte la surveillance rapprochée dont les femmes sont l’objet dans le sanctuaire pour les empêcher d’embrasser ou de caresser le tissu vert qui orne la « tombe » de Moïse ou d’allumer des bougies. En vain... même si ces rituels sont jugés « illicites ». Une manière de rappeler à la fois la « non-visibilité » du Dieu unique et en même temps de se rapprocher de ce Dieu par l’intermédiaire du prophète Moïse intercesseur et la reconnaissance de l’existence parmi les hommes et en des lieux d’élection, d’une présence divine.

« Entre ces différents énoncés et pratiques, le fidèle oscille, alterne, tâtonne. L'important semble finalement de ne prendre aucune position radicale : Dieu n'est ni littéralement absent, ni complètement présent. C'est cette "absence-présence" essentielle qui se trouve ainsi réaffirmée. Les controverses sur la licéité des rituels, la qualité du musulman et de Dieu sont sans fin, mais ce cycle de disputes et d'argumentations maintient un équilibre, sans désaccord total, ni rupture. »

On se souviendra de la parole du texte biblique : « L'Eternel enterra lui-même Moïse vis-à-vis de Beth-Peor au pays de Moab et personne n'a connu son tombeau jusqu'à ce jour. » (Deutéronoome 34.6)




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