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Raphael Warnock


pasteur afro-américain et sénateur

 

Claudine Castelnau

 

 

11 janvier 2021

La Géorgie, un ancien Etat confédéré a été au cœur de toutes les attentes politiques en ce début de janvier. En question, un second tour des élections où se sont affrontés deux candidats républicains et deux candidats démocrates pour siéger au Sénat. L’enjeu de cette double élection était crucial car il s’y jouait le contrôle du Sénat par l’un ou l’autre parti et du même coup la latitude de gouverner du nouveau président démocrate Joe Biden.

Les deux candidats démocrates, ont gagné leur siège de sénateur mais l’un d’eux le révérend Raphael Warnock, considéré comme l’un des pasteurs noirs les plus influents aux Etats-Unis, a attiré les regards tout au long de la campagne électorale. On l’avait déjà vu, en 2013, prononcer la bénédiction au service religieux lors de la deuxième investiture du président Barack Obama. Il est surtout l’une des figures de la gauche religieuse de la ville d’Atlanta, et il est noir. Noir, dans un Etat, la Géorgie, réputé conservatrice, où un tiers des habitants est noir et 10 % d’origine hispanique mais où les Noirs surtout ont peu de chances de s’élever socialement.

Alors le révérend Warnock a répété tout au long de sa campagne ce qu’il avait maintes fois revendiqué : vouloir faire basculer la Bible Belt, littéralement la «einture de la Bible », cette quinzaine d‘Etats du sud des Etats-Unis, où vivent un nombre élevé de protestants rigoristes et fondamentalistes et faire un Etat progressiste de cette Géorgie, ancien Etat confédéré au passé chargé de racisme, d’inégalités sociales, d’arrestations arbitraires, de harcèlement de la police qui arrête et fouille au corps, de trop lourdes décisions de justice lorsqu’il s’agit de Noirs (ainsi son frère a été condamné à 20 ans de prison pour un délit non-violent lié à une affaire de drogue et cette trop lourde condamnation a « fortement influencé son engagement » rappelle le journal local The Atlanta Journal-Constitution). 

« Pour gagner, Raphael Warnock et ses soutiens misent beaucoup sur son parcours religieux et sur son charisme de leader spirituel. Avec ses petites lunettes carrées sans monture, ses costumes impeccables et sa barbe soignée, ce pasteur afro-américain cultive jusque dans l’arène politique un look à la fois classique et élégant, très populaire parmi certains pasteurs-stars aux Etats-Unis », soulignait l’hebdomadaire protestant Réforme, juste avant les élections.

Bien sûr, le fait qu’il prêche à l’Eglise baptiste Ebenezer d’Atlanta, celle-là même où Martin Luther King a été baptisé et dont il a été le pasteur de 1960 à 1968, l’année où il fût assassiné, permet au révérend Warnock de se présenter comme l’héritier de Martin Luther King. « Pour l’électorat noir, sa candidature illustre la force des églises afro-américaines aux États-Unis. »

Ses adversaires républicains, eux, voient dans son engagement à gauche « une forme de trahison des valeurs chrétiennes et patriotiques de l’Amérique » et « considèrent ces Eglises noires comme des lieux d’influence capables de menacer leur pouvoir. »

Tout au long de la campagne, le révérend Warnock soutenu notamment par le sénateur très à gauche Bernie Sanders, a fait l’objet de violentes attaques en raison notamment de ses positions pro-choix (pour la liberté de l’avortement) ou encore le mariage homosexuel, son opposition à la peine de mort, sa dénonciation de la surpopulation dans les prisons « Pour gagner, Raphael Warnock et ses soutiens misent beaucoup sur son parcours religieux et sur son charisme de leader spirituel. » Il va falloir maintenant que le révérend relève le défi et qu’il s’attelle à rendre son rêve bien réel. Mais en héritier de Martin Luther King et premier démocrate afro-américain à représenter la Géorgie au Congrès, il se doit d’être à la hauteur.

 

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Un mot de plus sur le révérend Warnock, le premier sénateur démocrate Afro-Américain à représenter la Géorgie au Congrès est né il y a 51 ans à Savannah, capitale de la Géorgie, l’un des 11 Etats du sud confédérés, ces Etats qui firent sécession d’avec les Etats-Unis du Nord, en réaction contre le projet de suppression de l’esclavage.

Les parents du révérend étaient tous les deux des pasteurs pentecôtistes et le New York Times a raconté qu’ils lui avaient transmis leur foi et leur goût de l’effort. Ainsi son père le faisait lever tôt pour l’inciter à s’habiller, à mettre ses chaussures et à « se tenir prêt », quelque soit le programme de la journée.
Il a d’ailleurs repris cette injonction de son enfance en écrivant sur Twitter lors de sa candidature à l’élection sénatoriale : « Géorgie, met tes chaussures et tiens-toi prête ! »

On raconte aussi qu’à 11 ans il prêche pour la première fois et on le surnomme déjà « The Rev. »,  le Révérend. Après des études dont un doctorat de philosophie on le retrouve à New York dans les années 1990, pasteur de la première église baptiste noire de la ville. L’Eglise baptiste abyssinienne de Harlem est une megachurch noire (on a parlé de 4000 fidèles) fondée en 1808 par seize afro-américains qui refusaient la ségrégation raciale et le fait de ne pouvoir s’asseoir au milieu des autres fidèles blancs durant les cultes.

C’est l’époque où Rudy Giuliani est maire de New York et le révérend Raphael Wanock s’oppose à lui publiquement en contestant sa politique sociale qui oublie, dit-il, les plus pauvres de la ville. C’est ainsi qu’il affiche très tôt les positions progressistes dont il se revendique aujourd’hui encore. En 2005, il devient le pasteur principal de l’église baptiste Ebenezer à Atlanta, la paroisse de Martin Luther King. « Et depuis il continue d’y faire entendre sa voix », écrit le New York Times qui raconte qu’après l’assassinat en 2012, de Trayvon Martin, un adolescent afro-américain non armé, vêtu d’un sweatshirt à capuche, qui s’était fait tirer dessus par un vigile honteusement acquitté, le révérend était arrivé au culte et avait prêché dans cette même tenue.

Fidèle à ses idéaux, on le retrouve chef de file de manifestations pour faire pression sur les législateurs de l’Etat de Géorgie afin que le Medicaid (des soins médicaux abordables) bénéficie au plus grand nombre. Il s‘est aussi engagé pour encourager le vote. Et en janvier 2020, il se présente en candidat pour un siège au Sénat, soutenu entre autres par deux anciens présidents Barack Obama et Jimmy Carter, lui aussi fervent baptiste et des joueuses d’une équipe de la ligue américaine professionnelle de basket-ball féminin.



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