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Espagne

Euthanasie

 

 

Claudine Castelnau

 

 

21 décembre 2020

Le jeudi 17 décembre, le Parlement espagnol a approuvé en première lecture à une majorité de voix 198 voix pour, 138 contre, une loi autorisant l’euthanasie. Après un passage au Sénat, la loi devrait être approuvée au Parlement espagnol. Et son entrée en vigueur est prévue dès le mois de janvier 2021.

« C’est une grande conquête sociale pour notre pays. Nous avançons en liberté, en droits civils et en dignité », s’est félicité le premier ministre espagnol. La loi prévoit que l’euthanasie soit très encadrée, « très protectrice » et avec de nombreuses garanties a insisté le Parti socialiste auquel appartient le Premier ministre. Et la population espagnole, lors de sondages en 2019 paraît très largement favorable à cette réforme : 80 % souhaitent que l’euthanasie soit mise en place. Plus d’un million d’Espagnols avaient signé une pétition citoyenne en 2019, demandant sa dépénalisation. « Le débat n’en a pas moins été âpre », relève Le Monde, entre le Parti populaire de droite et le parti d’extrême-droite Vox – les deux seuls à s’opposer à la loi – et le reste de l’Hémicycle où les partis de gauche, le parti libéral Ciudadanos et les partis indépendantistes catalan et basque ont approuvé la réforme.

« C’est une loi injuste, inopportune et inconstitutionnelle », a déclaré un député conservateur qui a aussi rappelé « l’opposition au texte de l’Eglise catholique et celle du Comité espagnol de bioéthique », ce dernier ayant été nommé par le précédent gouvernement conservateur.

La Conférence épiscopale espagnole avait appelé à une journée de jeûne et de prière, la veille du vote, pour « demander au Seigneur qu’il inspire des lois qui respectent et encouragent le soin à la vie humaine ». On a aussi parlé honteusement d’ « eugénisme », d’ « industrie de la mort » qui inclurait aussi les avortements, allusion sordide au camps de la mort nazis.

D’autres députés ont fait remarquer qu’avec cette loi « personne ne perd de droits, mais des milliers de personnes en gagnent », à commencer par les moins fortunés qui pourront désormais, s’ils le demandent et en suivant les protocoles, accéder à une fin de vie que seuls les riches pouvaient s’offrir en ayant la possibilité à l’étranger d’avoir accès au suicide assisté. C’était déjà la réflexion que menaient, en octobre dernier de nombreux Polonais à propos de l’avortement. Le Tribunal constitutionnel avait invalidé, le 22 octobre un article de la constitution autorisant l’interruption volontaire de grossesse en cas de malformation grave du fœtus, ce qui était le cas dans 98 % de 1100 avortements légaux annuels.

La Pologne est l’un des pays les plus catholiques d’Europe et l’épiscopat catholique polonais avait dit sa « satisfaction » de la décision. Ce qui avait donné lieu à d’intenses manifestations, de jeunes pour beaucoup. Des églises avaient été envahies en signe de protestation contre l’Eglise catholique et des protestations au nom de ces femmes modestes à la merci de méthodes d’avortement clandestins dangereuses, elles seraient 200 000 Polonaises à risquer ainsi leur vie alors que celles qui en ont les moyens vont à l’étranger. Comme pour l’euthanasie.

Sauf que cette fois la partie réactionnaire du clergé espagnol et les fidèles qu’il entraîne n’a pas gagné. Au temps de Jean Paul II, le pape polonais, et de sa lutte obsessionnelle contre l’avortement et l’euthanasie, traduite dans deux encycliques, un théologien du Vatican écrivait  que ces encycliques n’auront pas peu contribué à « creuser le fossé entre la société occidentale et l'Eglise. » 

En Espagne aujourd’hui les fidèles catholiques et les Espagnols plus généralement sont libérés sur ces questions de bioéthique, ils ont le choix, librement et il faut s’en réjouir. Comme en Argentine, où la chambre basse du parlement argentin a voté ce mois-ci pour une proposition de loi qui autoriserait l’IVG et cesserait ainsi les poursuites contre les femmes qui avortent. « Je suis catholique mais je dois légiférer pour tous », a déclaré le président argentin alors que l’Eglise catholique argentine a répété son opposition à l’avortement et demandé un nouveau débat au Parlement tandis que des opposants manifestaient en brandissant une croix avec une poupée ensanglantée, symbole d’un fœtus accrochée à la croix.

On estime que 38 000 femmes finissent à l’hôpital chaque année pour avoir tenté d’avorter clandestinement , selon le gouvernement argentin, et l’on estime que des milliers d’autres sont mortes au fil des années.



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