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Le Père Noël

et saint Nicolas

 

 

Claudine Castelnau

 

 

15 décembre 2020

Écrire au Père Noël

 

Le Washington Post, un quotidien américain, s’est intéressé le 10 décembre aux demandes que des enfants ont faites au Père Noël en lui écrivant aux bons soins du US Postal Service, le service des Postes américain. The letters to Saint Nick est un service qui fonctionne depuis 108 ans et reflète bien les préoccupations de la société à travers les centaines de milliers de lettres que des enfants ont envoyées cette année.

Ce qui frappe c’est la liste de leurs attentes souvent très modeste mais des lettres qui reflètent la difficulté de vivre cette année avec la pandémie. Et les mots qui accompagnent sont surprenants. Comme Jasmyne, de Géorgie qui sait exactement ce qu’elle veut : « La fin du Covid-19, la Paix dans le monde, le Contrôle climatique et une nouvelle console de jeux ». « Avez-vous été malade durant ce truc de virus ? », demande un enfant du Texas au Père Noël. « Sil vous plaît venez, mais portez un masque si vous devez venir. » Et un enfant de Virginie qui dit vouloir « Autre chose que des objets matériels. Je veux juste que maman soit heureuse. Je sais que Noël va être dur cette année pour elle. Mais j’ai tellement envie d’un téléphone ! »

Bien sûr des lettres demandent des jouets, des jeux mais cette correspondance révèle aussi des familles qui luttent financièrement, qui doivent faire face à la maladie et à la mort et qui souffrent à cause de l’isolement social dû au coronavirus. « Cela a été une année difficile pour nous tous et surtout pour ma maman, raconte un enfant de l’Illinois. Je dois vous dire que ma grand-mère est morte. Depuis tout est différent. »

Depuis 2017, précise le Washington Post, ce service postal spécial a mené une campagne de dons, connectant des gens généreux et des enfants et leurs familles qui demandent l’aide de Santa Claus. Et depuis 2019, ce service a lancé l’Opération Santa et un site internet où l’on peut « adopter » des lettres d’enfants. et leur répondre. Des assistent Santa Claus. Ainsi, vendredi dernier, toutes les lettres à Saint Nick, un surnom affectueux du personnage, ont été adoptées...

 


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En France aussi, on peut écrire au Père Noël jusqu’au 15 décembre, c’est-à-dire demain. La Poste a prévenu, par un communiqué, qu’elle et « ses 50 lutins postiers seraient au rendez-vous pour que tous les enfants qui enverront une lettre reçoivent  une réponse du Père Noël. Cette année plus que jamais, nous avons besoin d'un miracle de Noël. »

Le secrétariat du Père Noël est situé à Libourne, en Gironde, mais pas besoin de savoir l’adresse exacte, il suffit de bien écrire « Père Noël » sur l’enveloppe « et les rennes lui feront parvenir la lettre. » Et de plus, l’envoi est « gratuit ». Cette tradition est née en France avec la popularisation du père Noël dans la deuxième moitié du XXe siècle. Le secrétariat du Père Noël a été créé par le Ministre des PTT, Jacques Marette en 1962 dans le service des « rebuts » de l'hôtel des Postes à Paris.

Ce service est né après que deux receveuses des Postes (Odette Ménager dans un bureau de poste du Maine-et-Loire et Magdeleine Homo, postière à Veules-Les-Roses en Seine-Maritime1) eurent fait connaître dans les années 1950 leur frustration de ne pouvoir acheminer le courrier destiné au Père Noël jusqu’à ce dernier et eurent pris l'initiative d'ouvrir le courrier Magdeleine Homo répondant personnellement, seule et en cachette durant 12 ans, aux centaines de lettres des enfants de son village.
Magdeleine Homo peut ainsi être considérée comme la première « secrétaire du Père Noël » avant la sœur du Ministre des PTT, la pédiatre et psychanalyste Françoise Dolto.

Depuis 1962, la Poste française répond aux lettres adressées au Père Noël  Ce courrier est ouvert par le service client courrier de La Poste à Libourne (Gironde) la seule poste en France à être habilitée à effectuer cette opération, afin de retrouver l'adresse de l'expéditeur et lui envoyer une carte-réponse.

 

Saint-Nicolas

 

cathédrale de Bari

Dans le nord et l’est de la France, ainsi qu'en Belgique, aux Pays-Bas et ailleurs, c'est à saint Nicolas que les enfants adressent leur lettre. Et qui est ce saint Nicolas, à la biographie pleine d’incertitudes qui divise le monde des archéologues contrairement à sa riche légende.

Il serait né vers 270, en Lycie, au sud de la Turquie actuelle et aurait été évêque de Myre, dans la province d’Antalya, vers 312. Le culte à saint Nicolas aurait vraisemblablement été propagé en Europe par les Croisés. En 1007, ses reliques sont emportées (ou volées ?) par des marins italiens, pour les mettre à l’abri des Maures qui avaient envahi la Turquie et elles sont déposées à Bari, une ville italienne située au sud-est de la botte, face à la Macédoine et à la Grèce.

En 1087, on construit à Bari une magnifique basilique en l’honneur du saint qui protégea la ville des assaillants byzantins qui régnaient sur le sud de l’Italie, la Basilica di San Nicola. Cet édifice a une particularité : c’est un lieu de culte reconnu par les orthodoxes et les catholiques qui y célèbrent leurs offices religieux.

Et selon la tradition, Nicola est à la fois un homme charitable célèbre pour ses dons aux pauvres (d’où par extension les cadeaux le 6 décembre, jour de sa fête), un évêque d’où son vêtement rouge et sa mitre, comme aux Pays-Bas et un faiseur de miracles dont les premières versions apparaissent au 12e siècle et la plus connue concerne trois petits garçons tués et mis au saloir par un boucher.

 

Texte de la chanson
texte critique de George Doncieux (1904)
recueilli par Charles Sadoul (1904)

Il était trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs.

S'en vont au soir chez un boucher.
- Boucher, voudrais-tu nous loger ?
- Entrez, entrez, petits enfants,
Il y a de la place assurément.

Ils n'étaient pas sitôt entrés,
Que le boucher les a tués,
Les a coupés en petits morceaux,
Mis au saloir comme pourceaux.

Saint Nicolas au bout d'sept ans,
Saint Nicolas vint dans ce champ.
Il s'en alla chez le boucher :
- Boucher, voudrais-tu me loger ?

- Entrez, entrez, saint Nicolas,
Il y a d'la place, il n'en manque pas.
Il n'était pas sitôt entré,
Qu'il a demandé à souper.
[...]

- Du p'tit salé je veux avoir,
Qu'il y a sept ans qu'est dans l'saloir.
Quand le boucher entendit cela,
Hors de sa porte il s'enfuya.

- Boucher, boucher, ne t'enfuis pas,
Repens-toi, Dieu te pardonn'ra. 
Saint Nicolas posa trois doigts.
Dessus le bord de ce saloir :

Le premier dit : - J'ai bien dormi !
Le second dit : - Et moi aussi !
Et le troisième répondit :
- Je croyais être en paradis !

 

Jan Steen

Quant aux personnages qui l’accompagnent, père Fouettard dans l’est de la France, Zwarte Piet (Pierre Noir) aux Pays-Bas au visage couvert de suie et d’autres aussi effrayants ou velus en Allemagne, en Suisse. Arnold van Gennep, ethnologue et folkloriste célèbre pour ses recherches sur les rites de passage a expliqué que tous ces personnages, comme le père Fouettard ont été adoptés et officialisés par la pédagogie du 18e siècle, dans l’éducation des enfants .

Mais Saint Nicolas le dispensateur de cadeaux tel qu’on le connaît aujourd’hui est évoqué dans un tableau bien connu de Jan Steen, un peintre hollandais du 17e. On y voit des enfants qui découvrent leurs cadeaux sauf un adolescent qui pleure, il n’a rien eu. Un personnage, près de la cheminée montre du doigt l’endroit supposé par lequel le saint est reparti ! Au sol et dans une corbeille, des noix, des pommes, des galettes et du pain d’épice. Une toile importante car elle est l’une des toute premières représentations que l’on ait d’une fête de Sinterklaasje en famille. Avec l’évocation d’un donateur invisible.

 


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On pensait que les os du saint reposaient paisiblement dans la basilique de Bari mais depuis quelques années, des archéologues turcs prétendent avoir peut-être retrouvé le tombeau de Saint Nicolas, dans une église de Demre, (autrefois Myre), dans la province turque d’Antalya, où Saint NicolasIl serait né.
D’autres archéologues affirmaient il y a 20 ans que le saint avait été enterré sur l’île de Gemile afin d’échapper à une flotte arabe. Et en 2009, les archéologues turcs demandent au gouvernement italien de restituer à la Turquie les reliques, ce qu’il refuse. Et certains en Italie soupçonnent la Turquie et son président islamo-conservateur de n’être guère intéressé par les reliques mais plutôt par la promesse de promotion du tourisme…


Le Bonhomme Noël


On a dit parfois que c’était le Père Fouettard, personnage sombre, accompagnateur de Saint Nicolas dans certaines régions. qui s’est peu à peu transformé en Père Noël joyeux parfois même égrillard aux Etats-Unis... Et justement, ce Père Noël a des origines américaines. Il s’impose au 19e siècle mais Saint Nicolas avait déjà été chassé longtemps auparavant sous l’influence de la Réforme dans les pays protestants (sauf dans la calviniste Hollande).

En France où le Bonhomme Noël fit son entrée définitive après la Seconde Guerre mondiale, les ecclésiastiques de tout poil firent de la résistance et l’on se souvient d’un procès en « hérésie » que lui fit le clergé catholique appuyé par des pasteurs... Et l’effigie du Père Noël fût brûlée en effigie le 24 novembre 1951, sur le parvis de la cathédrale de Dijon, devant des enfants « médusés », écrit la presse, dont France Soir... Tout finît bien heureusement et le 24 décembre à 18 h précises le Père Noël reprenait vie et se promenait sur les toits de l’hôtel de ville de Dijon éclairés par des projecteurs.

Le cardinal Jules Saliége, archevêque de Toulouse, s’est empressé de soutenir le clergé de la cathédrale de Dijon en déclarant sans embage :
« Ne parlez pas du Père Noël pour la bonne raison qu’il n’a jamais existé. Ne parlez pas du Père Noël, car le Père Noël est une invention dont se servent les habiles pour enlever tout caractère religieux à la fête de Noël. Mettez les cadeaux dans les souliers de vos enfants , mais ne leur dites pas ce mensonge que le Petit Jésus descend dans les cheminées pour les apporter. Ce n’est pas vrai. Ce qu’il faut faire, c’est donner de la joie autour de vous, car le Sauveur est né. »

Enfin dans ce rapide tour d’horizon de tous ces personnages qui dispensent, selon, cadeaux ou punitions, il y a la Befana, en Italie. Elle est représentée sous l’apparence d’une très vieille femme très laide. Et elle passe dans les maisons le 6 janvier, au moment de l’Epiphanie, l’arrivée des mages à la crèche. On raconte aux petits Italiens que les mages, sur la route de Bethléem pour offrir des cadeaux à l'enfant Jésus s’étaient égarés. Peut-être avaient-ils perdus leur repaire, l’étolle et ils durent demander leur chemin à une vieille femme. Ils lui proposèrent de les accompagner, mais elle refusa de les suivre. Par la suite, prise de remords, elle prépara un panier rempli de petits gâteaux, fruits secs... et se mit à leur recherche. Mais elle ne retrouva jamais la caravane des mages. Elle offrit alors ses présents aux enfants qu'elle rencontrait.

Depuis lors, chaque nuit du 5 au 6 janvier, elle apporte des cadeaux aux enfants sages, et du charbon (en fait du sucre teinté de noir) aux enfants sots. Et en Espagne, ce sont les rois mages qui distribuent les cadeaux. Gaspard, Melchior et Balthasar sont arrivés au soir du 5 janvier avec leurs chars qui défilent dans toute l’Espagne. Une représentation du chemin parcouru avec leurs chameaux en suivant l’étoile jusqu’à la crèche où ils ont trouvé l’enfant Jésus. Les enfants espagnols ont écrit aux mages, avant le 5 janvier, en donnant une liste de cadeaux souhaités et ils auront donné leur lettre à un mage en ville ou dans le village.

Et avant de se coucher, les enfants auront laissé leurs chaussons bien en évidence pour recevoir les cadeaux espérés mais aussi un peu d’eau et de nourriture pour donner des forces aux mages pour le long trajet qu’il leur reste à faire cette nuit-là.



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